CHAPITRE XXXVI
Rétablitfsemeiit du romain à Bayonne, à Evrenx, à IVantes, à Aatnn, à Bleaux et à Ang^ers en i8&8.
I. Nous venons de voir ce qui s'était passé à Auch en 18S7 et 1859. Si nous n'avons pas pu fixer d'une manière positive répoque où ce diocèse a dû prendre le romain, nous n'éprouvons pas le même embarras vis-à-vis de RAYONNE. Nous savons de source certaine que la chose a eu lieu dans cette .Eglise te 1*' janvier 1858. Cest ainsi que l'avait réglé Mgr. Lacroix par Mandement du 6 décembre 1857, On a pris dans ce diocèse le chant de Reims. Quant au Propre, on a obtenu, à ce qu'il parait, le Propre du clergé romain lui-même, en y ajoutant, suivant un induit du 5 janvier i857, les saints Léon, évéque de Rayonne, Julien et Galacloire, évêques de Lescar, et Grat, évèque d'Oloron. Passons à un autre diocèse.
IL Mgr. de Ronnechose avait à peine terminé l'œuvre de la réforme liturgique à Carcassonne en 1855 qu'il se trouvait transféré an siège d'ÉVREUX. Aucun diocèse normand n'avait encore manifesté jusqu'alors la volonté d'adopter le romain; mais il ne pouvait convenir au Prélat zélé dont nous parlons d'y laisser longtemps les choses dans le statu quo. Au contraire, dès son arrivée dans sa nouvelle Eglise, il s'aboucha avec son Chapitre pour lui parler en faveur de la réforme; ce vénérable corps acquiesça unanimement à la proposition de son Evéque, et Mgr. déclara, à la retraite pastorale de 1856, que l'adoption de la liturgie romaine était de sa part une résolution arrêtée. Le 22 septembre de la même année, il écrivit à ses prêtres pour leur faire part de cette affaire. Déjà alors, le nouveau calendrier était préparé, et le Propre des saints en voie d'exécution; deux commissions s'occupaient en même temps du* choix des livres de chant et du GérémoniaL
Le 12 mars 1857, Mgr. annonçait par une nouvelle circulaire à son clei*gé son départ pour Rome. Il hâtait ce voyage en vue d'activer l'approbation du Propre d'Evreux, qui était déjà terminé et qu'il portait avec lui. Cette afiEaire, -disait-il, devient d'autant plus urgente que les fidèles répugnent, en vue de l'avenir, à acheter les livres actuellement en usage.
Deu^ moig aprè$. Mgr. était de retour, et, le 20 mai 1S57, il publiait une nouvelle lettre où il rendait compte de son voyage. Il disait à ses prêtres combien le Saiut-Père avait été sensible aux dispositions qu'ils avaient montrées pour le retour à la liturgie romaine (déjà rétablie à Evréux aprè^ le concile de Trente, selon sa circulaire du 12 qiars). a Ce retour, luoutait Mgr., est maintenant en France presque uo fait accompli, tant il y a peu de diocèses où il ne soit pas encore effectué* En qous cooforniant sur ce point aux intentions dy successeur de saint Pierre, non-* seulement nous ferons un acte méritoire de foi et d'obéis.sance, mais nous nous associerons au graad mouvement que la Providence elle-même imprime au monde où nous vivons. » Mgr. déclarait ensuite qu'il avait fait éliminer le Propre, et que, par rapport au chant qu'il av^it adopté, le chant de Dijon en tout semblable à celui de Digne, il avait acquis la certitude que ce chant, le plus en harmonie avec les habitudes de notre pays, est aus^ le même qui est en usage daos les basiliques de Rome, notamment dans celles de Saint-J^n-de-Latran et de Saiute*Marie-M^eure (i).
(1) M. f DoobQmmç, dans son livre des Principes, qso siffirmer que Mgr. d'Evreux a été induit en erreur quant au Graduel. Il n'y a évidemment, dit-il, entre le graduel de Paul V et autres suivis dans les deux ' b|isi)iqaçs qitées, et celui de Ballard reproduit k Dyon Qt à Digne, qQ'inn tr^s-fail)le ressemblance. On a exploité en eftet, pour rédition dés Uvre» de Digne, ceux de Ballard imprimés à Paris, en 1671, à l^yon en 1691^ à Grenoble en 1759 et à Avignon en 1788. M. J. Bonhomme ajoute que rédition de Reanei de 1853 se rattache également i la catégorie de» éditions de cbajit abrégé puisqu'elle a été faite sur celle de Nivers, imprimée par Ballard vers 1682. Quant à l'édition de Matines^ préparée par M. Duval, et publiée par Hanicq en 18(^8, c'est elle qui a reproduit le Graduel de Paul V, entrepris par Palestrina, et nuis au jour par
Enfin, le 37 décembre 1857, Mgr. publiait un Mandement pour déterminer l'époque du retour au romain. Il y disait que^ depuis plusieurs mois, on le sollicitait de toutes parts dans le diocèse d'opérer définitivement la transformation annoncée. En conséquence, il ordonnait que ]a liturgie romaine serait mise en vigueur dans le diocèse d'Evreux le dimanche de la Sainte-Trinité, 30 mai 1858, et qu'à compter de ce jour elle y serait obligatoire, Rituel et Cérémonial compris. On avait adopté le €érémonial-Levavasseur, édition de 1857. De plus, un double Ordo aHait paraître pour 1858, en sorte que les ecclésiastiques, qui désiraient réciter l'office romain en particulier depuis le premier janvier avec le Propre du diocèse, en auraient la facilité.
On voit' avec quelle rapidité l'affaire de la réforme liturgique a été conduite à Evreux par Mgr. de Bonnechose. Il est vrai qu'après sa translation à Rouen au conimencement de l'année 1858, on a fait une petite modification à son Ordonnance du 27 décembre 1857; mais le retard mis à son exécution complète a été très-court, et tout le diocèse devait être au romain le 29 août, au lieu du 30 mai fixé par Mgr. de Bonnechose. Nous retrouverons ce Prélat à Rouen où il a également effectué la réforme liturgique.
m. La Bretagne tout entière avait repris le romain dès 1846-48-50, à l'exception de NANTES, qui est resté, du reste, dans la province ecclésiastique de Tours, après Férection de Rennes en métropole. On avait annoncé cependant, déjà en 1852, que Mgr. de Nantes était résolu de revenir à la liturgie romaine, et qu'il en avait parlé dans ce sens, cette année-là même, à ses prêtres en retraite. Enfin, le 2 février 1858, ce Prélat lançait un Mandement qui rendait la réforme obligatoire dans tout son diocèse à partir de la fête de la Sainte-Trinité suivante; seulement
GioTanelU en 161^-15, véritable squelette de cbant. Pour ce qui regarde TAntiphonaire , Malines a reproduit celui de Venise de Lichtenstein 1579-80. Nous parlerons de tout cela dans notre Note sur le chant grégorien.
la cathédrale et le séminaire n'attendirent pas l'époque de
. rigueur ; ils prirent le romain le dimanche même de Pâques.
Nous ne citerons du Mandement de Mgr. Jacquemet qu'une seule phrase : a II est beau de voir les églises de France à la tin du XVP siècle entrer, à la voix des Pontifes, dans le' grand mouvement de. réforme, proclamer dans leurs conciles les règles liturgiques, et rendre au culte divin une splendeur lîouvdle. Quelque chose de semblable se passe de nos jours... Pie IX reprend Tœuvre de saint Pie y, etc. » ku reste, Mgr. traitait surtout, dans son Mandement, du Propre accordé à son diocèse, et il donnait là-dessus d'assez longs détails.
IV. Venons à AUTUN. A peine Mgr. de Mai^uerye en fut-il devenu Evéque qu'il 6t un voyage ad limina; c'était en 1852; le 19 mars, il promît au Saint-Père de s'occuper avec le plus grand intérêt de la réforme liturgique pour correspondre à ses désirs. Ce Prélat s'attendait à voir le second concile de Lyon, indiqué pour 1855, s'expliquer nettement en faveur de la liturgie romaine; mais 1 année 1854 était déjà commencée, et rien ne laissait soupçonner que ce concile dût se tenir bientôt. En conséquence, Mgr. de Marguerye s^ crut, dispensé d'en attendre les prescriptions; et, le 7 mars, il adressa à son clergé une circulaire où il déclarait sa volonté de rétablir dans son diocèse la liturgie romaine. « Voyant, dit-il, que des obstacles que nous n'avions pas prévus avaient décidé notre vénérable métropolitain à ajourner à une autre année la tenue de notre concile provincial , nous voulons mettre la main à une œuvre qui sera bénie de Dieu , et en préparer l'exécution avec fermeté et douceur. Si nous devons, ajoutait Mgr., nous mettre en garde contre l'esprit de système qui dénature ou exagère les questions les plus simples, nous dei^om aussi nous défier des tentatiçes de certains esprits, mécontents au fond de l'heureux et proindentiel mouvement qui nous rapproche plus intimement des doctrines et des usages de l'Eglise mère et maîtresse, et qui récent comme une réaction favorable aux prétendues
libertés nationales. Quant à nous, N. T. G. G., nous le proclamons hautement, nous ne voulons d'autres libertés que celles qui reçoivent la sanction du Vicaire de Jésus- Christ, lequel a reçu la pleine puissance de gouverner l'Eglise universelle. »
Déjà une commission avait été nommée pour travailler au Propre d'Autun. Mgr. espérait alors que ce Propre reviendrait de Rome à temps pour pouvoir inaugurer la liturgie romaine dans son séminaire à la rentrée de 185^, et rédiger VOrdo pour 1855 à l'usage des prêtres qui récitaient déjà le Bréviaire romain. Mais ce Propre ne fut terminé qu'en octobre 1855. Le 18 dudit mois, Mgr. convoqua son Chapitre qui avait donné précédemment son adhésioti au rétablissement de la liturgie romaine, et, dans cette assemblée, le travail de la commission fut adopté à l'unanimité. Le 17 avril 1856, Rome l'approuva, et, le 11 mai suivant, Mgr. le publia en assemblée capitulaire. Il fallait alors se ûxer sur le chant; une commission spéciale examina cette affaire et donna son avis en faveur du chant du P. Lambillotte.
Tout étant donc ainsi préparé, Mgr. fixa, par un dernier Mandement relatif à la matière, le retour du diocèse au romain pour le premier dimanche de TAvent 1858. Dans ce Mandement, on trouve, entre autres choses, des détails très-étendus sur les changements opérés dans la liturgie des Irois diocèses d'Autun, de Chalon-sur-Saône et de Màcon depuis l'invention de l'imprimerie.
Autun avait conservé au commencement du XVIP siècle son ancienne liturgie, presque toute romaine, imprimée pour la première fois sous le Cardinal Rolin; mais, en 1700, Mgr. de Roquette l'avait abandonnée pour prendre le romain pur, avec un Propre revu par Tillemont.
A Châlon, Mgr. André de Poupet avait fait imprimer la litui^e de son Eglise en 1487 et 1500; mais Cyrus de Thyard avait adopté vers 1600 leS livres de saint Pie V, et Mgr. de Neufchèze, en 1653, le Rituel de Paul V.
Enfin, Gaspard Dinet, évéque de Màcon, avait aussi pris
le romain pur en 1612, et Michel de Colbert y avait ajouté un Propre vers 1670. Mâcon était resté en cet état, c'esirà* dire romain, jusqu'à la Révolution; mais Mgr. de Montcley avait donné un nouveau bréviaire à Autun ^i 1728, et Mgr. de Rochefort d*Ally toute une liturgie nouvelle à Cbàlonen 1765.
Mgr. de Marguerye, tout en avouant que ces deux Pré* lats avaient dépassé les limites de leur pouvoir liturgique, les excuse à cause du courant d'idées qui dominait à leur époque. « Il faut bien en convenir, dit-il, le sens ca^Aolique et le goût chrétien avaient subi une déplorable altération depuis l'enthousiasme exagéré pour ce qu'on a appelé la Renaissance. Le culte de la forme fit perdre aux arts, à rarcbitecture, à la peinture, aux mélodies même de la prière, leu/r aspiration mystérieuse vers le ciel, et la liturgie romaine des âges de foi fut traitée comme nos cathédrales gothiques, ces chefs-d'osuvre du génie inspiré de nos Pères. »
Dans un autre endroit, interprétant les désirs du Souverain-Pontife, il dit que sa voix au>guste a été écoutée avec d'autant plus de respect et d'amour, qu'elle demandait au lieu de commander, et qu'elle faisait appel à la piété filiale des évèques, au lieu d'imposer, comme elle en avait le droit,, un devoir à leur obéissance.
Nous terminons là nos extraits du Mandement d'Autun, pour parler d'une Eglise qui a opéré la réforme liturgique à la même époque.
V. Mgr. de MEAUX avait fait le voyage de Rome la même année que Mgr. d' Autun, c*est*à-dire en 1852, et, le Saint-Père lui ayant exprimé les mêmes désirs, il avait foit de son côté les mêmes promesses.
Cinq ans après, il retournait à la Ville éternelle rendre compte au Pape de sa conduite en cette matière. Le vénérable Chapitre de Meaux avait donné sçn adhésion unanime et spontanée au projet de^ retour. Tout le clergé du diocèse était dans les mêmes sentiments de respectueuse soumission à Tautorité du Saint-Siège. Mgr. AlUm avait vu avec sa-
ti^uctian les directmrs et le$ jeunes clercs de son grand séminaire, ainsi que d'oMtrës ecclésiastiqiAes , prendre spontanément le Bréviaire romain qui était devenu, pa/r le fait, celui d'une portion oonsidérable du clergé. Déjà le Propre avait été approuvé par le Saint-Siège. Une eommîfisioD s'était occupée du chant; elle n'avait pas, dit Mgr., à $e jeter dans la discussion des titres plus ou moins contesiables des diverses éditions du chant dit grégorien, ni dans un examen approfondi de leur mérite respectif ; elle devait simplement proposer l'adoption d'un chant qui ne serait pas trop difGcile à exécuter; c'est le chant du P. Lam* billotte qui a été préféré par la majorité, la généralité presque, des conférences ecclésiastiques consultées à ce sujet.
Le temps était donc venu de mettre un terme à un état de choses essentiellement provisoire, et de consommer la transition qui se faisait au rit romain sans bruit, comme sans contrainte, par une suite naturelle du progrès des idées et de la direction imprimée aux études ecciéstostiques. Aussi, Mgr., reconnaissant que c'était un devoir pour lui, qui connaissait les intentions formelles du Pontife suprême, de revenir à la liturgie de l'Eglise mère et maîtresse, à cette liturgie vénérable dont les titres et les droits ne se discutent pas plus que ceux de l'Eglise ronuiine eUemême, arrêtait par Mandement que le rit romain serait obligatoire en tout et partout dans son diocèse à dater du !•' dimanche de TAvent 1858.
Il exposait encore, dans ce Mandement, divers avantages de la liturgie romaine, la seule qui ait reçu, avec la consécration du temps, l'approbation de l'autorité légitime, et qui, participant de l'infaillibilité de la chaire apostolique, soit à l'abri de toute erreur et de toute vicissitude; il gloriGait la beauté liturgique des livres romains, qui n'ont pas pour but de satisfaire la curiosité de notre esprit et la . délicatesse de notre goût, mais de répondre aux besoins de notre cœur; il prenait même la défense des légendes romaines, choisies avec un discernement consciencieux et si
belles que quelques esprits raisonneurs n'avaient va dans leurs merveilles, depuis reconnues authentiques, qu'un idéal proposé à notre admiration.
Parlant aussi des liturgies refondues au XVIIP siècle, il faisait remarquer que leur valeur intrinsèque, quelle qu'elle pût être, ne pouvait en couvrir le vice radical, c'est-à-dire, l'origine récente et le défaut d'autorité. Jusqu'à la fin du XVIP siècle, ajoutait-il, on avait respecté le principe d'unité, appliqué sous Charlemagne et consacré de nouveau par saint Pie V; en France, sur cent trente diocèses, on en comptait à peine six à cette époque qui n'eussent pas, sous un titre quelconque, l'ensemble à peu près complet de la liturgie romaine. Pour ce qui regarde Meaux, la liturgie que lui donna Dominique Séguier, en 16^0 et 16^i2, était presque toute romaine; malheureusement, elle était devenue autant meldoise que romaine par le remaniement qu'on en fit sous répiscopat du Cardinal.de flissy en 1709 et 1715. Monseigneur sgoute, à cette occasion, une grande note historique sur la liturgie de Mcaux.
Il y parle l"* du *Missel imprimé en 1492 sous Jean Lhuillier, lequel rendait les principaux offices du romain avec une fidélité parfaite; T du bréviaire de Jean de Buz, imprimé en 1546, ayant la même distribution du Psautier que le romtiin; y du missel de Louis de Brézé imprimé en 1556, reproduisant assez exactement cehii de 1492; U^ du bréviaire de D. Séguier en 1640, suivi du missel en 1642. La préface de ce brcviaire"^ déclare que Mgr. s'est appliqué, autant qu'il a pu, à donner à son diocèse la formule de prier commune à toute l'Eglise; il a donc corrigé le bréviaire et Ta rendu autant que possible conforme au romain, sans sacrifier néanmoins le droit ancien de son église à avoir son office. Le titre même, soit du bréviaire, soit du missel de D. Séguier, indique qu'ils ont été ramenés à la forme du saint concile de Trente; et il en fut de même du rituel en 1645; S"" du missel du cardinal de Bissy publié en 1709 et de son bréviaire de 1713. Le bréviaire surtout fut soumis à une réforme complète, et la disposition romaine
du Psautier fut abandounée; 6"" de la transformation dernière de la liturgie meldoise, terminée par Mgr. Gallard en 183^ pour le bréviaire et en 1836 pour le missel et le rituel. Passons à une autre église.
XI. L'Evêque D'ANGERS, Mgr. Angebault, avait depuis pjusieurs années déjà adopté en principe la liturgie romaine, et il y avait plus d'un an qu^il possédait son Propre, approuvé à la date du 17 juin 1857, lorsqu'enfin le 2 novembre 1858, il publia un Mandement ps^r lequel il fixait le retour, pour Angers même, à TAvent 1858, et, pour le reste du diocèse, à Pâques 1859 au plus tard. Nous lui emprunterons la notion suivante de la liturgie.
« La liturgie embrasse tout le culte divin, toutes les formules et les cérémonies qui constituent et accompagnent Toblation du saint sacrifice, l'administration des sacrements et l'accomplissement du grand devoir de la prière publique. La liturgie romaine est donc cet ensemble de prières, de symboles et de cérémonies, recueilli, gardé et consacré, depuis les temps apostoliques jusqu'à nos jours, par l'autorité souveraine des successeurs de Pierre, ces Pontifes augustes qui ont reçu la promesse de l'infaillibilité; et nous devons la reconnaître et la vénérer comme le premier et le plus ancien monument de la^ tradition chrétienne. »
Parlant d'Angers, Mgr. déclare que « ce ne fut qu'au XVIIP siècle que ce diocèse, suivant un mouvement à peu près général, abandonna en grande partie la liturgie romaine pour se créer une liturgie particulière, changée encore et remplacée dans ces derniers temps par le rit parisien. » Il est à remarquer cependant qu'Angers n'avait pas pris le romain pur de saint Pie V; il s'en était rapproché seulement en 1620; mais cette liturgie, avant d'être transformée selon les idées du temps par Mgr. de Vaugirauld en 1737, était assez romaine pour que Mgr. ajoute : a Ce n'est point une liturgie nouvelle et étrangère que nous adoptons, mais bien un héritage de famille dans lequel nous rentrons. N'est-ce pas en effet la liturgie qu'ont eue nos ancêtres, la liturgie que le diocèse d'Angers a suivie longtemps? »
— 3»2 — Mgr. termine à peu près comme il suit : i Maintenant, il BOUS reste un vœu à former. Ah! nom ne voulons point V07ÂS dire : que ee changement ne ixms détourne pas des divins offices ! car loin de nous une telle appréhension; elle nous semblerait injurieuse pour la sainte Eglise et pour votre foi. Mais, bien plutôt, nous vous dirons : Puisse ce retour à la litui^ie romaine être pour vous une occasion et un motif puissant de vous presser plus nombreux et plus assidus autour des saints autels! Puisse aussi cette unité parjbite avec Pierre nous attacher tous d'une manière plus étroite et plus indissoluble à cette Eglise qui est la colonne et le soutien de la vérité, à cette Chaire apostolique qui, an milieu des disputes et des révolutions du monde, demeure le roc imnroable contre lequel \es flots ennemis viendront toujours se briser sans Tébranler jamais! »