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Lettres de piété, de Bossuet, préface, page xn

2. La mort n’est rien, regarde à la vie éternelle. (Voir le Blant, Inscriptions chrétien)!! I de la Gaule.)

prouve sa divinité. « La chose du monde à laquelle un « homme libre pense le moins, dit Spinoza, c’est lamort ; « la sagesse n’est point une méditation de la mort, mais « de la vie. » Ce sage, qui ne calcule que l’heure présente, nous le connaissons tous; nous savons jusqu’où peut aller l’amour delà vie, et d’une vie entourée de jouissances et d’honneurs ; ce qu’il nous faut, au contraire, c’est un homme qui songe à la mort, mais pourvoir au delà. Cet homme-là, le seul qui sache vivre, nous ne le trouvons guère que dans le christianisme. La philosophie a produit un Socrate et un Marc-Aurèle, mais ce peuple d’inconnus qui, sans éclat et sans bruit, aime et sert Dieu par-dessus toutes choses, qui chaque jour et en chaque pays entretient le feu sacré de la justice et de la vérité, ce peuple-là ne le demandez qu’à la religion.

Écoutez ce qu’écrivaient à saint Cyprien les prêtres de l’Église de Rome, déjà torturés et jetés dans un cachot, en attendant le martyre : « Qu’est-ce que la bonté di- « vine peut accorder de plus glorieux et de plus heureux « à un homme que de lui permettre de confesser Dieu « au milieu des bourreaux et dans la mort même?... « Qu’y a-t-il de plus beau que de briser toutes les ente traves du siècle et de se proclamer libre à la face de «Dieu?... Qu’y a-t-il de plus noble que de ne point « obéir, contre la foi, à des lois humaines et sacrilèges, « que de proclamer publiquement la vérité, que de '« dompter en mourant cette mort que chacun redoute, « que de conquérir l’immortalité par la mort même ‘? »

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