Goodell : The American Slave Code, p. C
sont beaux et sains. Elle est très-féconde ', et offre une excellente occasion à quiconque veut élever pour son propre usage une famille de serviteurs bien portants. Les acquéreurs sont priés de remettre leur adresse au bureau du Mercure. »
Tandis que l’esclavage grandissait dans le Sud, l’opinion se prononçait contre lui dans les États libres, et avec une extrême vivacité. En Europe, de généreux philanthropes poursuivaient l’abolition de la traite et de la servitude et partout on applaudissait à leurs efforts; les États du Nord sentirent quelle infériorité l’esclavage donnait à leur patrie. Que devenait le légitime orgueil d’une terre chrétienne, que devenait la juste fierté d’une république, le jour oà l’on pourrait reprocher à l’Amérique d’étre le dernier asile de l’esclavage? L’horreur de l’injustice, la pitié, la charité, unies au patriotisme, enfantèrent ce qu’on a nommé Yabolitionisme. Yers 1831 les États-Unis lurent mis en feu par un parti qui, avec toute l’ardeur des pays libres, parlait, écrivait, soulevait l’opinion contre l’esclavage, et prenait pour devise /’ abolition immédiate.
Que ce parti eût peu de prudence, que son zèle fût souvent exagéré et même dangereux, il serait difficile de le nier; c’est l’histoire de toutes les révolutions. Qu’il s’agisse de religion, de morale ou de politique, les novateurs blessent toujours les intérêts qui sont nés à l’ombre des abus et des privilèges; la résistance est énergique, l’attaque redouble de violence, le fanatisme éclate des deux côtés; ce n’est qu’après la lutte qu’on
entend la voix de la raison. La paix se signe quand