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temps et les événements développent. Mais oserons-nous dire que l'exception ne nous sourit pas davantage?
Promise depuis plus de vingt années, la liberté d'enseignement n'existe que depuis deux. Elle existe pour tout le mondo; Féglise catholique seule en a fait un usage sérieux. Les établissements ecclésiastiques sont les seuls qui se soient rapidement multipliés à la faveur de la liberté, et qui fassent aux institutions publiques une concurrence véritable. Les catholiques ont , par le fait , en France , si on ose se servir de cette expression singulière , le monopole de la liberté. 11 n'y a qu'eux qui s'en servent. Elle ne profite qu'à eux seuls. Le privilège , par conséquent, ne leur fera compter ni un professeur, ni un élève de plus. Ils n'ont aucun avantage matériel à attendre de la faveur qu'on leur offre. Est-ce un avantage moral qu'on veut leur procurer? On aurait cherché le contraire qu'on n'aurait pas mieux réussi.
L'église catholique a des ennemis, aujourd'hui abattus, mais toujours puissants. Parmi les catholiques de profession , la religion véritable, le zèle , l'esprit de foi et de propagande rencontrentdes préjugés, momentanément réduits au silence, mais profondément enracinés. On dit (aujourd'hui tout bas), mais on dit encore que ^e catholicisme est fini, que s'il survit dans les habitudes, il est éteint dans les cœurs. On dit (et peut-être les hommes religieux ont^ils trop accrédité cette pensée ) que la France n'est chrétienne et catholique que de nom. A ces assertions, à ces doutes, l'usage hardi et déjà heureux fait par l'église catholique de la lîbei*té d'enseignement est une réponse victorieuse. Sur le terrain de la liberté elle défie tout le monde ^ à armes égales. Elle balance l'État lui-même, malgré son infériorité numérique et pécuniaire. Elle puise toutes ses forces dans la confiance des familles. Elle n'est donc point morte dans les cœurs , elle n'a donc point cessé d'être la religion de la France, la foi qui a su faire ce qu'aucune opinion d'aucun genre ne peut se vanter d'avoir obtenu depuis
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sQixai)^ aQj$ , ûm de ract|vité libre des citoyens des sacrifices de quelque pnx, des efforts de quelque durée^ des résul^^s de quelque vatepr-
Cb^ifg^;? maiptep^nt tes situations : que Téglise catholique tienne dû bénéQc^ de la loi la prééoiinence exceptionpelle qu'elle doit aujourd'hui an dévouement de ses ministre3 et de ses fidèles, à Tinstant Targument diq)arait, Tarme s'échappe de ses mains et passe dans celles de ses adversaires. Objet aujourd'hui d'une jalousie secrète de )a part de ceux qui ont la permission, mais nop la force de }ptter contre elle, elle sera demain désignée par leurs haines ^ toutes les calomnies populaires. Elle est seule aujourd'hui sur le terrain de la lit^erté , parce qu'elle intimide ^us ses concurrents : depiain on dira qu'elle a pris soin de n'en point avoir. jCette lutte dont elle sort triomphante , même saos combattre , elle aura Tair de l'avoir redoutée et fl'avQir prudemment fermé Tarène. Elle aura fourni à ses rivaux le meilleur prétexte pour décrier sa force et dissimuler leur impuissance. Parmi ces rivaux, il en est de redoutâmes. Je ne sais ce qu'en penseront de plus compétents que moi : m^is à la place des chefs de TËglise, ce téte-à-téted'un ^mini^jre et d'un collège dans chaque département ne me paraîtrait pas tout à fait rassurant. Je craindrais qu'un antagpnismiB trop prolongé et tropévident ne réveillât quelque faibles^ paternelle de l'État pour ses enfants. En tout cas j^ supplie riÉglise de bien regarder au contrat qu'on lui propi^gie, Plie jpuft diB la prééminence, on lui office le privilège : n^ftnyais marpbé dans une société o^ l'égalité a si bien niyelé {e terrain, qu'il est glissant pour les privilèges de to^te n^tnre. ^lle a la supériorité effective ; on lui offre la ^upérjprité nominale: dangereux échange phe^ une natiQn ProbPifgPns^, qui, lors mênxe qu'elle subit une mfluppc^, pe yeut pas qu'on h lui impose pt n'aime pas qn'on l'en *yprt|s^e.
IJpp d^nière con^idéralipn nous topcb« prpfondé-
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itient. Dans dnè s(2lénnité récente^ des paroles trè^justes ont été prononcées, siir les rapports nécessaires, sur Palliance désirable de TÉglise et du pouvoir. Les nouveaux corps politiques ont ouvert leurs rangs à d'éminents dignitaires de TÉglisé dont la place était restée vide dans les conseils supérietirs dû pays. Tout le monde applaudît, en France^ au rétablissement d*un accord qui petit cbtitpîbuer efBcacertient à faite pénétrer aii forid de notre société la paix qui , pour son malheur , n'est encore rétablie qu'à sa surface. Que l'église soulienne! donc tous ces pouvoirs qn'elle n'a pour tâche ni de faire ni de juger ; qu'elle prête à leur mobilité l'appui de sa fbrcè durable; qu'elle leur serve de point fixe sur un sablë mouvartt. Mais il était aussi une autre alliance qui , dans ces dernières années, paraissait bien près d^étre scellée définitivenient, et que nous regretterions de voir rompue : c'était l'alliance de l'Église avec les libertés publiques. Dieu sait avec quelle timidité nous prononçons celte parole aujourd'hui réputée de mauvais aUgure. Nous savons parfaitement que les libertés, par leur ftiute, ne jouissent pas, à l'heure qu'il est, de beaucoup de faveur. D'ailleurs nous respectons beaucoup trop la religion pour la rendre solidaire d'aucune théorie politique. Nous ne voulons pas faire un calholicisme libéral, comme nous voyons faire tour à tour un calholicisme légitimiste, un catholicisme démcKïratique , un catholicisme attaché à je sais quelle dooirine d'absolutisme incolore , tout cela au gré de diverses passions , mais souvent par les mêmes personnes. Mais sans faire une confusion déplorable edlro les convictions politiques et religieuses , il est pourtant, nous le pensons, en France et en Europe, un certain nombre d'hommes, non pas aussi vivement, mais aussi sincèrement attachés à l'église catholique qu'aux libertés publiques, qui n'ont poinl rougi de leur foi quand elle subissait l'épreuve d'une injuste impopularité, qui ne dé-
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sespèrent point de la liberté lorsqu'elle/ait^ pour ses égarements, une pénitence méritée. Pour ceux-là, la liberté d'entoignement était une consolation et une espérance. Demandée dans des jours de périls avec une vivacité qu'on avait pu trouver excessive, obtenue sur les ruines fumantes de la royauté et au bruit du craquement de la société européenne, mise dès son berceau à l'épreuve des factions, cette liberté, pourtant, dans sa courte existence, n'avait donné lieu à aucun excès ni prise à aucun reproche. La religion, en la prenant à son compte, Favait préservée de la contagion démagogique. On conçoit quel exemple, on conçoit quel appui nous en pouvions tirer. Qui est-ce qui dit, en effet, que le procès de la liberté est fait et perdu? Il n'y a qu'une seule chose qui soit jugée: c'est qu'il n'y a de libertés pures que celles qui vivent sous Faite de la religion; c'est qu'il est impossible à une nation incrédule de bien user de la liberté ; c'est que si on veut rdàcher les lois politiques , il faut resserrer les lois morales: c'est qu'il faut obéir au joug de Dieu pour se passer du joug de Thomme. Voilà tout ce que nous a appris l'expérience des dernières années. Mais la cause de la liberté unie à la religion , la cause d'une loi sainte, planant à la fois sur le souverain comme sur le peuple, et leur servant de règle commune et de garantie réciproque, cette cause y Dieu soit loué, reste tout entière.
Nous avons beaucoup entendu invoquer dans les derniers temps la religion comme le rempart it l'autorité menacée. Dans le mouvement de réaction naturelle qui entraine aujourd'hui partout l'opinion des peuples vers le pouvoir absolu, nous supplions TÉglise de rester Tasile et l'espoir de la liberté.