‹ Études médicales sur l'ancienne RomeChapitre 10 sur 21 · I.’lNllliULÂTION · texte numérisé non relu

I.’lNllliULÂTION

« Pour lie pas avoir l’air d’être trop jalouse, Cœlia, fais retirer la fibule de tou esclave. »

Nous devons également rattacher à l’histoire de la fibula, celle du subligar ou subligacuiwii. C’était une sorte de tablier en peau qui couvrait les parties génitales; il s’étendait depuis l’ombilic jusqu’aux genoux.

Tous les acteurs en scène devaient porter le subligar, comme nous l’apprend Cicéron *. « Scenicorum quidem mos tantam habet, veteri disciplina, verecundiam, ut in scenam sine subligaculo nemo prodeat (l). »

Ce vêtement était également porté au bain pour cacher les organes génitaux. Martial en parle dans plusieurs épigrammes (2); nous ne citerons que la suivante ; nous ne pouvons pas la traduire textuellement à cause de la crudité des détails ; traduite autrement, elle ne signifierait plus rien :

Narrat te rumor, Ghione, nunquani esse fututam,

Atque nihil cunno purius esse tuo.

Tecta tamen non hac, qua debes, parte lavaris.

Si pudor est, transfer subligar in faciem (3).

« Chione fellatrix erat, et buccam irrumatam, non cunnum intactum, tegere debebat. »

(1) Cicéron, De officiis, I.

(2) Martial, liv, XI, ép. 76; — liv. VIIJ, ép. 3i (ou 35).

(3) Martial, liv. III, ép. 87.

L’iNFIIiULATION.

Le mot fihula a été employé (|uel(piefois comme synonyme de suhligar\ répigramme suivante de Martial rindique assez clairement :

Menophili penem tam grandis fibula vestit Ut sit comœdis omnibus una satis.

Hune ego credideram (nam sæpe lavamur in unum) Sollicilum voci parcere, Flacce, suæ.

Dum ludit media populo spectante paleslræ, Delapsa est misero fibula : verpus erat (1).

« Ménophile cache ses organes sous un subligar qui seul pourrait suffire à tous les comédiens; je croyais que c’était pour conserver sa voix; mais un beau jour, pendant qù’il s’exercait à la lutte, devant beaucoup de monde, le subligar vint à se détacher : le malheureux Ménophile est circoncis. »

Ménophile tenait d’autant plus à dissimuler son imperfection physique, que la circoncision était le signe caractéristique des Juifs, et ceux-ci payaient un impôt parliculier, que Ménophile voulait éviter.

Lorsqu’on parle de l’infibulation, on admet plus généralement que cette pratique était usitée pour les femmes; cependant il en est beaucoup moins question à propos de celles-ci, et nous ne pouvons citer ici , que le témoignage de Strabon, qui dit en parlant des

(1) Martial, liv. VII, ep. 82.

l'infibulation. 1 00

Éthiopiens : « Ils arment aussi leurs femmes, dont la plupart ont les lèvres percées pour recevoir un anneau de cuivre (1). »

(1) Strabon, liv. XVII.

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