‹ Études liturgiquesChapitre 7 sur 63 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De ^nelqnM aetos Utnrgiqnes faite en IVuiee de iM# à iSiO.

Dans le laps de temps qui s'est écoulé entre la première •jprise d'armes du jeune abbé Guéranger en 1830 et la lutte solennelle que le R. Père a engagée en ISftO, nous ne voyons guère à signaler, comme ayant une certaine importance, que les faits liturgiques suivants.

Nous ne répétons pas ce que nous avons déjà dit des actes de Paris, de Meaux et de Quimper en 1834-55*36.

Le 25 décembre 1836, Mgr. Dupont, alors Archevêque d'Avignon , lançait un Mandement pour publier les statuts de son diocèse. Ce mandement se terminait par les règle* roents suivants : a Art. l*'^ Les statuts dont la teneur suit » seront seuls observés comme obligatoires dans notre dio- » cèse quinze jours après leur publication. Art. 3. Nul ne ï» pourra être dispensé, en un point quelconque, desdits » statuts que par nous seul. » Or, on lisait dans les statuts, au titre 2, ch. 1, n** 172 : «Voulant rétablir dans notre » diocèse une salutaire uniformité , nous ei^oignons de se » servir partout des Bréviaire, Missel et Rituel romains. » (Voir T. I, Œuvres pastorales de Mgr. Dupont, Archevêque d'Avignon.) Pour faire comprendre à nos lecteurs la raisoa du statut que nous venons de signaler, nous leur rappellerons que les anciens diocèses d'Apt et d'Orange , autrefois ' des provinces d'Aix et d'Arles, et enclavés maintenant dans le diocèse d'Avignon, avaient quitté le romain avant ia Ré* volution. Il en était donc du diocèse actuel d'Avignon comme de celui de Bordeaux ; on y trouvait des parties non romaines. Au reste, Mgr. de Mons lui-même, Archevêque d'Avignon sous la Restauration , n'avait pas craint, au dire de M. Jouve , de faire honneur au rit de Paris jusque dans son église métropolitaine.

A Rennes, où nous avons vu le parisien édité en 1822, Mgr. de Lesquen annonçait, dans une circulaire du 28 juin 1858, un supplément au Bréviaire pour quelques offices propres. Mais bientôt après, son successeur, Mgr. Brossais- Saint^Marc, Archevêque actuel, entrait dans une voie toute différente. D'abord , dans son Ordo pour 1843, il défendait expressément de changer le rit romain dans les paroisses où il existait encore.' La même année, il faisait imprimer le Rituel et le Cérémonial romains à l'usage de son Eglise, et permettait à tous ses prêtres de suivre le romain en tout. Cinq ans après, il le rétablissait officiellement dans tout son diocèse. Dans son Mandement du 24 février 1848, qui fixait la reprise universelle de la liturgie romaine au 29 juin de la même année, on lit que Rennes avait toujours eu celle liturgie jusqu'en 1787; mais alors, Mgr. de Girac permît à la cathédrale T usage des livres de Tours, presque entièrement parisiens, qu'il avait lui-même édités pour son diocèse, auquel il les avait appropriés. Nous avons déjà raconté, à la fin de notre Introduction , ce qui s'était passé à Rennes depuis le Concordat. Passons donc à d'autres églises.

Le rit poitevin s'était introduite Nantes, au préjudice du romain , vers la fin du dernier siècle , sous Tépiscopat de Mgr. de la Laurencie. En 1855, Mgr. de Guérines fit une nouvelle édition de cette liturgie. 11 l'avait assez retouchée, sans doute, pour que Y^émi pût dire à celte occasion que l'on venait d'introniser à Nantes une liturgie nouvelle, afin d'établir une sorte d'uniformité.

Cette même année 1855, Mgr. Remet procurait à son ^lise de la Rochelle le même avantage d'une liturgie assez nouvelle et uniforme, au préjudice de l'ancien rit de Saintes.

Besançon avait eu l'honneur d'imprimer les livres d'Albi et de Périgueux dès 1855, comme il avait fait pour ceux de Nîmes en 1827.

On fit aussi de nouvelles éditions liturgiques à Grenoble en 1835, à Limoges en 1837, et à Monde, Chàlons-sur- Marne et Amiens en 1840.

A propos d'Amiens, on nous permettra, sans doute, de ra^

— S6 — conter ici le triste sort qu*a eu son bréviaire de IShO. Dans un acte du 20 février 18^9, Mgr. Mioland déclarait que cette édition serait anéantie pour reprendre Tancienne de Mgr. de la Motle, de 1746. Il annonçait, en outre, que Ton s occupait alors de réimprimer le Missel conforme de 1752, qui avait toujours été suivi. Mais ici encore le travail de réédition des livres amiénois du XYIIP siècle ne devait pas aboutir, puisque, dès 1850, sous la direction de Mgr. de Salinis, on commençait à prendre le romain dans le diocèse d'Amiens. Le Synode de 1851 approuvait et décrétait ce retour par un statut; enGn, la liturgie romaine était obligatoire partout dès 1855, conmie nous le raconterons plus tard.

. Le diocèse du Puy avait quitté le romain pour le parisien vers 1780. Il s'agissait, en 1838, d'une nouvelle édition de ce dernier bréviaire à l'usage du Puy. Mgr. de Donald disait, à cette occasion, dans une circulaire du 1" septembre à ses prêtres : « Nous , aurions voulu pouvoir reprendre le » Bréviaire romain; mais, de nombreux obstacles s'étani » opposés à l'accomplissement de ce désir, nous nous » sommes efforcé de nous rapprocher autant que possible » de ce qui se pratique dans l'Eglise-Mère et Maîtresse; » aussi. Messieurs, ceux qui, parmi vous, demandaient le » Bréviaire romain devront prendre avec empressement la > nouvelle édition , et ceux qui auraient vu avec peine le » changement entier du bréviaire, se conformeront avec » plaisir à notre volonté expresse » de leur voir suivre la nouvelle édition le 1" janvier 1839. Nous retrouverons bientôt Mgr. de Bonald sur le siège de Lyon ; son désir pour le Puy a été réalisé en 1859 par Mgr. Morlhon.

Enfin, aixivons à Langres. C'est ce diocèse qui a ouvert la brèche et commencé l'œuvre de la réforme liturgique romaine en octobre 1839. Mgr. Parisis fit cet acte important comme en secret et sans éclat. Il en a donné les raisons plus tard dans une brochure qu'il a publiée en 1846 et dont nous ferons l'analyse en son lieu. Ck)ntentons-nous de signaler ici les proportions du Propre de Langres. Voici le

catalogue des saints locaux qui y ont été portés : d'abord les saints Evèques Didier, martyr, du IIP ou V* siècle; Urbain et Aproncule, confesseurs, du V%* Grégoire, du VP, et Jacob, évéque de Toul, mort à Dijon, du Vlir. On y trouve ensuite saint Bénigne, apôlre martyr, du IV siècle; saint Mammès, martyr, patron de la \ille et du diocèse; les trois saints Jumeatix, avec saints Néon et Turbon, et saintes Léonille et Junille; les saints martyrs Valère, Berchaire et Gengoul; les saints confesseurs Léger, Gand et Vinard, avec sainte Menehould et ses sœurs, vierges. Parmi ces saints, il n'y a que ceux que nous avons imprimés en italique qui soient au Martyrologe romain. On verra plus loin dans quelles conditions doivent se trouver les autres pour avoir droit d'entrée dans un Propre diocésain. Nous remarquerons encore que saint Mammès seul a une messe propre, en sa qualité de Patron, plus un octave, soit le jour de sa fête, le 17 août, soit le 10 octobre, époque où l'on célèbre la Réception de ses reliques. Plusieurs autres saints, tels que saint Jacob, saint Léger et saint Gand n'ont qu'une mémoire à la messe et à l'office; les autres prennent leur messe au Commun, sauf quelques oraisons propres pour les saints Jumeaux, pour saint Aproncule et sainte Menehould* Nous avons tiré ces renseignements du Missel romain imprimé à Dijon en 1845, et dont l'édition a été approuvée par Mgr. Parisis, évéque de Langres. Nous avons cru bon de les donner ici, parce que c'est le premier Propre que nous rencontrons sur notre chemin, et que d'ailleurs il appartient à un diocèse qui nous avoisine. Maintenant nous allons poursuivre notre histoire et aborder la grande controverse liturgique soulevée en France au XIX"" siècle.

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