CHAPITRE XXXIX
IVaBey, ToaloiMe et Roaea adopteat le romain en t86i. Ce qv^il tmmt peuffev de filles et de BayeiUK.
I. Le 8 février 1857, Mgr, Menjaud, alors évêque de NANCY, piibUail un Mandement où il déclarail adopter en priiicipc la liturgie romaine. On lit, dans cet acte, qu'un grand nombre de paroisses se trouvaient alors obérées par Tacquisilion encore récente de livres diocésains réimprimés n'a guère à grands frais; néanmoins, le spectacle de Taction de la Providence qui amène toute diversité à s'eflaeer d'elle-même à mesure que les distances se rapprochent et que les communications deviennent plus rapides, et celui des Eglises de France renonçant successivement à leur liturgie propre pour réaliser peu à peu la grande unité qu'avaient autrefois poursuivie de touX leur zèle Charlemagne et saint Grégoire VII, agissaient sur Tesprit de Monseigneur; plus d'une fois il avait exposé au représentant du Vicaire de Jésus-Christ les difficultés qui l'arrêtaient, et, chaque fois, il avait reçu à cet égard l'expression la plus claire des vœux du chef de l'Eglise.
Il n'hésite donc plus, a Nous ne nous sommes point hâté, dit-il, nous n'avons point cédé à un entraînement irréfléchi, mais nous avons agi avec toute la prudence et la discrétion possibles. Ah! pourquoi, dans le siècle dernier, a-t-on bouleversé arbitrairement, et sans ménagement pour l'antiquité de nos rites, notre ancienne liturgie autorisée par le concile de Trente, et presque entièrement semblable à celle que nous allons adopter? »
Le Toullois dont parle ici Monseigneur avait été réformé à la mode du temps sous Mgr. Begon en 1748; Nancy, il est vrai, avait dû prendre le romain lors de son érection en
siège épiscopal en .1777, mais le Toullois lui avait été renda en 1780.
Monseigneur, parlant ensuite de la crainte que Ton pour^ rait avoir que le changement de liturgie ne causât quelque détriment à la piété, rassurait les esprits sur ce point, à la suite de plusieurs de ses collègues;' loin de craindre que par là la foi s'affaiblit dans les âmes et que la chanté s'amoindrit dans les cœurs, il disait au contraire ces paroles remar« quables : « Nous a^ons le doux espoir qu'en nous rappro^ chant plus encore du sein de notre mère, nou^ y puiserons plus abondamment la vie qui nom échappe de toutes parts, comme dans le rameau placé plus près d'un tronc vigoureux circule généreusement une sève plus riche et plus vivifiante. » Puis, après avoir fait ressortir les caractères propres de la liturgie romaine, la vérité, Timmutabililé, l'universalité, il s'écriait : Qu'importe alors la question d'art?
Enfin, il terminait ainsi : « Unis intérieurement par la foi, rallions*nous donc extérieurement par l'unilé des formes à cette Eglise romaine, seule indéfectible; et faisons disparaître cette variété sou^nt inexplicable aux fidèles qui, passant d'un diocèse dans un autre, ont peine à cornprendre comment, non-seulement dans un royaume, mais encore dans une province ecclésiastique, tout en professant les mêmes dogmes, on ne s'accorde point dans la manifestation de ces mêmes croyances. Enlacés (dès lors) plus étroitement â cet arbre de l'Eglise que les orages les plus impétueux ne font qu'enraciner plus profondément, assis plus solidement sur ce roc de Pierre, contre la base inébranlable duquel se brisent impuissantes depuis dix^huit siècles les vagues amoncelées de Terreur, nous resterons calmes et impassibles au milieu des tempêtes que peut soulever encore, plus violentes que jamais, le vent des variations de l'esprit humain. »
Voilà des paroles qu'il fallait évidemment conserver; passons aux actes. Mgr. Menjaud annonçait, dans son Mandement, une Commission qu'il devait nommer pour orga-
— 5S6 — niser Taffaire de la réforme, et, spccialeAient, pour composer le Propre. Ce Propre terminé parlait pour Rome en novembre 1858; on en retranchait, comme nous l'avons dit, les hymnes de Sanleuil ; enOn, Monseigneur était sur le point de fixer, pour le retour à la liturgie romaine, TAvent i859 à son séminaire, Pâques 1860 à sa cathédrale, et TAvent suivant au reste du diocèse, lorsqu'il se vit transféré en 1859 au siège archiépiscopal de Bourges où il vient de mourir tout récemment. Il était donc réservé à Mgr. Darboy, son successeur, de mettre la dernière main à cette affaire. Or un jour, à l'occasion des prières qu'il avait à prescrire pour le Saint-Père, ce nouvel Evéque déclara que rien ne s'opposait plus au retour en question, puisque le Propre et le chant avaient été réglés, et les mesures prises pour que les livres convenables fussent rais sans retard entre les mains du clergé et des Qdèles ; il décidait en conséquence que la liturgie romaine serait obligatoire dans tout son diocèse à partir du 1" janvier 1861 .
II. Mgr. Desprez, Archevêque de TOULOUSE, s'occupait aussi de rendre le même service à son diocèse. Nous avons raconté, dans notre Histoire, toutes les luttes que Mgr. d'Astros, en son vivant Archevêque de Toulouse, avait entreprises pour défendre les liturgies françaises, la parisienne surtout; on sait même avec quelle ardeur juvénile et au bruit de quels a|)plaudissements éphémères ce vénérable Prélat avait combattu l'œuvre providentielle de la réforme liturgique romaine. Il mourait Cardinal en 1851, et se trouvait remplacé par Mgr. Mioland qu'il avait tiré lui-même d'Amiens en 1849 pour en faire son coadjuteur. Ce nouvel Archevêque ne crut pas pouvoir s'empêcher de prendre part au mouvement universel, malgré le silence gardé sur ce point par le concile de Toulouse de 1850 auquel il avait assisté, pour ne pas dire présidé. De concert donc avec son Chapitre, il avait fait préparer le Propre diocésain par une Commission spéciale; il avait même fait travailler à un chant particulier. La chose avait été poussée jusqu'au point que VUni^rs, dans son numéro du 18 sep-
lembre 1857, ne craignait pas d'annoncer qu'on était à la veille de reprendre à Toulouse la liturgie romaine. Mais la mort devait emporter Mgr. Mioland avant l'achèvement de cette œuvre.
Mgr. Desprez, lui ayant succédé en 1859, s'occupa aussitôt de terminer l'affaire. Ce Prélat aurait bien voulu qu'on renonçât au projet de conserver le chant toulousain appliqué par son prédécesseur aux livres romains; il offrit même Irenle mille francs à Timprimeur des nouveaux livres de chant pour le déterminera abandonner l'édition commencée; mais il ne gagna rien. Il eut beau, d'un autre côté, communiquer à la Commission de Toulouse un Mémoire, composé par M. Aloys Kunc, maître de chapelle de la métropole d'Auch, contre le projet de cette Commission, rien n'y fit; au contraire, un des membres de la Commission toulousaine, M. l'abbé Ferai, se permit d'opposer au Mémoire confidentiel de M. A. Kunc une réfutation publique intitulée : Le chant du diocèse de Toulouse vengé de ses ennemis. Nous raconterons tous ces faits et d'autres encore, où la Commission de Digne se trouva mêlée, à la fin de notre Note sur le chant liturgique. Disons seulement ici que Mgr. Desprez se décida enfin, comme il le raconte luimême dans son Mandement du lï septembre 1860, à respecter l'œuvre faite par la Commission chargée de conserver le chant toulousain, et à accepter la solution de la question telle qu'on la lui avait transmise, quoiqu'il lui en coûtât d'imposer silence à son affection pour ménager celle de ses prêtres; a nous avons fait, leur disait-il, toutes les concessions possibles à notre conscience, pour vous rendre l'obéissance facile. >>
Dans ce même Mandement, dont nous avons déjà rapporté un extrait page 65 de notre Entretien, Monseigneur développait quelques notions historiques à titre d'éclaircissement et d'exhortation. Ce n'était pas un thème d'argumentation qu'il voulait proposer à son clergé, puisqu'il lui demandait un acte de foi et de soumission, mais il croyait ces détails utiles. Il rappelait donc à ses prêtres les conciles
de Toulouse de 1590 et de Narbonoe de 1609, pour eo conclure qu'il u'élait plus permis aux diocèses de la province actuelle de Toulouse de revenir, à leurs aucteones liturgies, et bien moins encore de s'en créer de nouvelles. C*csl cependant ce qu'avait fait Mgr. Loménic de Brienne, Archevêque de Toulouse, malgré les réclamations pleines d'inquiétude et d'énergie qui lui furent adressées de tous les points du diocèse... Dans des temps plus rapprochés de nous, ajoute Monseigneur, un mouvement de retour vers l'unité liturgique s'est fortement prononcé, et ce mouvement s'est tellement accéléré qu'au jour oii nous vous parlons, sauf quelques rares exceptions qui ne tarderont pas à disparaître, les diocèses de France forment un magniûque ensemble de fidélité et d'attachement à la liturgie romaine. « Nous sommes, conclut-il, matériellement prêts à entrer dans ce mouvement si édifiant (le Propre préparé par Mgr. Mioland avait été approuvé, et les livres de chant étaient imprimés), et nous estimons dès lors que le moment est venu d'exécuter la réforme préparée. En sacrifiant le rit dans lequel vous avez été élevés pour retirer dans le droit, nous déclarons hautement que nous cédons à un esprit de foi, de charité et d*obéissance.
Monseigneur déclarait ensuite que le retour au romain serait obligatoire le l"**^ janvier 1861. La chose cependant ne put pas se faire à cette époque; c'est pourquoi Mgr. Desprez, revenant dans son Mandement de Carême 1861 sur la même question, disait de nouveau à sou peuple : « Mgr. de Brienne, s'inspirant des idées philosophiques de l'époque, répudia le rit romain de saint Pie V, et donna tous ses soips à l'organisation radicale et complète d'une liturgie particulière. Il oubliait qu'un Evéque n'a pas le droit, de son autorité privée, de substituer un rit nouveau au rit de l'Eglise catholique, qu'il n'y peut même pas introduire de changements quelque légers qu'ils soient. Le droit d'établir ou de modifier la liturgie n'appartient qu'au Pontife romain; lui seul a le pouvoir de décider les questions de foi ; or la liturgie est essentiellement du ressort de
~ 359 — la foi... Notrè-Seigneur a bien établi les évéques juges dans la foi ; mais il ne leur a pas donné le droit de la définir, ni de régler la manière de la professer... L'Eglise de Toulouse d(»t donc revenir à Tunité de la prière publique, image si heureuse et si fidèle d'une commune croyance... Si» autrefois, dans les jours heureux que Dieu avait voulu faire à Pie IX, la parole de ce Pontife, quoique respectée et obéie, n'avait pu cependant amener tous ses enfants à s'unir dans la même prière, il semble, N. T. G. F., que la Providence ait soulevé des orages autour de lui pour que sa voix nous parût plus émouvante et nous entraînât sans résistance à cette unité liturgique tant désirée... Le diocèse de Toulouse ne devait pas être le dernier dans son obéissance. »
En conséquence, Monseigneur déclarait la liturgie romaine obligatoire à partir du saint jour de Pâques.
Que l'on nous permette de signaler encore ici une circulaire adressée par Mgr. Desprez à son clergé à l'occasion de la retraite ecclésiastique de 1861. Cette circulaire est datée du 14 septembre. Monseigneur y pafle encore de liturgie, mais spécialement du rituel et du cérémonial. Il déclar-e que le Rituel romain, qui fait partie intégrante de la liturgie romaine, doit être seul suivi en toutes les choses qu'il prescrit ou qu'il réprouve, et que, s'il n'est pas permis d'en rien omettre ou changer, il ne l'est pas non plus d'y rien jouter. Ni le droit ni la coutume n'autorisent à le Taire. Parlant de la coutume. Monseigneur distingue entre celle qui est contra legem, et celle qui est prœter legem. Quant à la première, elle ne peut jamais prévaloir contre les pres^ criptions en matière de liturgie^; les déclarations des Souverains-Pontifes sont formelles à cet égard ; le Cérémonial admet, il est vrai, les coutumes contraires, mais à condition qu'elles soient louables et immémoriales; or les nôtres n'ont pas ce caractère. En quoi sont-elles louables, c'est-àdire, importent-elles à la splendeur du culte divin? Du reste, elles ne sont pas immémoriales, puisqu'elles ne datent que d'hier la plupart. Nous ne pouvons donc nous préva-
loir d'aucune coutume, qui soit contra legem, ou contraire à une prescription quelconque des livres liturgiques romains, Missel, Bréviaire, Ponliflcal, Rituel et Cérémonial. Il ne peut dès lors être question que d'usages prœter l^em; or, quant à ceux-ci, Monseigneur ne demande pas mieux que de les accueillir, s'ils sont anciens et louables; et il va en effet soumettre à Tautorité du Saint-Siège les formules de bénédictions et autres pratiques, dont les conférences ecclésiastiques ont désiré le maintien. Une fois approuvés, dit-il, ces rites particuliers seront dans le rituel et lé cérémonial, ce qu'est le Propre diocésain dans le missel et le bréviaire, un supplément légitime. En attendant, conformément aux biem^eillantes dispositions du Sowerain-Pontife, il autorise ses prêtres à prendre dans l'ancien rituel les prières et formules qui leur seraient nécessaires pour Texercice du saint ministère , .et qui font défaut dans le Rituel romxiin*
Monseigneur remarque, au reste, qu'il faut distinguer entre les rubriques prescriptives ou simplement directives, celles-ci n'étant que Mes conseils. Il engage vivement à suivre ces conseils; néanmoins il n'en fait pas des lois, et il laisse à leur égard la même liberté que l'Eglise. Mais comment distinguer les lois des conseils, dans le Cérémonial, par.exemple, adopté pour le diocèse? Monseigneur dit à ce sujet que Ton y a indiqué avec soin les sources et les autorités où Ton a puisé. Or, ajoute-t-il, tout ce qui est extrait des livres liturgiques eux-mêmes, du missel, du bréviaire, du rituel et du cérémonial des évéques, ainsi que des décrets de la sacrée Congrégation des Rites ; ensuite tout ce qui est donné par tous les auteurs comme une conséquence certaine et évidente des règles authentiques; enfin, les points que TEvêque lui-même aurait cru devoir spécialement déterminer, tout cela forme la loi. Le reste est de conseil ou de direction.
On voit avec quelle sagesse Mgr. Desprez a réglé dans son diocèse tout ce qui se rattache à la grande loi liturgique. Mais nous n6 devons pas passer ici sous silence un
avis très-important donné par ce Prélat à son clergé; il exposait ainsi le mal qu'il entendait guérir, a On recueille au hasard un mot venu on ne sait d*où; Timaginalion s'en empare, le travaille et en fait éclore des nouvelles fabuleuses. Ces nouvelles, qui bientôt deviennent authentiques, sont des bases sur lesquelles on établit avec assurance des appréciations, des jugements au sujet d'un acte administratif, d'une décision déjà prise ou qui du moins le sera bientôt. Or tout cet édiûce s'est élevé sur un mot qui n'a même pas été prononcé.
« Gardons-nous donc, N. T. C. C, d'une trop grande facilité à croire, et ne laissons pénétrer dans le monde ecclésiastique où nous vivons que des choses sérieuses et certaines. Les Mandements et les circulaires vous feront connaître nos pensées et nos décisions; c'est là le seul organe officiel auqvsl vous denez ajouter foi, »
Qu'aurait pensé Mgr. l'Archevêque de Toulouse d'un pays où les cancans ne servent pas seulement de base à des appréciations et à des jugements, mais à des actes trèsgraves? C'est avec eux qu'on forme sa conscience, pour échapper à un devoir que l'on regarde comme pénible; tout comme on voit quelquefois les lettres de compliment substituées aux lettres d'affaires, pour servir de règle de conduite dans les circonstances les plus importantes. Gardez-vous, cher lecteur, de rendre le salut à tel de vos débiteurs que vous connaissez, car il en conclurait qu'il ne vous doit plus rien; et, si quelqu'un osait prétendre que vous lui réclamez quelque chose, il arguerait hautement de votre politesse pour prouver qu1l n'en est rien. Ainsi va le monde.
ni. Nous devons terminer notre compte-rendu des diocèses qui ont déjà opéré chez eux la réforme liturgique par une l^lise qui a repris le rit romain, pour l'office privé, à la Sainte-Trinité 1861, et, pour l'office public, le dimanche du Saint-Rosaire. Il s'agit de ROUEN. Nous avons raconté déjà ce qu'avait fait Mgr. de Bailleul en 1856; sans doute qu'avant de se démettre de son siège, il avait réalisé son
projet d'introduire le romain dans son grand séminaire;
va
mais il devait laisser à sod successeur le soin d'y astreindre tout le diocèse. Mgr. de Bonnecbose a donc pris Tqffaireen main, et, par Mandement du 22 février 1861, il a fixé les deux époques que nous avons signalées plus haut pour effectuer la réforme. Ce Prélat a adopté pour son Eglise le Cérémonial de Tabbé Falise , 3* édition , et les livres de chant particulier imprimés par M. Fleury, libraire, avec son approbation. Dans un article sur le chant, imprimé par la Revue de M. Bouix en novembre 1861, M. Jules Bonhomme a parlé de cet essai fait à Rouen d'une édition particulière; il regrette cet acte, en remarquant toutefois que, a si Ton n'a pas marché à Rouen dans le sens de la restauration du plain-chant par l'antiquité, on n'a pas précisément reculé, » puisqu'on a reproduit généralement, à ee qu'il lui semble, l'édition de Dijon. Ceci est-il bien sûr?
Pour revenir au Mandement de Mgr. de Bonoechose, on y lit que, déjà en 1850, l'illustre Cardinal de Croï, tout semblable en cela au Cardinal de Rohan alors Archevêque de Besançon, avait exprimé la volonté de rétablir à Rouen la liturgie romaine; mais il ne put réussir, et peut-être son projet donna-t-il occasion ù M. M... de publier sa Dissertation, déjà tant citée, en faveur de la liturgie-Robinet.
Mgr. de Bonnechose atteste encore que déjà soixantetreize diocèses français sont au romain ; Mgr. de Toulouse avant lui en comptait soixante-douze, et il affirmait que les autres avaient promis d'accepter cette liturgie dans des limites de temps assez peu éloignées; Mgr. de Rouen va plus loin, et il suppose qu'elles ont tout préparé pour y arriver. Ici nous dirons encore une fois comme Pie IX : Faocit Demt
Parlant spécialement de la Normandie, Mgr. de Bonnechose ajoutait : « Encore bien peu de temps, et cette province tout entière aura repris l'antique liturgie de nos aïeux, et offrira, en resserrant ses liens avec la chaire de Pierre, une consolation nouvelle au Père commun des fidèles aujourd'hui si cruellement affligé. »
Jusqu'à présent nous n'avons vu la liturgie romaine ré-
tablie que dans les diocèses normands d'Evrcux, de Coutances et de Rouen ; il resterait donc Bayeux et Séez.
IV. Pour ce qui regarde SÉEZ, nous savons, à n'en pouvoir douter, que depuis longtemps déjà il a reçu son Propre approuvé, et que le retour au romain s'est fait dans ce diocèse dans des conditions toutes particulières. Déjà en 1852, la Coirespondance-Saint-Chéron et, après elle, VUniçers du 25 juillet annonçaient qu*on s'occupait de la réforme liturgique à Séez; nous avons lu, depuis, dans VVniçers du 99 juin 1857, que Mgr. Rousselet, ayant fait le voyagé de Rome cette ann^-là, en avait rapporté son Propre diocésain approuvé, oc qui faisait espérer pour un avenir prochain, disait le correspondant du journal, l'inauguration de la lituiigie romaine que le dergé et les fidèles appelaient de tous leurs vœux. Tout récemment encore, nous lisions une annonce oà l'on disait que Séez avait adopté le chant romain traditionnel en France, ou, si Ton veut, celui de Digne. Mais aueun Mandement, que nous sachions, n*a été donné pour régler définitivement l'afTaire. Cependant, ni Mgr. de Gonny n'a compté en 1859 Séez parmi les diocèses retardataires, ni Mgr. de Bonneebose ne nous permet de révoquer en doute l'adoption du ramain à Séez comme étant un fait consommé.
Il y a plus, oe dernier Prélat nous a donné à entendre que BAYEUX lui-même ne tarderait pas à consoler le Père commun des fidèles par son retour à la litui^ie romaine; ce qu'iï y a de sâr, c'est que Mgr. de Conny comptait déjà en 1859 ce diocèse parmi ceux qui avaient annoncé leur retour; rous savons de plus que Mgr. de Bayeux a fait le voyage de Rome en juillet 1860, ce qui nous fait supposer que peut-être il en a rapporté son Propre diocésain approuvé, et que sous peu il établira la réforme.
Mais nous ferons connaître plus tard les quelques dio« cèses français qui sont encore, à l'heure qu'il est, en dehors de l'unité liturgique. Nous devons auparavant revenir eh quelque sorte sur nos pas pour rendre compte à nos lecteurs de certaines publications très -importantes sur la liturgie en général et sur celle de Lyon en particulier.