Introduction, p. ciCX
le temps est verni de la juger et non de plaider pour elle ; mais, au risque de passer pour un pâle Vandale , j’oserai dire à M. de Montalembert qu’il y a dans son opinion un mélange de faux et de vrai. La question est moins simple qu’il ne suppose ; il est certaines théories qu’il avance comme indiscutables, et que pour ma part je ne puis accepter.
S’il y avait des désordres dans les couvents, nous dit-il, les moines en étaient surtout comptables envers l’Église ; c’est à Rome qu’il fallait s’adresser; on n’avait pas le droit de réformer les abbayes, encore moins de les supprimer.
Comment a-t-on osé toucher à une propriété respectable au môme titre que les autres? « La paix et le biena être dont les moines jouissaient, même au sein de « leur relâchement spirituel , étaient le produit des « travaux et des sueurs de leurs ancêtres , l’héritage le « plus légitime et le plus inattaquable qui fut jamais. « L’Église seule pouvait et devait y signaler le péché « capital que la religion proscrit partout... Il y avait là « pour l’Église une cause légitime d’intervention pour « une répartition meilleure et un plus utile emploi de la « richesse monastique. Mais y avait-il une cause d’ex- « propriation au profit de l’État? Non, mille fois non 1 ! »
Les idées que défend M. de Montalembert ne sont pas nouvelles ; plus d’une fois on a essayé de les introduire en France, jamais nos légistes ne les ont reçues. Dans cette prétention sacrée, ils n’ont vu qu’une erreur