‹ Études morales sur l'antiquitéChapitre 23 sur 71 · Deorat,, II · texte numérisé non relu

Deorat,, II

sourcp<5 variées de son éloquence. « Il asservissait, dit-il, son auditoire...; au milieu d'une dispute subtile, tout à coup, s'il fallait produire de Teffet, il se réveillait impétueux comme un fleuve rapide coulant à pleins bords, il tombait avec force sur ses auditeurs, il les entraînait avec fracas. — Il battait en retraite comme les animaux qu'on attaque, qui ensuite reviennent avec plus de furie se précipiter sur les épieux ; il n'avait fait une concession que pour reprendre son élan. — C'était un voleur qui s'introduisait à la dérobée et puis se montrait comme franc voleur, dépouillant par ruse ou par violence ceux mêmes qui étaient mieux préparés à lui tenir tête *. » Les louanges les plus flatteuses seraient moiiis à l'honneur de Carnéade que ces outrages. Diogène de Laerte, à son tour, nous apprend que les professeurs d'éloquence fermaient leurs écoles ot renvoyaient leurs disciples pour avoir le loisir de l'entendre. Tout le monde est donc d'accord sur ce point, et ceux-là mêmes qui le regardaient comme « un monstre » convenaient avec colère que le monstre était charmant.

Cet invincible logicien, grand orateur, était de plus un Lo.iiino d'esprit, qui dans les entraînements de parole ravait se ressaisir et rester maître de lui-

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