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CHAPITRE XXIV

SOIMO110 en ISiltm

I. Mgr. Parisis avait été transféré en iSM du siège de Langres à celui d'ARRAS. A peine arrivé dans ce nouveau diocèse, il s'occupait, ou, pour mieux dire, ii se hâtait de donner à cette Eglise la liturgie romaine, qu'il avait rendue à Langres en 1839, non sans de longs et laborieux efforts, ainsi qu'il l'attestait lui-même dans une circulaire à son nouveau clergé. « Grâce à Dieu, ajoutait-il en s'adressanl t aux prêtres d'Arras, si, en entrant dans ce grand dio- » cèse, nous trouvons devant nous la même question » posée, nous ne rencontrons pas les mêmes difQcultés » pour la résoudre.

» Vous avez de vous-mêmes, Messieurs, suivi l'heureux » mouvement qui ramène parmi nous les espiits aux véri-

» tables principes de l'inspiration chrétienne Vos

M propres convictions nous ont prévenu et nous sont déjà » venues en aide au point de rendre superflus les enseigne- » ments et les exhortations qu'autrement nous eussions eu » à vous adresser

» Dans cet heureux état de choses ^ ayant mûrement » pris l'avis de notre vénérable Chapitre, nous avons dé- » cidé que la liturgie romaine serait rétablie dans notre » cathédrale â la fête de Noël prochain, et dans toutes » les églises de notre diocèse au plus tard le jour de » Pâques 4852. »

Monseigneur parlait ensuite du chant. Ayant examiné les travaux faits par la commission qu'il avait instituée h cet effet dans une circulaire du 28 octobre (1), il i>ermet-

(1) Dans cette même circulaire, il aTait constitué son conseil d'administration, établi, dans Tinlérêt de tous, de TEvéque aussi bien que des prêtres (ce sont ses paroles) , le tribunal de Vofficialité, et formé un conseil chargé de résoudre les cas de conscience du diocèse.

~ 205 ~ tait de conserver les livres de chant romains qtie Ton possédait encore dans quelques églises, adoptait pour les autres ceux qui avaient été édités à Dijon en 1846 el qui avaient été reconnus les plus conformes aux précédents, et néanmoins accordait aux paroisses qui seraient en état de les exécuter convenablemeni, l'usage des chants de Reims et Cambrai, auxquels il reconnaissait un mérite supérieur, sans doute, mais qui n'étaient encore, à son avis, que les premiers essais d'une science incomplète et douteuse dont il voulait encourager l'étude. Nous parlerons plus tard de cette grave question du chant.

EnGn, Mgr. Parisis traitait du Propre diocésain. A ce propos, ainsi que nous l'avons raconté page 165 de notre Etude préliminaire, il faisait appel à tous, et invitait les comités de chaque canton, établis pour la recherche et Tappréciation de^ monuments, h se mettre en rapport avec le conseil établi pour la rédaction du Propre.

Ce Propre se trouvait composé dès 1853 et approuvé le 15 septembre de la même année avec éloge. Mgr. déclarait bientôt après que ce Propre serait obligatoire pour janvier ou février 1854, et il remerciait, à cette occasion, sa congrégation du Propre , et en même temps les prêtres qui , selon son désir exprès, lui avaient envoyé des documents.

Rien n'était plus admirable assurément que le zèle de cet illustre Prélat pour faire triompher en tout et partout les doctrines et les pratiques de la sainte Eglise romaine; aussi ne faut-il pas s'étonner de rallenlion toute particulière avec laquelle le Souverain-Pontife a toujours voulu le louer et le féliciter dans les Brefs qu'il a daigné lui adresser, nolamoient dans celui du 19 décembre 1855 à l'occasion de lapprobalion du Propre d'Arras, pour ne pas parler ici du privilège personnel du pallium dont il l'a décoré à cause de ses niériles. Nous aurons encore l'occasion de signaler Mgr. Parisis à propos de sa lettre au Pape sur le chant grégorien.

II. Le dioeèse de FRÉJUS ne tarda psis à marcher sur 1^ traces d'Arras. Par un Mandement , en date du 8 sep-

lembre 4851, Mgr. Vicarl prescrivait Tadoption du romain. Il s'agîl, drsail-il à ses dioecsiiins, de rentrer dans les prescriptions toujours subsistanles des Bulles si célèbres du grand cl saint Pontife Pie V, de prier comme à Rome, dans les mêmes lermes, aux mêmes jours, avec le même cérémonial, et dans un magnifique accord avec toutes les voix et tous les échos qui retentissent dans les neuf dixièmes des temples catholiques ou sous la voùle des cieux, d*une extrémité du monde à l'autre.

En conséquence, Mgr. ordonnait que les prêtres qui avaient encore le rit fréjusien le quilleraient au plus tard pour la fête de la Sainte-Trinité 4852; ceux qui avaient déjà le romain, ou qui avaient été admis aux saints ordres depuis six ans, devraient se conformer exactement à toutes les prescriptions des rubriques romaines dès le 1" janvier delà même année; enfin, la liturgie romaine tout entière, Missel, Bréviaire et Rituel, serait seule autorisée et suivie dans toutes ses parties, au plus tard et partout, le jour dit 6 juin 1852.

Le Propre, déjà approuvé, devait paraître avant le 1*' décembre 1851, et Monseigneur prenait le chant de Digne, adopté, disait-il, par toute la province d'Âix (sauf Alger qui finit aussi par s'y rendre, comme on le voit par une ordonnance de Mgr. Pavy, rapportée dans VUniçers du 27 janvier 1854). Nous retrouverons encore Mgr. Vicart à Laval après Térection de cette ville en siège épiscopal en

III. Le troisième diocèse français qui se mit au romain en 1852 est celui de SENS. Le l" novembre 1851, Mgr. Jolly publiait un magnifique Mandement qui rendait la liturgie romaine obligatoire dans celte Eglise à partir du dimanche de la Sainte-Trinité 1852.

On voit, dans cet acte, que le Chapitre métropolitain, prenant une initiative digne de sa sagesse et en rapport avec la pensée intime de Monseigneur, avait demandé le rétablissement de la liturgie romaine dès les 23 et 28 janvier 1847. Monseigneur lui-même en écrivait au Pape le

— 205 ~ 8 janvier 1848, el Pie IX lui répondait, le 25 février, d'employer lous ses soins et sa prudence pour faire réussir cette alTaire, et de saisir les occasions favorables pour conduire tranquillement et paisiblement cette œuvre à la fln désirée.

Dès lors Mgr. Joli y regarda la chose comme jugée; le retour à la liturgie étant, comme il le dit, devenu à ses yeux un principe, parce que le désir du Saint-Père était uu ordre pour lui, il s'occupa tout aussitôt de rédiger le Propre qui fui enfin approuvé à Rome et autorisé par un induit du 17 avril 1851.

Le rescrit de ce jour porte que VArchevêque de Sens n'avait pas mis peu de temps à aplanir les nombreuses dif^ ficultés qui s'opposaient à l'adoption du romain : Quàm , non parvo temporis intermllo elapso permultisque difficultatibus explanatis, illud demùm sit assecutus R. R. Àrehiepiscopus Senonensis, ut, etc. Que dira-l-on de ceux qui, plus de dix ans après, ne sont peut-être pas plus avancés que le premier jour? Nous faisons cette réflexion parce que, d'une part, le Pape, dans son Bref à ce Prélat en 18^8, l'avait engagé à agir prudemment et sans troubler la paix, et que, d'un autre côté, certaines personnes ont eu lûen soin de rappeler ces recommandations du Saint- Père, et s'en sont hautement prévalues pour lanterner, Dieu sait combien de temps, il faut croire que Mgr. Jolly n'avait pas compris les avis de Rome comme d'autres à qui on ne les avait pas adressés. Mais poursuivons.

Mgr. de Sens ajoutait dans son Mandement du 1*' novembre 1851 que, pour ce qui regardait le chant, on avait cru devoir choisir, dès 1850, l'édition de Reims et Cambrai de préférence à toute autre ; et il en donnait pour motifs que l'édition rémo-cambrésienne avait été calquée sur le chant grégorien et les plus anciens manuscrits, et qu'elle avait été non-seulement approuvée par une congrégation romaine, mais encore louée par le Pîipe, tandis que le chant grégorien avait subi de graves altérations dans toutes les autres éditions, et que toutes renfermaient des inexactitudes de texte» même les plus récentes et les plus estimées.

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