‹ Études morales et littéraires: épopées et romans chevaleresquesChapitre 44 sur 49 · LES FILLES DU CID · texte numérisé non relu

LES FILLES DU CID

Le premier mariage des filles du Cid est, selon toute probabilité, de pure fantaisie.

Nous verrons plus tard quel sentiment peut en avoir dicté l'invention.

Dans l'histoire de leur second mariage, qui place la parenté de Rodrigue au rang des rois,

Oy los rreyes d'Espana sos parientes son.

Il existe un fond de vérité, mais altérée.

Les filles du Cid s'appelaient Christine et Maria. Christine épousa réellement un don Ramire, prince de la dynastie de Navarre, en ce temps là dépossédée de son royaume : la Navarre était réunie à 1* Aragon. Mais à la mort d'Alphonse le batailleur^ les navarrais, refusant de se soumettre aux cortès de Borja qui avaient élu don Ramire le moines et se séparant de TAragon, choisirent comme roi don Garcia Ramirez, fils de don Ramire et de Christine Rodrigue:{, et par conséquent petit-fils du Cid. C'était en 1 1 34 — notez cette date.

3o4 cuMTRE xn.

L'autre fille du Cid , Maria Rodriguez , épousa le comte de Barcelone Raymond Bérenger III, fils de Raymond II, télé d'étoupe, et neveu du comte de Barcelone battu et fait prisonnier par le Cid. De ce mariage il n'eut pas de fils; mais après la mort de Maria, fille du Cid, il eut d'un autre mariage les deux fils entre lesquels il partagea ses états. L'aîné, Raymond Béranger IV, eut la Catalogne, la Cerdagne et le Roussillon (ii3i).

Don Garcia Ramirez, petit-fils du Ctd et don Raymond Béranger IV, dont le père avait eu pour femme unefiUe du Cid, régnaient en 1 135, lorsque don Alphonse prit solennellement le titre d'empereur ; ils étaient tous les deux vasseaux d'Alphonse ; leur avènement au trône était récent : i [ 34 pour l'un, pour l'autre 1 1 3 1 ; l'un des deux, le roi de Navarre, petît-fils du Cid, comme nous venons de le dire (i) avait pris une part importante aux ce'rémonies du cou-, ronnement impérial, en [ 1 35 : tout cela ne suffitil pas, en tenant compte des confusions et de Tà-peu-près des légendes populaires, pour justifier le vers :

Aujourd'hui les rois d'Espagne sont ses parenls (i)

(1) V. p. 3oodeci (1)3723. ■

LA DATE DU POEME DU CID. 3o5

Et pour en tirer une induction nouvelle que le poème fut probablement écrit vers le milieu du Xir siècle?

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