‹ Études liturgiquesChapitre 5 sur 63 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

édttlom ëe livres Utarg^qne* CUte* en Pranee •oiu la RettanratloB.

Pendant que Paris s'agite en tout sens pour atteindre une perfection liturgique qui semble lui échapper toujours, que fait-on dans le reste de la France? On corrige aussi, et Ton améliore en réimprimant. Nous ne voulons pas énumérer ici tontes les éditions de Bréviaires et de Missels qui eurent lieu alors en France. Contentons-nous de citer celles de Oermont en 1820 et 1821, de Nancy en 1821, du Mans en 1823. Besançon ne reproduisit que son bréviaire, mais sous deux formats, en 182b, Lyon son Missel en 182S, La Rochelle le sien en 1826, Saint-Brieuc son bréviaire en 1825, comme Troyes en 1829 et Reims en 1830. Autun retoucha aussi en 182b le rit parisien qu'il avait pris après le Concordat; Angers abandonna sa liturgie de 1716 pour adopter le parisien pur ; le nouvel évéché de Versailles, créé en 1802, créa à son tour une nouvelle litui^ie en 1828-32; vers le même temps Beauvais transformait la sienne, et un peu plus tard Meaux renonçait à ses usages de 1709 et de 1713 pour se donner un Bréviaire et un Missel nouveaux en 183b et 1836.

Pour ce qui r^rde Beauvais, on avait été tenté d'en refondre entièrement les livres, mais on avait flni par se contenter de les recomposer en grande partie. Un Mandement latin du 8 décembre 1827 expose la série des changements opérés dans le bréviaire ; on y avait introduit, entre autres choses, un Commun des prêtres et des abbés. Au reste, le nouveau bréviaire était déclaré obligatoire dans un an'à partir de la date du mandement ci-dessus.

Le nouveau bréviaire de Versailles avait été imprimé en 1828. Mgr. de Borderies le publiait le 27 février 1829 par

un Mandement où il disait : « Nous élait-il permis de souf- » frir plus longtemps qu'on rencontrât dans notre diocèse » sept diocèses à la fois? .... Nous nous sommes donc livré » à l'entreprise importante de donner à l'Eglise de Versailles

» son bréviaire Les diiïérents psaumes assignés à chaque

» jour de la semaine se rapportent h un siqet unique et n tendent au même but t Les passages de l'Ecriture et des » saints docteurs ont été recueillis avec soin, et choisis avec » discernement. Enfin , peu contents d'honorer les saints » dont le nom est célèbre dans tout l'univers chrétien, nous » présentons au culte de notre diocèse ceux qui lui tiennent » de plus près et qui l'ont illustré par leur naissance, leurs » exemple^ ou leur mort. »

Voilà ce qui se passait dans des diocèses d'où le romain avait disparu d^à avant la Révolution ; mais il n'y avait pss jusqu'à des Eglises toujours restées fidèles qui ne se crussent en droit d'innover. Ainsi, Arras est tout parisien dès iSik; Digne répudie aussi la liturgie de l'EgHse-Mère; l^arbc» et Aire la voient diminuer; Rennes s'en sépare de plus en plus, en imprimant le parisien pour son usage en 1832 ; Nimes se compose en 1837 un rit entièrement nou* veau imité du bisontin; Langres, qui n'a jamais perdu en* tièrement le Missel romain, retouche en 1850 son bréviaire de 1731; enfin Quimper deviendra parisien en partie en 1835. L* Archevêque de Bordeaux, au contraire, le vénérable Mgr. d'Aviau, se déclarait en 1826 incompétent pour toucher à la liturgie romaine, que son diocèse a toujours en le bonheur de conserver malgré les efforts que l'on a fait pour l'ébrankr dq^is 1833 à 1843. 11 fout observer néan-^ moins que la liturgie romaine n'était pas encore universel* lement suivie dans ce diocèse, il y a une quinzaine d'années, puisque, dans un compte-rendu de l'état de son diocèse adressé par Mgr. Donnet à Pie IX de 1846 à 1850, ce Prélat en partait de la manière suivante (nous traduisons du latin) : « Notre intention est arrêtée de rétablir paribut » la liturgie romaine, qui n'avait pas élé en usage dans » deux arrondissements de notre diocèse dont se composait

~ «17 — » TaDcienne Eglise de Bazas; nous nous occuperons aussi V de foire disparaître les divers bréviaires introduits par des 1 ecclésiastiques qui sont venus chez nous de diocèses étran- » gers du temps de nos prédécesseurs. Qu'il nous soit seu- » lement permis d*espérer que Rome elle-même abrégera* » dans le Bréviaire romain , certaines chosee qui semblent B trop longues à quelques-uns, tant à cause du petit nombre » des préires qu'à raison de la multitude de leurs occupa- » lions; cela, à notre avis, ne contribuerait pas peo à » amener toutes les Eglises de France à Tunité liturgique. > {Instructions et Mandements de Mgr. de Bordeaux, de » 1835 à 1850, in-8', 1850.)»

Nous aurons Toccasion de revenir plus tard sur cette idée de refondre le Bréviaire romain. Continuons notre histoire.

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