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Monseignour disait, de plus, que, dans son premier synode diocésain qui venait d'avoir lieu tout récemment, oo avait exprimé le vœu que le retour à la liturgie romaine commençai, avec Tannée ecclésiasliquo, le premier dimanche de TAvent 18Si> et que la récitation du Bréviaire romain devint obligatoire dans tout le diocèse pour la Sainte-Trinité suivante.
Après cela, il écrivait une phrase que nous ne pouvons nous empêcher de transcrire ici, à cause de rapplicalion qui peut s* en faire au temps présent. « Ah! c'est surtout, 9 s'écriait*il, lorsque les^ jours sontmatwais; c'est surtout » lorsque, de toutes parts, l'esprit de vertige, s'emparaat » des intelligences, s'élève contre toute autorité, et vou-
> drait même se glisser parmi les élus du Seigneur; c'est
> surtout lorsque le sein de la mère commune est doulou- » reusement déchiré par des enfants ingrats, que le sage n doit s'environner de prudence, qijfô le chrétien doit se 1» prémunir contre l'erreur, s'attacher à la colonne de k » vérité et à ses principes éternels, que les fils dociles et » aimants doivent se serrer autour de leur mère, dans » l'union des esprits et des cœurs qui donne la force, afin » de la consoler aux jours de ses tribulations et de ses » amertumes. »
Nous finirons en disant quelques mots du Propre de Sens et Auxerre. Dabord on y trouve la Préface des Morts, la nôtre. Celle Préface avait déjà été concédée aux Carmélites de Paris le i6 juillet 4814. Dans notre Troisième Etude, il sera question des préfaces inventées en France au XVIIP siètle.
Nous remarquerons ensuite que le Propre de Sens et d'Auxerre contient plus de vingt-cinq Evéques de ces deux anciennes églises, et seulement sept ou huit autres saints du pays, notamment le 28 mai, saint Brix et ses compagnons, martyrs, et, le 28 juillet, sainte Colombe, vieiige martyre de Sens. On voit quelle richesse spirituelle possède, aux yeux de l'Egtise universelle, l'illustre Eglise de Sens et d'Auxerre réunis, Auxerre ayant à lui seul quatoric de
ses Evéques au Martyrologe romain (y compris saint Oars et saint Fraterne que Ton n'a pas mis dans le Propre dont Dous parlons), et huit antres saints (dont trois n'ont pas été nommés et mentionnés dans ce même Propre, peut-être parce qu'ils ont été compris dans ceux qu'on donne pour compagnons à saint Pèlerin). Sens compte aussi, à son tour, huit de ses Evéques au Martyrologe romain, plus quatre autres saints. Mais, outre les vingt Evéques de Sens et d'Âuxerre portés au Martyrologe romain, cette Eglise en honore actuellement six autres, cinq de Sens et un d'Auxerre; de plus, on en trouverait encore quelques-uns qui jouissent dans Godescard de la qualification de saints, mais dont on n*a pas demande l'office pour le diocèse.
Nous entrons dans tous ces détails, parce que l'ancienne Eglise d'Auxerre est probablement, avec Lyon et après Vienne, celle de nos Eglises à laquelle le Martyrologe romain a fait la meilleure part.
Pour ce qui regarde maintenant le rit attribué aux saints du Propre de Sens, il faut savoir qu'après saint Etienne qui, eu sa qualité de patron ou plutôt de titulaire de la Métropole de Sens et Auxerre, est de première classe (avec octave) le jour de sa fête, 26 décembre, et de deuxième le jour de son Invention, 3 août, on a donné à saint Savinien, premier Evêque de Sens et patron du diocèse, le rit de première dasse avec octave, et à saint Pèlerin, premier cvéque d'Auxerre, celui de deuxième classe (avec octave à Aoxerre seulement) ; saint Leu, évêque de Sens et saint Germain, évéque d'Auxerre, sont aussi de deuxième classe; sainte Coloml)e est double majeur; saint Vulfran de Sens et saint Amâtre d'Auxerre, avec saint Brix et ses compagnons, sont doubles; tous les autres n'ont que le rit semi-double, ou même, quoique evéques, une simple commémoraison.
IV. Passons à l'Eglise de SOISSONS. Le 27 décembre 1851, Mgr. de Garsignies publiait un Mandement pour prescrire l'adoption de la liturgie romaine. Dans ce Mandement, ce Prélat commençait par faire ressortir vivement
les graves inconvénients qu'avait présentés jusqu'alors la Tariété de liturgie existant dans les diverses parties du diocèse. Considérant ensuite que l'édition du bréviaire de Soissons était épuisée, il se demandait ce qu'il y avait à faire. On a essayé» disait-il, il y a quelques années,' un bréviaire de fusion; mais cette tentative a rencontré des obstacles insurmontables. D'un autre côté, en présence des prescriptions si formelles du concile tenu à Soissons eo 1849, il n'y a pas d'autre parti à prendre que de revenir à la loi commune et d'adopter le rit romain. On ne fera, du reste, par là que revenir à un ancien état de choses dont le souvenir n'est assurément pas encore effacé. Nous avons, en effet, entre les mains un exemplaire du bréviaire que Mgr. Charles de Bourlon fit imprimer pour son diocèse après le concile de Reims de 1583; il est en tout conforme à celui de saint Pie V. Enfin, nul n'ignore le désir formel exprimé par Pie IX.
Eh bien ! n'est-ce pas lorsque l'Eglise est soumise à tant d'épreuves douloureuses que nous devons sentir le besoin de nous rattacher, à elle par des liens plus étroits, et nonseulement de croire ce qu*elle croit, mais même de prier avec elle et comme elle?
Nous allons donc reprendre cette antique et vénérable liturgie, qui met sur les lèvres de tous les enfants de l'EgUse les mêmes accents de foi et d'amour, et qui fait monter vers le ciel les mêmes vœux et les mêmes hommages. Heureuse transformation qui, nous en avons la douce confiance, deviendra pour notre diocèse un élément nouveau de vie spirituelle, et ranimera dans les âmes la piété et la ferveur !
En conséquence, Mgr. de Soissons déclarait le Bréviaire et le Missel romains obligatoires à partir de la Trinité 1852, et le Rituel à dater du S8 novembre suivant. Il choisissait l'édition des livres de chant de Reims, préparée d'après le conseil du Souverain-Pontife, et louée par lui et par une congrégation romaine.
En 1857, Mgr. de Garsignies adoptait et imposait le
cérémonial de M. de Gonny, comme nous le raconterons plus lard.
Enfin, quant au Propre de Soissons, approuvé par le Saint- Siège « et donné à éditer à MM. Leroux et Jouby, Mgr. déclarait, le 46 octobre 1852, que l'édition, qui en avait été faite par ces libraires était la seule reconnue par lui; il interdisait en même temps toute autre édition et allait jusqu'à suspendre ipso facto tout ecclésiastique qui coopérerait à une contrefaçon du Propre précité, soit en la propageant, soit en l'achetant, soit en en Taisant usage.
Celte mesure sévère, prise par Mgr. de Soissons, amena des explications de la part de ceux qui étaient censés accusés de contrefaçon. Le 29 octobre, les représentants à Paris de la maison Hanicq, de Malines, afBrmaient que cet imprimeur belge n'avait jamais eu l'idée d'une pareille contrefaçon; ils disaient, de plus, tenir de source certaine que la défense faite par Mgr. de Garsignies ne concernait que le Propre, et que les ecclésiastiques du diocèse de Soissons demeuraient parfaitement libres d'acheter pour leur usage les éditions romaines de Malines.