‹ Études morales sur l'antiquitéChapitre 31 sur 71 · Nos justissimi homioes. (Cicéron, De Repiib., III · texte numérisé non relu

Nos justissimi homioes. (Cicéron, De Repiib., III

LE pmuy^OTiE ciiJÉ.ac & «vie 9m

dans les temps mcdaiîâs. Ce -'^aj:. îLc-m- ri' m misérable rhéteur qui Tçcàsfc *àîcmr msb îcfnâiu^ par une sorte de pKëùââ^zssxiik '^r&rxci vu. vzr^ avoir montré son ol^€Ç fl ^ âiau: iisçsxn^rt «iix yeux ébahis. Cest làfakn cas£ ^asçreaâe*: j» jin^n»tiens et la méthode da ^^'jsiçiu: ^Ê^:uiésiuvuiTL Comment peut-oo croire -te'is. hvaxxui: «. iiu init avait besoin de crédit erjosaut iSLtsasBut^vs. un ^^^ cherché la puérile gloérsr dg: fâstar ^nr la vsara^tan? N'était-ce pas ^ex^jssr k ieexauôn ûc*: ". 1j» paroles que tous arez çrxxase^i^ ^tîrrun jut ^p^isk^ teurs avec tant d'aottïriSé ^ ^ eu!^!;»^ X'^^tati«nc donc qu*un jeu trcuifsear ^ isKr ^sjrxmirj^ C *îlr *riJt: perdre tout le fruit de wotk éû^^iKune »i %éaâii j^tn^ en parlant tour à tour {Kiar ^ ^jarst a jutfw^ x ne Élisait que sume sa obéËr^à^ ^râ£uar% t;isU^ t<*: la science académiqae: il suecaiC ^suvupe mi*: Itiit ^ balance les TraiseiiibSaaK^ <t j^ yruxsua^Jdrjhk .uk deux doctrines adrerv» ^ f^^iâai: ji^ «if{ir.;tntn juges du problèaie. < Radv k jf'^nr ^ j^ vuui^. dit Cicéron, répétant Csm^snàî:^ tr'^ftC^ tuvMst j^ v^ut facile de trourer la rériJé ^ * E y ;»»$«: tu*rtu*: liiriif ce procédé une certaisie Ir/sxi^ 9x t^j^ncisUgu^^ <.;<)^ rien ne forçait Caméad^ i ^aù^ <wfjgx ^ ^(^i^v langage les raisons de f» idr^ruu;'^. Jti^ ut iuvf,^

94 LE pnaosopnE cah^éade a rois

il a fait ce que foQt encore aujourd'hui les professeurs de philosophie, ce qu'a fait au Collège de France sur le même sujet JoufTroy dans son célèbre cours sur le droit naturel, où il a d'abord exposé la doctrine qu'il devait réfuter dans la leçon suivante. Sans doute Caméade et JouiTroy ne sont pas dans le môme camp, et leurs rôles semblent inverses; qu'importe? Il s'agit ici non de la conclusion, mais de la méthode. Que d'ignorants Romains, pour qui une pareille discussion était une nouveauté étrange, se soient mis en tête que dérouler avec éloquence un système et le mettre en pièces avec plus d'éloquence encore fût un jeu d'adresse, on conçoit chez eux cette simplicité; mais nous serions un peu simples nous-mêmes si, dans un procédé fort légitime de discussion, nous ne voyions qu'un artifice divertissant de la rhétorique.

Nous ne connaissons pas le premier discours en faveur de la justice dans lequel Caméade exposait les hautes théories de Platon, d'Aristote et des stoïciens, où était établie Texistence d'un droit naturel, c'est-à-dire d'une loi universelle, invariable, qui dans tous les temps et dans tous les lieux s'impose IX la conscience du genre humain. Mais, grâce à des passogcs épars de Cicéron, complétés par Lactancei nous pouvons plus ou moins recomposer le second discours contre la justice. Là, selon sa coutume.

opposant à la première thèse une antithèse, il niait cette loi immuable et commune à tous les hommes. S'il existait un droit naturel, disait-il, les hommes, qui s'accordent sur le chaud et le froid, le doux et. ramefj s'accorderaient aussi sur le juste et Tinjuste; mais parcourez le monde, et vous verrez quelle est la diversité entre les mœurs des peuples, leurs opinionâ, leurs religions. Ici, le meurtre est en honneur, là le vol. Les Carthaginois, dans leur piété barbare, immolent des hommes, les Cretois mettent leur gloire dans le brigandage. Les lois sont différentes selon les pays, et dans le même pays, dans la même ville changent avec le temps . Ce que nous appelons justice n'est donc qu'une invention arbitraire et variable pour la protection des faibles et le soutien des Etats. L'argument n'est pas d'un rhéteur qui se; joue, car il est formidable, il a eu l'honneur d'être repris par Montaigne et par Pascal, dont on connaît Famère et hautaine saillie : « Trois degrés d'élévation du pôle renversent toute là jurisprudence... Plaisante justice qu'une rivière, bornai Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà, j C'est Carnéade qui le premier a introduit avec éloquence dans la discussion philosophique cette difllculté, qui n'est point méprisable. Pourquoi attribuer à la futilité et à la mauvaise foi d'un sophiste un argument qui n'a point été dédaigné par un Pascal, que de grands

96 LE PHILOSOPËE CARNÉÂDE A ROHB

philosophes ont repris en . leur propre nom, que l!école anglaise n'a point abandonné et qui est encore si spécieux aujourd'hui que rAoadémie dçs sciences morales et politiques, s'est crue obligée, naguère d'en provoquer la réfutation? Sans doute,. si dans la science c'était un crime d'embarrasser les défenseurs de la bonne cause , Carnéade mériterait les injures dont on l'accable, mais alors il n'y aurait plus de philosophie; s'il importe au contraire que même la bonne cause soit attaquée pour qu'elle ait occasion de fournir ses preuves, on ne peut savoir mauvais gré à Carnéade d'avoir contraint la philosophie à faire un effort pour défendre l'existence d'un droit naturel. Grâce à cet effort séculaire, elle est parvenue à dissiper les nuages qui obscurcissaient les principes de la morale, à saisir, sous Tinfinie variété des institutions et des coutumes, la loi universelle non écrite, supérieure à toutes les lois qui en émanent j à faire enfin briller d'un éclat nouveau « cette loi immuable et sainte, qui, selon lô beau mot de Cicéron, n'est autre à Athènes, autre à Rome, autre *aiijourd'hui, autre demain *. »

Bientôt Can^éadev' changeant le .point de vue et maniant ayec art son pjocédé critique qui consistait à établir dés antinomies inconciliables, laitToic quo

. iVji» i. :

Page 1