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mademoiselle la vallière. • 83
mauvais imitateur de saint François de Sales, et poursuivant jusqu à satiété les plus étranges comparaisons? Celle-ci, par exemple : « Il est vrai, Seigneur, que si « l’oraison d’une carmélite qui est retirée dans la soli- « tude et qui n’a plus qu’à se remplir de vous est « comme une douce cassolette qu’il ne faut qu’appro- « cher du feu pour rendre une odeur très-suave, celle « d’une pauvre créature qui est encore attachée à la « terre, et qui ne fait proprement que ramper dans le « chemin de la vertu, est comme ces eaux bourbeuses « qu’il faut distiller peu à peu pour en tirer une utile «liqueur*. »
Notez que le livre entier est écrit de ce style précieux; on peut l’ouvrir au hasard, on trouvera à chaque page ces mignardises qui siéent si mal à des lèvres qui sanglottent, à des yeux qui pleurent. « Comme je «reconnais mes impuissances, et que mon âme n’est « proprement qu’une terre ingrate et stérile qui sans « votre grâce ne produira que des chardons, arrosez-la,
« Seigneur, de cette abondante rosée qui fait germer « les fleurs et éclore les fruits, qui émeut notre volonté « et qui fait agir notre cœur, et qui, après avoir produit «dans notre âme des œuvres dignes de pénitence, les «défend des ardeurs du soleil, j’entends des flammes «de notre convoitise, et les conserve jusqu’à une en- «tière moisson 2 . » Je prends un autre chapitre, j’y trouve toute une série de comparaisons empruntées à la médecine : « Faites, mon Dieu, qu’au lieu de chercher