‹ Études liturgiquesChapitre 57 sur 63 · CXXXIV · texte numérisé non relu

CXXXIV

produisit son fruit; les dissidents de Senepjac firent leur soumission le SO mai suivant»

Dans le diocèse de Poitiers, au contraire, le schisme n*est pas encore éteint. Les partisans de la Petite-Eglise qui y jestent appartiennent à des cantons démembrés de l'ancien diocèse de La Rochelle. Mgr. de Bouille, Evèque de Poitiers, après avoir fait tous ses efforts depuis sa prise de possession ea 4849 pour engager les prêtres anti-concordataires à se soumettre , en interdit' nommément onze, le 24 juillet 4820, et, le 8 août suivant, il écrivit aa Pape pour lui soumettre la sentence qu'il avait portée et les règles qu'il suivait, tant à Tégard des prêtres dissidents que des fidèles de leur parti. Pie YIl, par un Bref du 26 septembre, approuva et

même temps les motifs graves de ces réclamations. M. Dupin nous parait donc s'être trompé quand il dit dans sa défense des Articles organiques, que Pie VU n'en a jamais désigné que treize comme contraires aux lois et à la doctrine de TEglise, savoir, les articles 1 , 3, 5, 6, 9, 10, 1 1, 16, SO, 2i^, 59, &1 , ti5, AS, 50, tt5K. La lettre du Cardinal Caprara en signale véritablement dix-neuf; huit dont parle M. Dupin, et onze autres sur lesquels il garde le silence. D'un autre côté, M. Dupin suppose que le Saint-Siège a réclamé spécialement contre huit articles dont il n'est pas fait mention dans la lettre-Caprara, savoir, les articles 16, 20, 59, lit, kZ, tô, 50 el 52 ; cela ferait dès-lors seize articles et non treize vraiment désapprouvés. Nous ignorons où M. Dupin a pris des renseignements sur ce point ; ce que nous savons, c'est que Napoléon lui-même modifia en 1810, sur la demanded'une commission ecclésiastique qu'il avait instituée, les articles 1,16 et 56; quand à l'article 59, signalé par M. Dupin comme ayant donné lieu à des réclamations, c'est celui qui stipulait l'unité de liturgie et de catéchisme en France. Or, pour ce qui regarde l'unité de catéchisme, elle fut réalisée en 1806 par la publication du catéchisme de l'empire, autorisé par le Cardinal Caprara. Il eût été à désirer, selon nous, que l'on respectât plus tard cette unité, sauf à faire, dans le catéchisme de l'empire, les corrections nécessaires.

Mais ce n'est pas seulement au Pape que les Articles organiques eurent le malheur de déplaire. Dans les instructions données par M. de Talleyrand à Mgr. de Frcssigny, pour la négociation d'un nouveau Concordat au nom de Louis XVlll, on se plaignait notamment de ce que le gouvernement impérial avait maintenu c ces lois, qnoique le Pape les déclarât contraires à la liberté et même aux principes du culte; • on demandait donc lenr suppression totale, et, en effet, dans le troisième article du concordat signé le 25 août 1816, les articles organiques furent déclarés abrogés d'une manière pure et simple. Malheureusement ce concordat fut non-avenu ; mais pourquoi celui du 11 juin 1817 ne maintint-il pas cette disposition absolue? 11 faut touterois lui savoir gré d'avoir supprimé ces articles « en ce qu'ils ont de êontraire à la doctrine et aux lois de l'Eglise. » C'est à quoi ne font sans doute pas attention ceux qui regardent toujours les articles organiques comme taisant loi en France selon leur ancienne forme et teneur. On aurait dû évideounent les modifier, de concert avec l'Ëglise» pour les considérer comme capables de lier les consciences ecclésiastiques, et, puisque M. Dupin luimême en indiquait 13 ou 16 déclarés par le Pape contraires aux lois et à la doctrine de L'Eglise, pourquoi ne pas supprimer au moins ceux-là?

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la senteDce et les règles de l'Evéque , déclarant les nouveaiùc sectaires manifestement schismaliques. Mgr. de Bouille publia la réponse <iu Pape le 26 octobre par un mandement où il exhortait les dissidents à ouvrir les yeux. Mais, le 2 décembre, les ministres de Louis XVIII , dit Robrbacber, supprimèrent tout à la fois le mandement et le Bref, en vertu des libertés de TEglise gallicane.

Gela n*empècha pas Léon XII d'adresser aux mêmes dissidents une lettre en vue de les ramener, à Toccasion du grand jubilé de 1826. Grégoire XVI fit un nouvel essai du même genre, quand il donna le jubilé de son avènement au souverain pontificat. Mgr. de Villecourt, Evèque de la Rochelle, reçut communication de la même lettre, et il la publia dans son diocèse à son retour de Rome en 4S44.

Mgr. Pie, évêque actuel de Poitiers, a fait de nouveaux efforts pour ramener les dissidents lors du jubilé de \ 854 . Dans la lettre pastorale qu'il leur adressa alors, après leur avoir rappelé les faits précédents, il leur disait en particulier que Mgr. de Coucy, leur ancien évéque avant la révolution, avait formellement déclaré, lorsqu^il occupait le siège de Reims sous la Restauration, n'avoir jamais approuvé Texcès de leur révolte. Mgr. Pie ajoutait qu'ils n'avaient donc plus d'évéques, pas même de prêtres, à part un ou deux octogénaires; et que, chose inouïe, c'étaient des femmes ou de simples laïques qui présidaient leurs assemblées, où Ton n'offrait plus le saint sacrifice.

En 1853, Mgr. Pie revenait encore à la charge; dans une nouvelle lettre pastorale aux mêmes dissidents , il racontait que ceux de Courlay avaient fini par se recruter d'un mauvais prêtre interdit; il croyait donc devoir menacer les rebelles d'une excommunication solennelle.

Mais en voilà assez sur les suites fâcheuses qui ont été occasionnées en quelques endroits par le refus de concours au Concordat de 4801. Des 36-38 Evêques non-démissionnaires ou réclamants à cette époque , il n'en restait plus que seize en vie à la chute du premier Empire; vingt-deux étaient morts, savoir : l'Archevêque de Narbonne en 4806 ; et les évêques de Grenoble , en 480Î, du Puy en 4804, d'Arras en 4805.. d'Angoulême, d^Auxeire, de Lombez,- deNoyon, de Rhodez, de Saint-Pol-de- Léon, de Séez, de Tarbes et de Toulon en 1806, d'Avranches, de Limoges et de Metz en 1808, de Montpellier et de Rieux en4812, enfin, de Boulogne lui-même en 4813. Nous ne pouvons pas fixer même approximativement l'époque de la 'mort des évêques de Laon, de Riez et de Valence.

Quant aux seize qui survivaient, quelques*uns moururent avant

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la conclusion du concordat de 1847-S2; ainsi Pévèqae de Périgueax à Londres en 1815, celui de Béziers la même année (mais il s*était démis en 1805 à Florence), celui de Nantes en 1816, ceux d'Aire et d*Uzèsen 1817 ; plusieurs autres étaient trop vieox alors pour occuper de nouveaux sièges, oun^étaîent pas d'humeur à entrer dans les nouveaux arrangements, tels que les évéqnes de Blois, de Garcassonne, de Digne, de Gap et de Vannes ; il n'y en eut donc que six qui furent replacés sous la Restauration, savoir : l'ancien Archevêque de Reims à Paris, et les anciens évoques de ChÀlons-sur-Saéne à Tours, de la Rochelle à Reims, de Nancy à Sens, de Sisteron à Toulouse, enfin d'Agen à la Cour comme premier auménier de Louis XVIII, pour ne pas parler de Tancira évèque-nommé de Moulins, que nous avons déjà dit avoir occupé le siège de Bourges.

Au reste, nul n'ignore qu'il y eût une certaine difficulté à obtenir les démissions de ces anciens Prélats. 11 parait qu'à l'époque des premières négociations entamées à Rome par Mgr. de Pressigny en août 1814 pour un nouveau concordat au nom de Louis XVŒ, on voulait exiger du Pape qu'il commençât par déclarer nul, comme lui ayant été extorqué, le Concordat de 1804 ; on lui demandait donc de remettre en pied les anciens sièges français avec leurs anciens titulaires, après quoi on s'entendrait pour établir une nouvelle organisation de diocèses en France en supprimant les èvèchés trop peu considérables. Le Pape ne voulut jamais consentir à traiter sur des bases aussi injurieuses à son honneur. On ne fit donc rien jusqu'aux Gent-Jours. Après cette époque, on se remit en campagne. Le 12 novembre 1815, Louis XVIII écrivit aux treize évèques non-démissionnaires, alors survivants, que leur refus de se démettre arrêtait tout; il les engageait donc à céder; ceux qui étaient alors à Paris, au nombre de sept, lui adressèrent le 1 S une formule de démission qui devait rester dans ses mains jusqu*au résultat de la négociation; les évèques restés à Londres firent à peu près la même chose ; seulement l'ancien évéque d'Uzès se réserva encore de juger lui-même de l'utilité de sa démission. Cependant l'afifaire marchait à Rome ; M. de Blacas y avait remplacé M. de Pressigny rappelé à la fin de mars 1816 ; cet ambassadeur autorisé à ne plus presser la révocation du Concordat de 1801, parvint à conclure le 25 août 1816 un nouveau concordat qui abrogeait purement et simplement les articles organiques. Le Pape en faisait part au Roi, le 6 septembre suivaot| dans une lettre où il se plaignait, d'une part, de quelques évèques concordataires qui avaient reproduit leurs erreurs de la constitution civile ; de l'autre, des évèques non-démissionnaires qu'il dé-

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clarait ne pouvoir placer sur d'autres sièges , sans satisfaction de leur part. Sept de ces derniers avaient, il est vrai, signé le 32 août une lettre où ils s'élevaient contre Tabus que Ton avait fait de leurs rédamations au sujet du Concordat de 1804 ; mais, cette déclaration n'ayant pas satisfait Rome, cinq d'entre eux, les anciens Evéques de Reims, d'Âgen, de ChÀlonsur-Saône, de Nancy** et de la Rochelle, auquel s'était adjoint l'Evèque nommé de Moulins, Des Galois de la Tour, se décidèrent à en écrire une autre le 8 septembre au Pape, où, sans donner précisément leur démission , ils signaient comme anciens Evéques, priaient le Pape d'oublier le passé, et l'assuraient de leur obéissance. Voici cette pièce traduite en français :

a* Très-Saint-Père,

B Notre joie .(de la conclusion prochaine du concordat entre Votre Sainteté et le Roi très-chrétien) ne serait pas entière, si nous avions encore à craindre que vos entrailles paternelles ne ressentissent quelque peine de ce que nous n'avons pas répondu au vœu de Votre Sainteté, dans des conjonctures déplorables et trèsdésagréables pour Elle-même , ainsi qu'Elle le témoignait alors, conjonctures bien différentes de celles qui existent maintenant.

» Quelque convaincus que nous soyons, Très-Saint-Père, que vous avez oublié déjà depuis longtemps ces conflits dont il faut perdre lé souvenir et les douleurs éprouvées alors dont la divine Providence a daigné vous consoler et nous aussi par une faveur si grande et tant attendue, néanmoins notre respect et notre soumission pour la Chaire éminente du B. Pierre, notre vénération et notre piété envers Votre Sainteté qui y est si glorieusement assise par l'effet de la bonté de Dieu, notre zèle enfin pour l'Eglise gallicane dont la gloire nous est toujours à cœur, tout cela ensemble nous impose le soin et le devoir d'écarter les nuages qui auraient pu s'élever à notre grand regret dans l'esprit de Votre Sainteté sur nos véritables sentiments.

» A Dieu ne plaise, Très-Saint-Père , que nous ayions prétendu • nous séparer par un exécrable attentat du Saint-Siège apostolique, et blesser le moins du monde l'autorité et les droits sacrés des Souverains-Pontifes ! On ne pourrait, sans une grave injure, nous attribuer cette détestable doctrine qu'il ait été, et qu'il soit jamais pern)is, pour quelque motif que ce soit et dans quelque circonstance que ce puisse être, de sortir du sein et de la communion de 4a sainte Eglise romaine. A l'exemple de nos prédécesseurs, nous nous sommes toujours fait un point de religion de la proclamer et de la vénérer comme la mère et la maîtresse de toutes les Eglises, à laquelle doit nécessairement, à cause de son émi-

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nenie4)rincipauté, se réunir loute église, c'est-àHlire l« fidèles de Tunivers entier.

9 Pour ôter donc toute espèce de doute sur ce point, s'il pouvait y eu rester encore , nous renouvelons soleoDelleinent et de cœur la déclaration ci -dessus, et notre adhésion à. des dogmes aussi sacrés, nous la déposons aux pieds de Votre Sainteté ei au bas de sa GhairCi déclarant en outre que, loin de mettre jaouiis obstacle à la pleine réalisation de ce que vous auriez cru devoir régler de concert avec Sa Majesté pour procurer le bien de la religion et faire observer les lois ecclésiastiques en France, nous sommes tout prêts au contraire, s'il le faut, à être jetés dans la mer, et engloutis par les flots, pour faire cesser la tempête.

D C'est pourquoi nous conjurons instamment Votre Sainteté de vouloir bien, oubliant le passé, et couvrant de sa pieuse bienveillance comme d*un voile ce qui a abigé sans que nous le voulions son cœur paternel, recevoir avec bonté ce témoignage de notre filial respect, de notre dévouement et de notre obéissance, ainsi que de notre zèle pour sec(mder ses projets envers notre Eglise.

» Puissent ces protestations et ces gages de notre respect être agréés de Votre Sainteté, qui n'est pas seulement à la tête de tout Tépiscopat par sa primauté d'honneur et de juridiction, mais encore par l'autorité de ses vertus ! Qu'ils soient, selon les expressions d'un de nos plus illustres Prélats parlant au nom de tout le clergé de France, dignes de nos pères, dignes d'être cuioptés par nos descendants, dignes enfin d'être comptés parmi les actes authentiques de l'Eglise, et insérés avec honneur dans ces registres immortels où sont compris les décrets gui regardent nonrseulement la vie présente mais encore la vie future et Vétemité tout entière! » . Nous avons déjà dit ce qu'avait pensé de cet acte Tiannortel Pie VII, dans son Allocution du 28 juillet 4817 relative au concordat du \ h juin précédent. Il ne tint pas à ce Pontife que le susdit Concordat ne fût exécuté de suite et dans toute sa teneur ; 'mais il fallut bientôt le modifier, et ce ne fut qu'en 4822 qu'enfin la Bulle Patemm charitatis du 6 octobre paryint à organiser définitivement l'Eglise de France sur le pied de quatre-vingts sièges épiscopaux, au lieu de quatre-vingt-douze, érigés et même pourvus en partie dès 4817.

On nous permettra peut-être de rapporter ici un passage de la Lettre d^un curé franc-comtois aux gallicans de Rouergue, etc., en 4826. Si cette phrase a pu être imprimée alors impunément,, pourquoi ne serions-nous pas autorisés à la reproduire aujourd'hui? « Il est des Prélats, disait M. P. de la C, qui veulent tempérer la monarchie du Pape, et qui n'entendent pas qu.'on se

joigne aa Pape pour .tem|)érer ou modérer la leur... Pourquoi dans la circonstance tout ordinaire de 4817, où l'on avait à traiter aveo Louis-le-Désiré, n'a-t-on pas réclamé (jusqu'au bout) contre la violation de nos règles faite par le Pape qui a maintenu le Concordat de 4804, et n'a pas replacé tous les évéques nondémissionnaires? Les évéques institués alors tenaient-ils donc plus à Tépiscopat qu'aux quatre articles? Permis à eux; saint Paul souffre qu'on d^iro Tun et ne défend pas d'abandonner les autres. Pourquoi n'a-t-on pas replacé sur son siège M. de Thémines, le seul non-démissionnaire qui reste, dit-on, lequel n'a jamais été déposé selon les formes voulues par nos libertés? — Feronsnous donc encore un nouvel essai d'une doctrine qui a perdu l'Eglise en France? C'est le fruit défendu, la boite de Pandore, etc. D

Vers le même temps, M. R... disait aussi dans ses Lettres d'un cmglican à un gallican : a Assez de prêtres jeunes et vieux, imbus de l'esprit du gallicanisme, se conduisent envers leurs Evéques comme ceux-ci envers le Pape, observent la promesse d'obéissance qu'ils leur ont faite comme ceux-ci la leur envers le Pape, relèvent leurs prétentions surannées comme eux celles du Pape, font de petites déclarations sur les limites de leur pouvoir, comme, etc.; et déjà certains évéques sont obligés d'user envers leur clergé de la même circonspection que le Pope envers M. d'Hermopolis. »

Nous ùe faisons cette citation que pour faire comprendre que la conduite gallicane, tenue par n'importe quel Prélat, doit nécessairement aboutir à créer dans son diocèse le presbytérianisme, et nous nous sommes laissé dire que le Pape en avait fait la remarque avant nous, il n'y a pas très- longtemps encore. Serions-nous donc, nous, de cette secte maudite et anathématisée? nous le demandons, car nous sommes assuré qu'on nous en accusera; eh bien ! nous dirons, pQur notre justification, que l'on n'est presbytérien qu'autant que l'on dénie à l'Ëpiscopat un droit qui lui appartient; or, nous ne croyons pa& être tombé dans cette faute, car nous n'avons contesté à rEpiscopet que les droits qui ne lui appartiennent pas, mais au Pape seul, selon la constitution divine de l'Eglise et les règles des saints canons. Si nous nous sommes trompé, que l'on nous montre notre erreur et nous nous hâterons de la reconnaître.

Mais il est temps de terminer cette note. Le tableau, qu'elle indique et auquel elle se rapporte, fera assez connaître par lui-même les autres renseignements utiles sur le personnel de l'Ëpiscopat français en 4789 et années suivantes. On y verra en particulier

quels sont ceux de nos anciens évèques qui ont occupé de nouveaux sièges en France après les Concordats de 4804 et de 4847. On reti'ouvera, du reste, ces Prélats dans notre second tableau, renfermant le personnel de Tépiscopat français an XIX* siècle. On remarquera seulement qu'ici les sièges sont placés dans l'ordre des provinces ecclésiastiques actuelles, tandis que dans notre troisième tableau, nous avons suivi l'ordre alphabétique des anciennes provinces, et l*on en comptait dix-neuf, entre autres celles d'Arles, d'Embrun, de Narbonne et de Vienne qui n'ont pas été rétablies. De plus, ainsi que nous l'avons expliqué ailleurs, les sièges de la Lorraine, de l'Alsace et de la Corse dépendaient alors des métropoles étrangères de Trêves, de Mayence, de Pise et de Gènes ; c'est pour cela que nous avons mis ces sièges après tous les autres. Mais nous ne nous sommes pas contenté de signaler les diocèses français d'avant la Révolution; comme, à l'époque du Concordat de 4804, une vingtaine d'évèques, auparavant étrangers à la France, furent obligés de se démettre en tout ou en partie, nous les avons aussi portés sur notre liste, avec la précaution d'imprimer leurs diocèses en italiques. Le Pape, en effet, supprima aussi, par sa Bulle Qui Christi Domini, les métropoles de Malines, de Mayence, de Tarantaise et de Trêves ; et les évèchés d'Anvers, de Bruges, de Chambéry, de Gand, de Genève, de Liège, de Namur, de Nice, de Ruremonde, de Saint-Jean-de-Maurienne, de Tournai et d'Ypres. De plus, l'Archevêque de Cologne et les Evèques de Bâle, de Spire et de Vorms durent céder une partie de leur ancien territoire. Nous avons donc fait connaître, autant qu'il nous a été possible, les titulaires de ces diocèses.

D'un autre côté, la manière dont nous avons combiné ces sièges dans notre tableau fera apercevoir du premier coup-d'œil, combien chaque province avait perdu de ses évèques avant 4804, et combien elle compta de démissionnaires et de non-démissionnaires à l'époque du Concordat. Ainsi, par exemple, la province d'Aix avait encore en 4 804 tous ses évèques, au nombre de six, dont trois donnèrent leur démission et trois la refusèrent. La province de Be^a.nçon n'avait plus d'évèques dans sa partie française. Dans celle de Lyon, celui de Lyon seul était mort, et, sur les six autres, il n'y eût que l'Evèque de Chalon-sur-Saône qui refusa sa démission. Au contraire, la province de Rouen comptait cinq morts, et les deux évèques qni lui restaient refusèrent tous deux de se démettre. Ainsi de suite.

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