JUVENAL
J U vénal [Dec. Junius Jxivenalis) naquit en hl k Aquinurn. Il était, dit-on, fils d’un affranchi, qui lui laissa une certaine fortune. On ne connaît pas beaucoup de détails sur sa vie; on sait seulement qu’il n’écrivit pas avant l’àge de quarante ans. 11 lut ses premières satires dans des séances où l’on réunis-
jrvl'NAL.
sait lin certain nombre (l’iioinrnes instruits ; elles obtinrent nn grand succès. Il ne publia cependant ces œuvres que fort longtemps après. Dans une de ses satires, il parle d’un histrion de Domitien nommé Paris; plus tard, l’empereur Adrien, olïensé, dit-on, de ces allusions qui pouvaient s’appliquer à son favori Antinous, punit Juvénal en lui confiant le commandement d’une cohorte; malheureusement, cette cohorte devait se trouver aux confins de l’empire romain, dans la Pentapole, en Égypte, suivant le plus grand nombre d’auteurs. Juvénal était alors âgé de quatre-vingts ans; il partit, mais il ne tarda pas à mourir dans la résidence qui lui avait été assignée.
Juvénal a laissé quinze satires dans lesquelles il attaque avec une rare énergie tous les vices de son temps; le style de ces satires, admirablement approprié aux pensées qu’il exprime, est vigoureux, serré. On trouve dans ses œuvres des détails très précieux sur les mœurs de Rome; il y a de fréquentes allusions médicales exprimées souvent en termes techniques.
Je n’insiste pas sur le caractère des œuvres de Juvénal ; ces études ont déjà été faites souvent par de plus compétents que moi; nous citerons notamment. le Discours sur les satiriques latins de Dusaulx, un des meilleurs traducteurs de Juvénal.
Ces satires, comme les comédies de Molière, sem-