Ibid,, tome II, page
succession des phénomènes, soit le fait primitif au delà duquel elles ne peuvent remonter. Dans la première acception, la loi n’est que l’étiquette d’une série; dans la seconde, c’est une inconnue que peut-être la science dégagera plus, tard pour se trouver en face d’un problème nouveau. Mais la philosophie , qui n’est que l’effort de l’esprit humain pour trouver les vérités premières, ne peut ainsi s’arrêter à un anneau de la chaîne ; il faut tout au moins qu’elle nous dise ce qu’elle pense de ce fait primordial. Déclarer qu’il est inexplicable et qu’on ne peut remonter au delà, ce n’est pas démontrer que ce fait a sa cause en lui-même, c’est confesser le mystère d’une cause inconnue. Pascal, fort injuste envers Descartes, disait souvent : « Je ne puis pardon- « ner à Descartes ; il aurait bien voulu, dans toute sa « philosophie, pouvoir se' passer de Dieu; mais il n’a « pu s’empêcher de lui faire donner une chiquenaude « pour mettre le monde en mouvement; après cela, il «n’a plus que faire de Dieu'.» Cette chiquenaude, n’en déplaise à Pascal, c’est toute la métaphysique. Le monde est pour nous comme une horloge vivante. Chaque jour nous connaissons mieux les forces qui l’animent; mais, quand même ces forces n’auraient plus rien de caché, resterait toujours la chiquenaude, et plus que jamais il nous faudrait conclure à l’existence de l’horloger.
Chose incroyable! plus la science de la nature fait de progrès, plus elle découvre de merveilles, merveilles