‹ Études liturgiquesChapitre 4 sur 63 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

De la MNnreUe éëiikm en jpaririaa mnm la UMtaHraOoB.

Le diocèse de Paris, qui a servi longtemps de point de mire à beaucoup d'autres diocèses, réimprima en 1821 et publia en 1822 son bréviaire assez augmenté, h Ami, pariant dès le 17 janvier 1821 de cette édition encore sous presse, commençait par donner une notice historique assez détaillée de ce bréviaire , et des variations qu'on lui avait fait subir depuis 16<i3, époque où ii était peu différent du romain sous Jean-François de Gondy, jusqu'à Mgr. de Quélen en 1821. François de Harlay l'avait fait retoucher en 1680, le cardinal de Noailles corriger tant soit peu en 1701 , Mgr. de Yintimille refondre par les soins de Vigier en 1736, enfin Christophe de Beaumont améliorer par les Sulpiciens en 1778. Ce bréviaire de Paris, ajoutait-on, si attaqué, lors de sa première apparition , notamment par Robinet et le P. Hongnant, pour ne pas parler de Mésenguy qui le trouvait trop catholique et qui surveilla l'édition de 1745^ n'en a pas moins été adopté par plus de quarante diocèses, en sorte qu'on pourrait presque le regarder comme le bréviaire de l'Eglise de France.

Cette conclusion de ïAmi n'est-elle pas un peu forte? Quarante diocèses ne sont pas toute la France, ni par conséquent l'Eglise de France, surtout quand on les considère dans l'ancienne division, d'après laquelle la France comptait cent quarante sièges épiscopaux. Au reste, Y Ami met au nombre des parisiens certains diocèses qui avaient prétendu se donner un bréviaire de nom propre, tels que Toulouse, Lyon, Poitiers, etc.

Quoi qu'il en soit, dans l'édition du bréviaire de Paris publiée en 1822, on voit, selon le rapport de VAmi dans SOD numéro du 16 janvier, outre certaines fêtes élevées à

une classe supérieure, entre autres celle des saints Apôtres, saint Pierre et saint Paul, les fêtes suivantes insérées pour la première fois, savoir : du Sacré Cœur de Jésus, de saint Augustin apôtre d'Angleterre, de saint Louis archevêque de Toulouse, de saint Pie Y pape, de saint Philippe de Néri, de saint Jean-Françcrfs Régis, de sainte Colette, de sainte Marguerite, de sainte Hélène dont on avait reçu des reliques à Paris, et enfin des bienheureuses Jeanne de Valois et Marie de rincamatîon.

Le Mandement de Mgr. de Quélen luinnéme, daté da 6 janvier 4822 et inséré dans VAmi le 6 juillet suivant, déclarait de plus que, dans cette édition, on avait introduit une nouvelle classe, inséré un nouveau Commun, celui des saints Prêtres (sdon le projet de Mgr. de Juigné), marqué un cantique propre pour les dimanches de l'Avent, les Doubles et le Commun des Saints, supprimé les prières qui se disaient aux semi-doubles et aux simples, rendu les di* manches ordinaires inférieurs aux fêtes d'Apôtres et aux doubles-majeurs, changé des hymnes, des leçons et des oa«» nons, revu, enfin, les légendes afin d'en retrancher la men^ tioQ qu'on y avait faite dans le temps d'un grand nombre de reliques ou d'églises disparues.

Mais cette correction du bréviaire de Poris. surtout faite dans les conditions où elle s'était opérée, ne fut pas du goù de tout le monde. On lit, en effet, dans les Tablette» du Clergé, numéro de juin 4822, une lettre d'un grand vicaire qui s'en plaignait de la manière suivante : « Le bréviaire t de Paris a subi depuis 4736 jusqu'à la Révolution, c'esl- » à-dire en 53 ans, plus de changements que le romain en

» plusieurs siècles Ceux qu'il vient de subir cette année

» surpassent tout ce qu'on a vu en cç genre depuis un

> demi-siècle Le nom de Son Eminence le cardinal de

» Périgord se trouve en tète de ee bréviaire nouveau ; c'est » le premier exemple d'un bréviaire publié sous le nom

n d'un Prélat qui n'existe plus Du reste, il n'y est nul-

» lement question du consentement du Chapitre, avec le- » quel il fout s'entendre, d'après les lois dei l'Eglise» pour

T$ ce qoi a rapport aux ofOces, aux cérémonies et prières » publiques, pour la liturgie et surtout pour le bréviaire, » aujourd'hui comme autrefois »

h'jémi, mécontent de ces observations insérées dans les Tablettes, fit paraître, dans son numéro du iO août 1822, une lettre du 30 juillet, signée A. P. P. G. P., où il était dit que l'édition du bréviaire de Paris avait été discutée en conseil archiépiscopal dès 1820 , que le Chapitre avait été consulté ensuite, qu'on avait accepté le projet de révision, et que Tordonnance n'avait été lancée qu'après. On ajoutait, dans cette lettre, que l'impression du bréviaire était presque terminée à l'époque de la mort du cardinal de Périgord, en octobre 1821, et que, sauf la légende de sainte Geneviève, que Mgr. de Quélen avait fait retoucher à l'occasion de l'ouverture de la nouvelle église de cette Sainte (au Panthéon), cet archevêque n'en était que le promulga* teur par son Mandement du 6 janvier 1822.

Le grand-vicaire ne se tint pas pour battu; il répliqua dans les Tablettes, au numéro d'août 1822 : « Je voulais me » taire; mais VAmi du 10 août a publié une lettre contre 1 moi, dont le but évident est de dénaturer les faits et

» d'égarer l'opinion Quelques chanoines, comme il

» dit, font-ils donc le Chapitre? Rien ne fut arrêté par les » chanoines assemblés. » Le plaignant pouvait sans doute en savoir quelque chose, puisqu'il signe cette fois: Chanoine de l'Eglise de Paris.

Du reste, sa réclamation n'empêcha pas le bréviaire d'avoir cours ; il eut même son pendant dans le Missel de 1830, car on retoucha alors ce livre pour le rendre plus conforme au bréviaire de 1822. On voit, dans le Mandement du 2 juillet 1830 pour la publication de ce Missel, que l'on a inséré dans cette édition un grand nombre de messes et de proses nouvelles; que Ton a adopté le chant romain pour YExultet; que l'on a remis les saints Jean et Paul et saint Martin, pape martyr, à leurs jours; enfin, que l'on a supprimé plusieui*s mémoires de saints, devenus étrangers au diocèse ou dont les reliques avaient été per-

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dues, tels que saint Erasme, saint Chéron, saint Arnoul, saint Guy, saint Gucuphat, saint Spire ou Exupère, saint Antonin, saint Paxent, saint Guenan et sainte Radegonde. On avait changé aussi qudques épitres et oraisons, et corrigé certaines rubriques. Réservant le vert pour les seuls Pontifes, on a donné le blanc à tous les autres saints non martyrs. Enfln , les linges de coton sont déclarés interdits, conformément au décret de Pie VII du 18 mai 1819.

Qui n'aurait cru qu'après tant de remaniements opérés successivement depuis deux siècles dans le parisien , cette liturgie ne fût enfin parfaite? Cependant on trouva encore moyen d'y faire des corrections et des additions en 1836. Mais, avant d'aller plus loin, citons quelques autres travaux liturgiques faits en France sous la Restauration.

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