‹ Études morales sur l'antiquitéChapitre 28 sur 71 · Elien, Var. hisL, lil, i · texte numérisé non relu

Elien, Var. hisL, lil, i

lE PHILOSOPHE CARNÉADE A ROME 89

SOUS quelques éclats d'éloquence, pour la première fois ils venaient d'être exposés aux douces violences de la persuasion.

La renommée de ces discours prononcés au sénat ou dans des réunions privées remplit aussitôt la ville, dit Plùtarque, traduit par Arayot, c comme si c'eust esté un vent qui eust fait sonner ce bruit aux aureilles d'un chacun. » On vantait surtout Carnéade et on disait c qu'il estoit arrivé un homme grec sçavant. à merveilles, qui par son éloquence tiroit et menoit tout le monde là où il vouloit, et ne parloit-on d'autre chose. » On entoura les philosophes, on désira les entendre; les jeunes gens surtout furent tout à coup saisis c d'un si grand et si véhément désir de sçavoir, que tous autres plaisirs et exercices mis en. arrière, ilz ne vouloyent plus faire autre chose que vacquer à la philosophie, comme si ce fust quelque inspiration divine qui à ce les eust incités *. » Plùtarque ajoute un fait assez surprenant, qui montre que l'ignorance romaine commençait à être mûre pour la philosophie : c'est que les pères de famille romains, qui jusqu'alors l'avaient repoussée, furent heureux de voir leurs fils se plaire aux discours de ces hommes admirables et prendre goût aux lettres de la Grèce.

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