Ibid., page
« dans ma corruption des remèdes palliatifs plus pro- « près à entretenir la langueur qu’à produire la guéri- ’« son, j’aille dans le tribunal de votre justice y chercher « les caustiques qui me sont nécessaires pour consu- « mer la pourriture et la gangrène de mon âme 1 . » Tout ceci est d’un goût douteux, voici qui est d’un goût détestable : « Préparez donc, 6 mon Dieu, le palais « de mon cœur au goût d’une si délicieuse manne 2 . » Est-ce là le langage qu’on parlait à la cour du grand roi, ou n’est-ce pas plutôt le patois de la dévotion?
Je ne pousse pas plus loin cette étude; j’ai voulu seulement signaler aux critiques un problème qu’il ne m’appartient pas de résoudre. Si nous n’avions pas les lettres au maréchal de Bellefonds, nous pourrions admettre à la rigueur que mademoiselle de La Yallière, conseillée par un directeur et puisant dans des livres de dévotion , eût accepté le style de l’école, et que par pénitence elle eût habillé des réflexions très-chrétiennes et très - sages dans le langage que François de Sales avait mis à la mode au commencement du dix-septième siècle; mais, avec les pièces que nous possédons, cette hypothèse est-elle possible? Peut-on supposer que la duchesse ait écrit de deux façons en même temps, précieuse et recherchée quand elle parle à Dieu, élégante et naturelle quand elle laisse courir sa plume et qu’elle se confie à un ami? Il n’y a pour nous qu’une La Vallière, celle qui parle le langage de madame de Sévigné, de Bossuet, de Fénelon, la langue de la cour, la langue