INTRODUCTION
dions au plaisir de retrouver la trace de nos lectures de prédilection, de tirer parti de notes depuis longtemps oubliées, de réaliser enfin un programme qu'il nous paraissait important de remplir. Celte entreprise était-elle absolument neuve, personne jusqu'ici n'avait-il eu la pensée de demander à la pléiade poétique des enfants de la louve ce que leurs œuvres doivent à la médecine, ce qu'elles ont pu lui prêter, enfin, avait-on institué un commentaire médical des poètes latins? Il est difficile d'avoir une idée nouvelle en matière d'érudition; dans les deux cents ans qui ont suivi l'invention de l'imprimerie, la littérature romaine a été remuée de fond en comble;* une foule de savants dont la patience et le zèle étaient à toute épreuve ont creusé cette mine inépuisable, et les trésors qu'on leur doit forment le glorieux patrimoine des lettres modernes. Mais enfin, si quelques dissertations spéciales sur des maladies indiquées par les anciens poètes ont amusé la curiosité de certains amateurs, on peut affirmer qu'aucun travail d'ensemble n'a été entrepris sur le côté médical de ces sortes d'ouvrages, et nous espérons prouver qu'il y a eu quelque utilité à se charger de ce soin.
Un de nos savants confrères, le professeur Bouisson, de Montpellier, a publié en 1843 quelques articles pleins d'intérêt sur la médecine et les poètes latins. Ceux qui voudront étudier cet essai plein d'idées élevées, de vues ingénieuses et dont la forme élégante indique la source d'où elle émane, se convaincront sans peine que nos œuvres sont indépendantes Tune de l'autre, et que, à part quelques analogies toutes naturelles dans des travaux sur un sujet identique, chacun a suivi sa voie pour arriver à un but différent.
Il y a un grand plaisir à lire, à méditer les anciens livres, ceux-là surtout que l'admiration universelle des nations éclairées a placés dans toutes les bibliothèques, c'est-à-dire, dans les mains de tout le monde. Mais dans ce travail charmant, chacun apporte des goûts, des ins-