‹ Études liturgiquesChapitre 9 sur 63 · TO · texte numérisé non relu

TO

t ie pape et l'Eglise, c'est têui tm. Pftf oe retour, on n sortira d'une funeste habitude que plusieurs Eglis» 9 parlîeuHires avaient prise de modifier des points de la 1» disoiplne générale sans consulter le Siège apostolique; 9 on sera porté à faire un plus grand cas des décisions 9 donoées snr toute la discipline par les Gongrégaiioos que » Sixte V a étaUiea» congr^tions précieuses pour main*^ » leair l'uniforniité surtout des rites sacrés. Je n'aijanmiê » p» comprendre comment on s'est permis avssi légère** B ment de décliner leurs décisions^ ccur enfin le Souoerain^ » Pontife doit exercer sa juridiction par des moyens » qudeonques; et, puisqu'il a choisi les Congrégations » pour donner ses réponses, un catholique doit s'y eonfor* » mer. En vain on dira : Ces Congrégations ne sont point » reconnues par nousu Je n*ai jamais compris comment » on peut se donner la liberté de recevoir ou de ne pas » receveur ce que le Pape juge à propos de faire pour » gouverner rEglise. »

L'auteur du compte-rendu regarde comme très-juste nue comparaison, faite ici par M. Meslè, eoCre le refus de se soumettre à des grands*vicaires, sous prétexte qu'il ne soiU pas TËvéque, et celui d'obéir aux Congrégations romaines, parce qu'elles ne sont pas le Pape. La compa** raiaon des Congrégations avec les tribunaux et les diverses cours de }Qstice ne s^ait-elle pas également légitime , et plus à la portée de certaines gens? Les Congrégations romaines sont notamment dans l'Eglise comme la Cour de cassation dans un Etat pour l'interprétalion des lois.

H. Mtedé, parlant ensuite du retour au romain, nws le repr^nte comme une démarche méritoire : « Faite, dii-il, » par amour de Dieu et de Tordre qui plait tant à Dieu, » par amour de Jésos- Christ notre Sauveur qui a for- » mellemeiit chargé Pierre de conduire les brebis et les » pasteurs, pour que tous les chrétiens fussent consommés » en unité , cette démarche attirera les bénédictions célestes 9 wr les diocèses qui la feront, et sera une belte perle à » la ooorpnne de e^ux qui contribueront à l'obtenir. »

Quant à la difficulté de faire consentir tous les prêtres à un changement semblable, M. Mesié prétend « que c'est » faire injure au clergé que de supposer une opposition » hostile, insensée, opiniâtre de sa part. Ceux qui désirent r> le romain le prendront tout de suite à la voix de leurs » Evéques, et le nombre n*en sera pas petit. Pour les » autres, ils ont dit qu'ils tiennent au nouveau Bréviaire » et qu'ils le croient légitime, parce que rEvèque le donne » et le maintient; s'ils sont conséquents, comme on ne » peut en douter, ils devront recevoir le romain dès que » l'Evêque le leur présentera. »

Voici comment M. MesIé termine son livre : ^ Heureux » ceux qui ont conservé la liturgie romaine! Heureux » ceux qui Tout reprise! Gloire, honneur, bénédiction à » ceux qui la désirent et qui contribtteront à la rétablir! » Heureux ceux qui pourront voir ce beau retour avant » de mourir! Pour l'obtenir, adressons*nous au Saint » Cœur de Marie, dont la dévotion fait aujourd'hui de si 1» grands prodiges... »

Le bienveillant écrivain, qui nous a ainsi analysé l'excellent opuscule de M. Meslé, donne aussi ses conclusions de la manière suivante : a On persuadera difficilement » au quel que ce soit de nos vénérables Evéques que, » dans le cas où le dernier acte de son épiscopat serait le » rétablissement de la liturgie romaine dans son diocèse, » il serait traité moins miséricordieusement au tribunal » suprême, et que saint Pierre, pour employer le langage D du moyen-âge, lui ouvrirait moins volontiers les portes » du ciel, que s'il avait laissé les choses dans le statu quo, )» ou travaillé même à éloigner pour longtemps un événe- » ment semblable. »

On est heureux, en vérité, de rencontrer sur son chemin des hommes comme M. Atesié et son abréviateur. Eh bien ! que l'on se réjouisse; Y Ami du 51 octobre les ramène encore sur^la scène.

Comme le Journal des Débats, croyant apercevoir dans le clergé de la division et différents partis, le prenait en

dédaigneuse pitié, U. P. D. 0. L. D. lui fait observer qu'il considère les choses sous un faux point de vue. Ce journal, dit-il, suppose qu'une discussion entre les membres du clergé est un ferment de discordes à Tinstar des luttes politiques; or il nous permettra de lui dire qu'il n'en est point ainsi. Les partis politiques se disputent, se trahissent, se battent et se renversent pour recommencer bientôt une nouvelle guerre; dans l'Eglise, au contraire, on discute et l'on s'éclaire; la vérité est exposée par les uns, comprise par les autres, enOn recherchée, embrassée et défendue par tous (c'est du moins ce qui devrait être; mais hélas!). Ce ne sont pas des adversaires qui combattent entre eux pour s'aigrir de plus en plus et devenir irréconciliables, mais des amis qui se livrent à un examen respectueux, pacifique et religieux de leurs différentes manières de voir et d'envisager les choses, pour marcher ensuite vers le même but dans une union plus étroite. Ce serait donc à tort que certaines personnes, même dans le clergé, s'alarmeraient de la polémique liturgique, et témoigneraient le désir de remettre cette discussion à une autre époque, sous prétexte qu'il importe de réunir nos forces contre ceux qui veulent nous imposer un enseignement irréligieux. (On discutait alors la liberté d'enseignement.) Rençoyer, en effet, les discussions utiles à une époque où nous n'aurons plus d'ennemis acharnés à la perte de la religion, c'est les renvoyer à l'éternité. D'ailleurs, le Souverain Pontife ayant donné pour mission à D. Guéranger de soutenir les saintes traditions du droit papal et delà liturgie sacrée qui vont s' affaiblissant, il n'y a plus rien à dire sur l'opportunité de la discussion. Se plaindra-t-on que l'on emploie pour cela la voie des journaux? ^faw évidemment la presse religieuse périodique est aujourd'hui d'une nécessité presque indis^ pensable. Nos vénérables Prélats le sentent si bien qu'ils en usent fréquemment. Pourquoi voudrait-on lui interdire la question liturgique, lorsque le Saint-Siège, par là même qu'il recommande de la traiter, laisse le droit d'employer pour cela tous les moyens qui sont bons en eux-mêmes?...

Un poiiil admis désormais sans conteslatiDn, e'est fu'U serait à désirer que le BrMaire romain fût récité dam toîAS les diocèses de France, hors le cas excepté par saiiU Pit V. Le Souverain-Pontife s'est prononcé à ce sujet, et il a qualifié de déplorable la variété litui^oe existant parmi no«s.

L'auteur fait ici allusion au fameux Bref de Grégoire XVI à Mgr. de Reims. Ce Bref, du 6 août 18^3, avait para dansl'y^mt le V^ août 182^3. Tout le monde en connaît la teneuf . Grégoire XVI y déclarait que saint Pie V avait bien autorisé les Eglises possédant une liturgie deux féis séculaire à la conserver, mais de manière seulement à retenir, si elles le voulaient , les livres dont elles se servaient alors , et non à les changer sans fin selon leur caprice; tte vX ipsi non quidem commutare iterùm atqtte iteriim arbitrio suo libros kujtùsmodi, sed quibm utebantur, si vellent, retinere passent. Il déplorait donc avec Mgr. de Reims nos variations et nos variétés liturgiques, et exprimait combien il serait désirable qu'on observât partout chez nous les Constitutions de saint Pie V : Nobis quidem idipsum tecum unâ dolentibus, nihil optahilius foret quam ut sermrentur ubique apud vos Constitutiones S. Pii V. Tel était donc son vœu , ita igitur in votis esset. Néan- Bfioios, à raison des dissentiments très-graves qu'il redoi»tait , sTû voulait briser tout-à-coup une coutume malheoreusement invétérée , il croyait devoir s'abstenir pour te moment de presser plus pleinement la chose , et de donner aux questions de Mgr. de Rdms des réponses particulières: Atque hinc Nobis graciera indè dissidia reformidaTUttus, abstinendum in prœsens visum est, nedùm à re pleniùs wrgendâ, sed etiam à peculiafribus ad dubia quœ proposueras respomionibus edendis. Il finissait par louer le nèk de cet illustre Archevêque à cet égard, lui rappelall ks éloges dont il avait comblé Mgr. de Langres qui avait pris l'initiative de cette réforme si désirée , et lui marafestaît sa confiance de voir, Dieu aidant, tous les autres Evéques de France marcher sur les traces de ce Prélat, et surtout la

fiK^té trèsi-daqsereuse aveie laquelle noua bous pemettiMs de changer les livres lilurgiqoes cesser entiéremeot : Canfi-» dimiLS equidem, Deo benedicente, ftUurum ui alii deinceps atque alii Galliarum Àntistites memorati Episeopi exemplum $equantt^, prœsertim vero ut periculosièêima illa libro^ liturgicos eommiUandi facilitas istiç penitijb$ ee8$et.

Tel çst Vabfégé de ce Bref important qui a produit pairmi BOUS uoe si heureuse révolution en matière de liturgie. L'écrivain que nous analysons était, donc bien autorisé à dire, ce que nous avons rapporté en italique , qu'il serait 4^ dé^irw que le Bréviaire nymmn fût réeité dans tous lesi diocèses de Frmce, sauf le cas excepté par saint Pie F» et à ^jo^ter : « Voilà une affaire réglée, ei désormais m » j^véque ni prêtre ne parlera dans un sens différent. »

Mais il est, continue-t-il, un autre point que le Souve* rain-Pontife laisse eu/eore au jugement des Evéques, c*est l'opportunité du retoir au romain. Un simpte prêtre, convaincu que cette opportunité est actuelle, peut bien exposer ses raisons à ses supérieurs; mais, s*il& persistent à croire quil en est autrement,... il ne lui reste plus qu'à travaUkr, de concert avec eux, à hâter le moment où ua retour si évidemment déwsirable, et attendu avec confiance pat le €hef de l'Eglise comme un effet de la bénédiction de Dieu, deviendra opportun. C'est là une propagande qui, de Vaveu de tous, est non-seulement permise, mais digne d'éloges, parce que, sur ce potnt, le désir et la volonté du Pontife suprême sont maaifesles. (Et Ton disait d^ cela en 1843 ! et l'on publiait des brochures pour hâter le moment désiré!)

M. Meslé venait de faire paraître alors son Examen res^ peetMux, pacifique et religieux des objections contre le retour aux Brésnaire et Missel romains. Parmi les trente ei une objections qu'il réfute » signalons les principales :

1" OfgectUm. Il y a prescription en faveur des nouveaux bréviaires. — Prescription! mais i^ la coutume , pour presec ire eoulre une loi , doit être raisonnable , utile au bien puWus; il faut, d'aptèa saint Thomas et le Conférencier

d'Angers, que les raisons qui ont fait porter là loi ne subsistent plus dans (ouïe leur force. Or, tel n'est pas le eas présent, puisque, d'après le témoignage du Souverain-Pon« tife, notre variété de liturgie est déplorable , et s'aceroit de manière à offenser ou scandaliser les fidèles. T Une coutume, pour prescrire, doit être suivie par la plus grande et la plus saine partie de la communauté ; ce qui n'a pas lieu ici , puisque soixante et quelques diocèses seulement ont abandonné la loi , tandis que plusieurs centaines l'observent. S"" Un principe non moins incontestable que ceux qui précèdent, un principe admis par tous les théologiens et canonistes sans exception , c'est qu'on ne peut jamais prescrire sans le consentement exprès ou tacite du législateur; or, ce consentement n'a jamais existé et n'existe pas encore aujourd'hui. »

6* et V objections. Attaquer les nouveaux bréviaires , c'est insulter l'Eglise de France. — Il faut distinguer, dit M. Mesié, le cori)S épiscopal et la masse des prêtres qui forment le clergé de France, de quelques Evéques et de quelques prêtres qui faisaient l'innovation. Pourquoi nier des fautes qui ont réellement eu lieu parmi nous? Il faut distinguer ensuite entre ceux qui ont fait une innovation coupable , et ceux qui l'ont adoptée plus tard par entraînement, lorsqu'elle était tolérée ex tndwZgfewfid par le supérieur.

Dans les 8% 9% 10® et 22* objections, on reprochait à D. Guéranger des exagérations et des outrages envers l'Eglise de France. M. Meslé le justifie; d'ailleurs, ajoutet-il, ce n'est là qu'une querelle personnelle. Le R. Père peut avoir des torts , puisqu'il est homme; mais on ferait bien , je crois , de ne pas perdre de vue pour cela la véritable question.

Nous nous arrêtons ici , et nous ne diront plus qu'un mot de la part prise par l'excellent M. Meslé à la controverse liturgique.

Un ecclésiastique, se disant romain du fond du cceur et savant en liturgie pour l'avoir étudiée, avait fait insérer le

ii novembre 1843 dans YJmi de la Religion, un petit arlicle anonyme. Il y déclarait, entre autres choses, que l'Eglise de France s'était constamment maintenue dans la possession de régler sa liturgie ; qu'un changement sous ce rapport ne manquerait pas d'exciter une rumeur générale, diminuerait la piété, et serait contraire aux vues du Pape qui recommandait de ne pas troubler les fidèles; enfin que Mgr. de Poulpiquet, évéque de Quimper, au lieu d'avoir subi une influence en faveur du parisien, avait dit ce dernier bréviaire dès avant son épiscopat , l'avait ensuite conseillé à ses familiers, permis à un assez grand nombre de ses prêtres, et enfin fait imprimer pour son diocèse, de préférence à un Propre qu'il eût fallu refaire presque entièrement et qui eût compliqué l'office.

A tous ces traits, et au dernier surtout, n'est-il pas permis de soupçonner dans notre romain de cœur quelque chose comme AI. T., véritable Prêtée? Mais, alors, qu'a-t-il fait des réponses de D. Guéranger à cette assertion déjà vieille, que r Eglise de France s'était constamment maintenue dans la possession de régler sa liturgie? Est-ce que le R. Père ne lui avait pas prouvé que le Saint-Siège, bien loin d'açoirtoujours laissé aux Evêqu^s la liberté de régler le culte rftVîn dans leurs Eglises, avait établi au contraire de très-bonne heure une réserve sur cet article? H suffisait, au reste, pour faire comprendre cela au romain de tout cœur, de lui rappeler la mise à Vindex, en 1701, du livre où Mgr. de Saint-Pons, un évéque français, IvdiUdM ex professo au droit des Evèques à régler les offices divins dans leurs diocèses. Mais telle est la marotte de nos adversaires en topt genre; on a beau réfuter leurs objections, ils les répètent toujours, comme si on n'y avait jamais répondu ; c'est une des applications du fameux princi|)e : Mentez, mentez, il en reste toujours quelque chose. Quant à la seconde observation du prétendu romain, que le changement de liturgie ne manquerait pas de diminuer la piété, c'est une chose dont Dieu seul peut juger; seulement, nous pouvons bien nier que ce changement soit de nature à tout bouleverser, et surtout

— 8« — que Ton puisse le représeoter comme contraire aux vuas du Saial-Siége pour celle raison. Enfin, pour ce qui regarde TatTaire de Quimper remise sur le lapis, laissons-la Iraiter par M. Meslé et son ami.

Et d'abord M. Meslé ^ écrivant le 15 uovembre à Yjémi, lui disait que, si son collaborateur anonyme voulait bien se démasquer, il se ferait un devoir de lui certifier, par des témoins oculaires et auriculaires, la vérité sur ce qui s'éiait passé en Bretagne, c'est-à-dire à Quimper. M. Meslé ajoutait : « Quand on veut parler au public, et surtout au » clergé, il faut franchement se montrer. Il n*y a pas de . » quoi rougir. Nous avons tous bonne intention en discu« » tant celte question. Ainsi, ne nous cachons pas sous I» l'anonyme. Pour mon compte, je ne le ferai pas, et ne » veux point par conséquent discuter avec ceux qui n'osent » se montrer. » Ici, le rédacteur de Vjémi croyait devoir mettre en noie que « l'auteur des observations n'avait point M gardé l'anonyme parce qu'il n'osait se montrer, mais » parce que rien ne l'obligeait à se nommçr. Dans une » discussion, ajoutait-il, ce sont les raisons que l'on pèse » et non pas les noms. » Chacun pèsera celte raison aussi, surtout quand il verra encore notre Prêtée revêtir une nouvelle forme, ce qui arrivera bientôt.

Au reste, celle manière de procéder de l'estimable rédac^ teur de VJmi ne l'empêcha pas d'accueillir, dans son nu« méro du SI novembre, une nouvelle lettre de l'ami de M. Meslé, répondant au soi-disant romain du fond du oosur, et réglant enfin l'afifaire de Quimper.

Cet écrivain commençait par poser une thèse en dix propositions qu'il regardait comme concluantes, et il priait son honorable contradicteur de lui signaler laqueUe de ces propositions pourrait nôtre pas admissible. Voici Vidée des cinq dernières.

6'' Proposition. La pr^ue totaltté des diocèses de France se conforma, en moins de quarante ans, à la Bulle de saint Pie V; D. Guéranger en a donné tes preuves à la fin de son premiâr volume des Institutions. J'y jouterai \m brevft

de Louis XIII, du 8 oc^bre 1634, qui , à Toccasion de la publication faite le 25 janvier précédent par Urbain VIII da Bréviaire romain corrigé par ses soins, accordait ou cardinal de Richelieu la faculté de choisir tels libraires et imprimeurs qu'il lui plairait, pour éditer les livres romains con* fermement à Tintention de Sa Sainteté; ce qui suppose que le romain pur était alors assez répandu en France. Les Mé* moires du clergé de France ajoutent que le Cardinal de Richelieu remit, en 1635, à la compagnie des agens du clergé le brevet en question.

7* Proposition. L'abandon de la liturgie romaine n'a pu avoir lieu en France sans violation de kt loi de saint Pie V, tout aussi obligatoire au XVUr et au XIX* siècle qu'au XVP.

8* PropoUtion. Il n'y a pas encore prescription en faveur des nouveaux bréviaires, tous plus récents que 1735. M. Meslé l'a prouvé dans sa dernière brochure.

9* Proposition. Grégoire XVI déclare déplorable la va-» riélé liturgique produite par ces nouveaux bréviaires, tout comme saint Pie V appelait mançaise la coutume suivie par les Evéques du XVi* siècle*

10* Proposition. Le Pa|)e désire voir cesser cette variété par la réception de la liturgie romaine dans toute la France, et il espère qu'il en sera ainsi par la bénèliction de Dieu. Il ne croit pas, lui, que la crainte d'exciter quelque rumeur doive arrêter, ni que la piété puisse y perdre. Les fidèles sont plutôt scandalisés de la variété qui existe. Du reste, on ne s'est pas fait faute d'établir l'unité diocésaine dans les diocèses fornvés de plusieurs autres au moment du Concordat, et d'obliger par là une foule de paroisses au diangement que l'on redoute.

Pour ce qui regarde Mgr. de Poul piquet, si^ au lieu d'être pressé, il s'est empressé de lui-même de substituer le parisien au romain, cela rend-il l'affaire meilleure? Je préférerais pour lui la version-Guéranger. Mais Quimper, dit* on, avait eu son bréviaire particulier. — Avant saint Pie V, soit; d'ailleurs» était^^ une raison de lui donner le bréviaire

de Paris? — Il élait difficile de réimprimer un Propre. — Et il rélait moins d'imprimer un bréviaire tout entier, y compris ce même Propre presque entièrement refait ! En vérilé, ceux qui ne veulent pas pardonner à D. Guéranger les saillies de son zèle parfois un peu incisif ne savent pas, par expérience, avec quelle force il faut quelquefois tenir son âme à deux mains pour conserver la modération en réfutant de pareilles choses.

Ici notre bon ami s*arréte par prudence; imitons-le.

Nous devrions signaler, en cet endroit de notre histoire, deux autres lettres écrites dans le même sens et avec la même modération que celle des abbés Mesié et Richaudeau. Biais, comme nous les avons déjà citées dans notre Etude préliminaire, pages 35 et 53, nous renverrons les curieux à cette Etude, s'ils veulent en prendre connaissance. Ils verront, dans la première de Tabbé S...., le droit qu'ont tous les prêtres de se servir du Bréviaire romain en particulier, et dans la seconde, signée N...., combien il est op. portun qu'ils le fassent.

Mais les différentes pièces que nous venons d'analyser ont troublé le sommeil d'un abonné de VAmi depuis 18i4, car c'est ainsi qu'il signe sa lettre publiée dans le numéro du 27 fé<^rier 1844. Si cet abonné n'est pas notre vieux chanoine ou notre romain de tout cœur, c'est du moins son compère, car leurs idées se ressemblent comme deux gouttes d'eau, et l'on trouve, dans l'un comme dans l'autre, le concile de Tours et Mgr. de Poulpiquet, pour ne pas parler des Eglises d'Amérique et du parti Lamennaisien. Vive Monseigneur de Toulouse! semble s'écrier notre vénérable; « armé du double glaive du bon droit et du savoir, il a » vengé l'Eglise de France injustement flétrie... Loin de Y> répondre à sa réfutation , ce qui aurait été un peu dif- » ficile, les partisans des Institutions ont fait du sentiment D et parlé le langage de la piété pour parvenir à leurs fins.» Ceci est une allusion, sans doute, à la pieuse invitation que nous adressait M. MesIé de recommander au Saint Gcur de Marie le succès de l'affaire liturgique. « Quelques-uns,

» continue-t-il, ont voulu encore traiter la question sous lé » rapport scienjlifique, et ils n'ont fait qu'étaler leur igno* » rance. Quelles pauvretés dans ce que les champions de » la liturgie romaine ont écrit depuis quelques mois! et ils » font la leçon aux Evéques ! et ils vont jusqu'à indiquer » les saints qu'on doit honorer! pas d'autres que ceux du » Martyrologe romain ! comme si ce Martyrologe lui-même V ne disait pas : Et alibi aliorum, etc. La Bulle de saint » Pie V ne regardait pas les Eglises de France qui toutes » étaient dans le cas de Texception. »

Toutes! la coutume mauvaise, que saint Pie V représentait comme si générale, avait donc respecté la France ! mais alors de quoi s'était mêlé le cardinal de Lorraine, en demandant au concile de Trente, au nom de la France, la réforme liturgique? Et pourquoi le concile de Narbonne afGrmait-il, en 1609, que la coutume proscrite par saint Pie V avait envahi celle province? Nous ne parlons pas des autres conciles, qui se sont bien gardés d'élre aussi affirmatifs que notre vieu:^ critique. La Bulle de saint. Pie V ne regardait pas la France! Que regardait -elle donc? les Eglises d'Amérique sans doute! mais non; elle ne regardait pas les Eglises de France , parce qu'elles étaient toutes dans le cas excepté! elle les regardait au moins pour rendre leur cas privilégié.

Le respectable abonné de 181^ finit.par nous engager à prendre les sentiments vraiment catholiques de saint Grégoire-le-Grand, qui disait à saint Augustin d'Angleterre : Faites ce que vous voudrez. Nous voilà bien au large cette fois.

Tirons cependant encore de la lettre ci-dessus la liste des usages français, qu'elle signale comme anciens et conservés : à Poitiers, les deux Epîtres du jour de Noël, usage du VIP siècle; à Paris, dans les Pontificaux, la bénédiction épiscopale après le Pater, usage du missel gallican ; au rit parisien , la belle oraison de l'Assomption , remontant jusqu'à Louis-le-Débonnairc. On indique aussi la procession avant l'Evangile à la messe haute, l'adoration de la Croix

à la procession du dimanche des Rameaux, la procession de la RésurreclioD à Rouen, à Reims , etc.; enfin les pro* cessions des Fonts à Pàqu& et des Autels le jour de la Toussaint.

Voilà l'ensemble des antiquités liturgiques que l'on attribue à la France; quelles richesses! n'esl-il pas vrai? Mais nous avons mis en italique, dans notre compte-rendu précédent, quelques mots où notre vieil abonné faisait allu« sion à une lettre publiée dans VAmi le 5 décembre 1843, et signée P. Comme cette lettre a pour objet Texamen du livre de Mgr. d'Astros, dont nous n'avons pas encore parlé spécialement , il est nécessaire de faire connaître cet ouvrage, tant vanté par Tabonné de 4814, avant de voir ce qu*on y a répondu.

Revenons donc un peu sur nos pas, et abordons enfin la grande phase de la discussion liturgique , celle où des Evèqucs ont cru devoir prendre la chose en main, comme docteurs d'abord et comme pasteurs ensuite. Gomme pasteurs, ils publieront des Mandements , et nous aurons la consolation de les voir, presque tous, successivement aboutir à une réforme nécessaire. Mais, comme docteurs, quelques-uns d'entre eux plaideront dans un sens différent; et, comme en celte qnaïité de simples docteurs, ils n'ont pour eux que le mérite réel de la doctrine qu'ils émettent , il ne peut être défendu i personne de les examiner et de les juger.

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