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CHAPITRE XVII

Dn livre de M. Dolae t la Lltarg^ie romaloe et le« litarfic*

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Nous disions tout à l'heure que la France avait passé en 1848 par une terrible épreuve. La polémique liturgique cessa donc pour un moment, mais dès qu'on se fut un peu rassis, on se remit à traiter comme auparavant les grandes questions religieuses.

M. Dulac, en particulier, publia, en 1849, son bel ouvrage, intilulé : la Liturgie romaine et les liturgies fran^ çaises. Il y avait sagement fondu et coordonné , pour en faire un corps, les articles qu'il avait écrits dans VUnivers sur celle malière importante pendant le cours des années 1846 et 1847 (voiries numéros des 3, 7, 14 et 18 novembre, ly, 15 et 30 décembre 1846, comme aussi des 8 et 12 janvier 1847). Dans Timpossibililé d'analyser cet écrit plein de détails historiques et statistiques, ainsi que l'indique son titre lui-même, nous nous contenterons d'en extraire ici quelques maximes qui nous ont frappé en le lisant.

« Il faut des livres, dit M. Dulac, et il est matériellement

» impossible que les Evéques les composent tous Sous

» le rap|)ort de la science, le prêtre est quelquefois supé-

» rieur à l'Evêque D'ailleurs, un homme est rarement

» universel, et le Prélat le plus instruit ignore toujours B quelque point de la science ecclésiastique sur lequel le D moindre de ses prêtres peut avoir fait des éludes spé- » cialcs. » Au fait, l'Eglise n'a-t-elle pas rangé parmi ses sainis docteurs saint Jérôme, saint Bernard et saint Thomas d'Aquin? cependant, ils n'étaient pas Evéques!

a On a toujours discuté dans l'Eglise; à toutes les épo- » ques, les grandes questions ont été éclaircies par la cohtro- » verse avant d'être tranchées par l'autorité.

« Que de gens épousent, sur des questions conlro- » versées, les opinions particulières de leur Evêque et » combattent, comme s'ils étaient de vrais hérétiques, les » hommes assez mal avisés pour soutenir des opinions » différentes, qui ne lisent pas même les actes publics du » Pontife (suprême)! Que de gens ne tiennent aucun » compte des décisions des conciles, qui vous feront un » crime de ne pas partager les sentiments exprimes par » une simple réunion d'Evêques!

» Un des caraclères disltnctifs de l'Eglise catholique est » le respect de la vérilé; elle ne commande point à ses » historiens de jeter un voile sur les faiblesses, les fautes,

» les crimes (même) de ses ministres. Lisez Baronius

» C'est que l'Eglise n'a aucun intérêt à juslifier la mé- » moire de ceux qui l'ont Irahie; elle a, au coniraire, » l'intérêt le plus grand à la condamner. Il importe que

» les criminels et les lâches aient à redouter le tribunal

» de l'histoire, la malédiction de la postérité.

» Il ne faut (me dites-vous) jamais blesser ni la cha- » rite, ni les convenances. J'accorde ce point d'autant » plus volontiers, qu'à mon avis, vous-mêmes le mettez » en oubli. Vous n'en conviendrez pas : tout est convenable, » modéré, parfait dans vos écrits; tout se Irouve excessif, » inconvenant, anti-évangélique dans les écrits de vos » adversaires. A vous entendre, ce serait même là votre

» seul grief Je vois bien qu'en effet, écrits d'un autre

» style, les livres que vous incriminez seraient un peu

» moins lus Mais, quoi que vous prétendiez, le ton

» plus ou moins vif de la polémique n'est pas la vraie » cause de votre irritation; vous êtes des hommes raison- » nables, et le fond vous touche plus que la forme... Vous » aimez vos liturgies; vous ne voulez pas qu'on les lue; » or, dès qu'on parle contre elles, évidemment il s'agit de » les immoler; c'est là ce qui vous fâche. »

Nous ne pousserons pas plus loin ces citations, quil nous serait facile de multiplier. On nous pardonnera celles que nous avons faites parce qu'elles nous semblent aussi

— 166 ~ pleines de vérité et d'à-propos en 1861 qu'en 18Ï9. Quant aux détails historiques et statistiques de l'auteur, outre qu'ils ont été empruntés en grande partie à D. Guéranger, ils nous ont servi à nous- même dans la composition de nos Etvdes, et ils s'y trouvent appliqués en leur lieu; enGn, par rapport à la thèse du droit liturgique en général, pourquoi la discuter encore? Lorsque M. Dulac écrivait, sa cause, c'est-à-dire celle de la liturgie romaine, était gagnée en principe. Nos provinces ecclésiastiques vont nous en fournir incessamment la preuve dans les conciles qu'elles célébrèrent alors.

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