‹ Études morales sur l'antiquitéChapitre 44 sur 71 · Epttres, I · texte numérisé non relu

Epttres, I

LES CONSOLATIONS DANS l'aNTIQUITÉ 139

Tel était le crédit qu'on accordait à de simples mots que, dans toute l'antiquité, de grands hommes, et même, depuis le christianisme, de saintes âmes avaient recours pour calmer leurs chagrins aux moyens les plus bizarres, en se laissant tromper par de fausses étymologies. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, comme le mot grec potXaveTov, qui signifie bain, a quelque rapport apparent avec fôXXo>, qui veut dire chasser, on s'était mis dans l'esprit que le bain chasse les douleurs de l'âme. C'est comme si aujourd'hui, sous le fallacieux prétexte que le mot hain vient de bannir, les malheureux se conduisaient en conséquence. Pourquoi ne dirions-nous pas que le plus illustre des Pères de l'Eglise n'a pas craint de raconter dans ses Confessions qu'après la mort de sa mère, ne sachant comment adoucir l'amertume de son insupportable chagrin, il eut la pensée -de se baigner sur la foi de cette étymologie *. Il nous confie, avec sa noble ingénuité, que le remède fut inutile et qu'il sortit du bain tel qu'il y était entré. On n'a point de peine à le croire.

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