‹ Études morales sur l'antiquitéChapitre 47 sur 71 · De Vexil · texte numérisé non relu

De Vexil

156 LES CONSOLATIONS DANS L^ANTlQUlTâ

d'Athènes est plus belle que celle de Corinthe *, » Sénèque, plus judicieux que PJutarque^ présente des considérations moins choquantes et qui vont un peu plus au fait : « Si vous voulez bien regarder autour de vous, vous verrez que presque tout le monde est expatrié. Cette multitude qui remplit Rome, de quoi est-elle composée? De gens qui par ambition, pour le plaisir, pour les études, sont accourus dans une ville où les grandes récompenses sont décernées aux vertus et aux vices. Ils sont pour la plupart dans un pays qui n'est pas le leur. Il en est ainsi de beaucoup d'autres villes. Même dans les lieux incultes, à Sériphe, à Gyare, on rencontre des étrangers qui y demeurent pour leur agrément. Considérez encore les migrations de peuples entiers, voyez les Grecs établis sur le Pont-Euxin et dans les lointaines contrées de l'Inde *. » Voilà des arguments auxquels un écrivain éloquent peut donner du crédit, bien qu'ils ne soient point d'une parfaite justesse. En effet, pour tous ces hommes qui ont quitté le sol natal par intérêt ou par plaisir, l'exil n'est pas Texil, puisqu'il est volontaire. La douleur de l'exil véritable est dans la violence qu'on vous a faite, dans le déchirement subit qui vous arrache au sol, aux affections, à la société, et qui, en

Page 1