‹ Études morales et politiquesChapitre 16 sur 58 · Mc lilaiions, éil. Simon, page 3C · texte numérisé non relu

Mc lilaiions, éil. Simon, page 3C

à une chose qu’il ne comprend pas vn nom qu'il n’entend pas non plus, vous no mettez point de distinction entre l’intellcction conforme à la portée do notre esprit, telle que chacun reconnaît assez en soi-même l’avoir de l’infini, et la conception entière et parfaite des choses, ç’est-à-diro qui comprenne tout ce qu’il y a d’intelligible en elles, qui est telle que personne n’en eut jamais nonseulement de l’infini, mais même aussi peut-être d’aucune chose qui soit au monde, pour petite qu’elle soit; et il n'est pas vrai que nous concevions l’infini par la négation du fini, vu qu’au contraire toute limitation contient en soi la négation de l’infini 1 . »

Est-il vrai maintenant qu’on se perde dans l’anthropomorphisme, et qu’on fasse de Dieu une idole humaine quand on reconnaît en lui l’intelligence suprême? Est-il vrai que notre raison soit tellement soumise aux conditions de l’espace et du temps qu’on n’arrive qu’à une abstraction chimérique quand on se figure une éternelle raison que rien ne limite? En ce point, la réponse deM. Saisset est victorieuse; c’est une des plus belles piges de son livre. Toutes les choses extérieures sont limitées par l’espace et le temps ; par conséquent, la raison ne peut les concevoir que sous cette double condition ; mais la raison elle-môme n’est pas comprise dans ces bornes du monde, elle se sent indépendante, elle s’élève jusqu’à des vérités qu’elle ne tire pas des phénomènes, et qui ne sont pas soumises aux lois sensibles. Conçoit-on, par exemple, un axiome mathématique qui ne soit pas vrai dans tous les temps et dans tous les lieux, en dehors même de l’espace et de la durée? Avons-nous besoin de voir ou de toucher un cercle pour savoir que les rayons en sont tous égaux?

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