LA COSMÉTIQUE, LES TARFUMS, ETC
subite : elle se trouble et met à l’euvers sa chevelure posticbè. » ,
Martial parle souvent des cheveux postiches et des cheveux teints, et adresse des épigrammes à ceux qui corrigeaient ainsi la nature.
Mentiris juvenem tinctis, Lentine, capillis,
Tarn subito corvus, qui modo cycnus erat (1).
Les femmes savaient aussi noircir leurs sourcils : les œufs de fourmis avec des mouches noircissent les sourcils (Pline). Juvénal nous indique un procédé beaucoup plus pratique :
Ille supercilium madida fuligine tactum Obliqua producit acu, pingitqiie Irementes Attollens oculos (2).
« Celui-ci allonge ses sourcils et teint ses cils avec une aiguille noircie à la fumée. » — Ce moyen est encore employé fréquemment de nos jours.
Pétrone parle également de ces artifices : « Une suivante de Tryphène emmena Giton sous l’entrepont du vaisseau pour ajuster à sa tète une chevelure postiche de sa maîtresse; en outre, elle tira de la boîte à toilette une paire de sourcils, qui, artistenient
(1) Martial, liv. III, ép. 43. — Voy. encore dans Martial, liv. VI, ép. 57 ; — liv. XII, ép. 45 ; — liv. V, ép. 68 ; — liv. X, ép. 83 ; — liv. XIV, ép. 25, 26 et 27.
(2) Juvénal, sat. II, v. 93.
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a[){)li([iiés sur la ligne primilive, rendirent à renfanl tonte sa beauté (1). »
ï.a coiffure d’ une dame romaine était une opération importante et compli([uée, à lacjuelle, outre la femme de chambre {fusca), prenaient part ti'ois esclaves. Les ciniflones étaient chargés de peigner et de boucler les cheveux, les psecades de les parfumer, et enfin Vornatriæ les disposait artistement et donnait la dernière main à l’ensemble de la toilette.
Les préparations destinées à conserver la fraîcheur du teint et la souplesse de la peau étaient assez variées. Nous avons déjà parlé de Vfieleniurn ; on sait ([ue le lait d’ânesse jouissait d’une grande réputation : l’impératrice Poppée avait toujours près d’elle un grand nombre de ces animaux en état de fournir dn lait pour ses bains (Suétone) ; récunie des boissons faites avec la cervoise et les céréales était employée dans le même but (Pline). On retirait de la toison des brebis un suc huileux dont on dissimulait l’odeur avec des parfums, et cpii servait à donner plus d’éclat au teint : on le nommait œsype d’Athènes (Hésychius, Ovide, Pline). « Les escargots communs,
(1) Pétrone, Satyricon, ex