‹ Études morales sur l'antiquitéChapitre 21 sur 71 · Ibid,, m, 18 et id · texte numérisé non relu

Ibid,, m, 18 et id

lui doit de la reconnaissance pour avoir ruiné la divination et les oracles, que les stoïciens non seulement croyaient possibles, mais encore dont ils donnaient de savantes explications. Carnéade n'est donc pas un -simple sophiste, ni, comme disait un de ses ennemis, un charlatan qui jongle avec la dialectique, « un joueur de tours, un filou *, » c'est un critique avisé, pressant et redoutable. Ses discussions sur Dieu, sur la liberté, sur le mal, ressemblent à celles de Bayle contre Leibniz . On pourrait l'appeler le Bayle de l'antiquité, mais un Bayle irrésistible. Ainsi il a été jugé par les anciens, et ceux mêmes qui rinjuriaient en avaient peur. . des doctrines, dit Tun d'eux, l'emportaient toujours, et aucune autre ne pouvait tenir contre elles, tant il était grand et avait fasciné ses contemporains *. » Devant un tel adversaire, Chrysippe fut obligé de modifier son système ; son successeur, le nouveau chef du Portique, Antipater, n'osa plus affronter la discussion et, se cachant dans la retraite, se contenta de lancer contre le terrible ennemi du stoïcisme quelques écrits, comme un combattant découragé qui se venge sans péril ^ Carnéade avait fait le silence au-

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