‹ Études morales sur l'antiquitéChapitre 22 sur 71 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. On finit par donner à Antipater le surnom de CalamoboaSf le criard par écrit, (Plutarque, Du trop parler, ch. 2*1.)

tour de sa supériorité accablante, c Quand il mourut, dit Diogène de Laerte, il y eut une éclipse de lune, comme si le plus bel astre après le soleil prenait part à sa mort. > La philosophie, d*après cette légende, venait de perdre sa lumière.

Ce victorieux dialecticien, qui avait fini par n'avoir plus d'adversaire, personne n'osant plus se mesurer avec lui, était en outre un grand orateur, dont la puissance est attestée par les éloges de ses admirateurs, et mieux encore par les injures et Teffroi de ses ennemis. Que Cicéron nous vante « l'incroyable énergie et l'inépuisable variété de son éloquence » *, qu'il nous apprenne 'que dans les discussions il a toujours fait triompher le parti qu'il défendait, que jamais il n'a combattu une opinion qu'il ne l'ait renversée, ce sont là des éloges qui peuvent paraître suspects venant d'un admirateur et d'un disciple. Il vaut mieux s'en l'apporter au témoignage d'un ennemi, du pythagoricien Numénius, qui parle de Gaméade avec horreur et qui, pour n'avoir pas à reconnaître la force de ses arguments, attribue tous ses succès au prestige de sa parole. Le bon pythagoricien, qui appartient à l'école du silence et se trouve être un bavard, s'évertue en métaphores Incohérentes pour peindre la puissance et les res-

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