Odyssée, IV
138 LES CONSOLATIONS DANS L'aNTIQUITË
celte foi naïve à un remède physique contre les cha* grins n'est pas abandonnée. A la campagne, dans quelques-unes de nos provinces, on donne un repas après la cérémonie funèbre, pour noyer, dit-on, 1^ soucis, et, dans nos grandes villes, ne voit-on pas aux abords des cimetières une longue rangée de refuges indécemment consolateurs, où les affligés, revenus d'une tombe récente, recourent au remède homérique, sans avoir lu Homère.
On crut aussi, durant toute l'antiquité, à la vertu de certaines paroles magiques. Les incantations étaient usitées dans les maladies de l'âme comme dans celles du corps. Si Ulysse, dans VIliade, a pu arrêter le sang qui coulait de sa large blessure en se récitant un seul vers selon la formule consacrée, si Caton se faisait fort de remettre une jambe cassée avec quelques mots barbares que nous connaissons', on pouvait bien espérer d'arrêter par des moyens analogues la violence du désespoir. Il y avait de ces formules pour toutes les passions aussi bien que pour toutes les douleurs. Horace l'a dit : « Il est des charmes souverains, il est des paroles puissantes qui guériront votre mal ou du moins raffaibliront :
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