‹ Études morales sur l'antiquitéChapitre 58 sur 71 · De im, l. III, ch · texte numérisé non relu

De im, l. III, ch

cette coutume d'un maître pythagoricien, et la complaisance qu'il met à décrire dans le détail l'examen de conscience semble prouver que cet exercice n'était pas encore bien connu, que c'était une occupation d'élite à la portée seulement des philosophes et des sages les plus scrupuleux; mais cet usage, rare d'abord, va se répandre et devenir assez commun paimi les simples amateurs de la philosophie.

En effet, un demi-siècle après Sénèque, un autre stoïcien, le sage pratique par excellence, Épictète, dans ses Entretiens^ recommande souvent l'examen de conscience, et en insistant sur la nécessité de le bien faire, en se moquant de ceux qui le font mal, il laisse voir que le précepte était fort connu, s'il n'était pas toujours bien pratiqué. Plus d'une fois il cite le passage des Vers d'or^ ou bien il se contente d'y faire allusion comme à une prescription dont il suffit de donner les premiers mots pour la faire aussitôt reconnaître. Ces vers, dit-il, il faut les retenir pour les mettre en pratique et non pour les débiter comme une formule consacrée dont on ignore le sens *. Bien plus, dans une spirituelle parodie, il nous fait assister à l'examen de conscience du courtisan qui s'est proposé un idéal de bassesse comme un honnête homme se propose un idéal de vertu, qui s'interroge

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