‹ Études morales sur le temps présent (volume 3)Chapitre 12 sur 56 · LE XVUI' SIÈCLE ET LE PARTI PE L'AVENIR. M · texte numérisé non relu

LE XVUI' SIÈCLE ET LE PARTI PE L'AVENIR. M

Yérité ; ils ne tous fascinent pas, ils ne vous éblouissent pas, ils vous persuadent; ils ne prodiguent à leurs adversaires ni rhyperbole ni Toutrage, ce qui est toujours une mauvaise manière d^avoir raison, ou plutôt ce qui est une manière assurée de se donner tort , puisque l'exagération met Tesprit en défiance et que l'injure le révolte ; ils se contentent d'avoir raison , avec ce calme qui est la dignilé de la force, et cette sérénité qui est la grâce de la victoire. Ils ne connaissent ni les frissons sablimes de la sibylle , ni les frémissements du trépied prophétique, ni les secousses du dieu inconnu. Mon Dieu non! ce sont des hommes comme vous et moi, seulement qui , plus heureux que vous et moi, ont reçu le privilège des hautes pensées et le 'don de l'exprèsj sion noble sons emphase, simple sans banalité. La mode n'est pas avec eux, ils le savent et s'en consolent; ils ont pour eux , ce qui vaut mieux que la mode» le goût.

Nous avons cru devoir insister sur le caractère littéraire de l'école à laquelle appartient M. Lanfrey. Ce caractère nous indique d'avance quelles doivent être les tendances de l'école. Un style aussi hyperbolique ne peut convenir qu'à une phUosophie violente. Quand l'expression est aussi tourmentée , soyez sûrs que vous diercheriez en vain ou le calme dans la pensée, ou la modération dans les opinions. Cette chaleur factice , cet enthousiasme artificiel, ce délire de parti pris, ce lyrisme systématique dans ses emportements, et prémédité dans ses plus grands écarts, tout nous annonce que nous sommes en face d'un système excessif; tout nous révèle des esprits résolus à pousser une idée à ses extrémités les plu» désespérées, au nom d'une logique impitoyable. Dieu nous garde d'accuser la sincérité de ces tendances

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extrêmes ! Il ne nons arrivera jamais de soupçonner la bonne foi de nos adversaires. Mais enfin» il nous sera permis de dire que des opinions plus modérées ne chercheraient pas à &ire tant de bruit, qu'elles s*appuieraient moins sur les secours extérieurs de l'image et de l'hyperbole, et qu'elles auraient plus de confiance dans la force de la vérité que dans ces ressources toujours un peu artificielles d'une rhétorique enflammée. Nous sommes, quant à nous, du parti de ceux qui aiment à frapper juste. Nos adversaires aiment mieux ft-apper fbrl. Il y a là, croyez-le bien, il y a là plus qu'une différence de mots.

Le livre de M. Lanfrey a pour but apjlarent d'opposer, dans un tablaau dramatique, l'Église matériellement puissante, mais avilie et dégradée, et l'afmée des philosophes, faible d'abord et dispersée , mais invincible par l'idée, irrésistible par la propagande de la vérité. Luimôme, dans les premières pages, résume ce tableau : « Les deux camps sont en présence : d'un côté, tout ce qu'il y a de puissant et de respecte ; la royauté ellemême avec ses années, ses parlements, sa noblesse, ses lois, ses prisons; l'Église avec son clergé innombrable et discipliné, ses confréries, sa milice de moines et de missionnaires, le prestige antique de son autorité et de ses richesses. De l'autre, quelques hommes faibles, pauvres, isolés, qu'on décrète, qu'on exile, emprisonne; puis des batailles désespérées entre ces armées inégales ; les vainqueurs affaiblis par la victoire, et les vaincus grandis par la défaite ; l'ironie s'incarnant dans un homme pour sauver le genre humain ; le plaisant mêlé à l'horrible; des bergeries etdesauto-da-fé; l'inquisition en perruque poudrée, et la politique en habits de marquise avec mouches et pompons; tout cela dans un

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pâe-mèle éblouissant et fantastique ; puis enfin Tordre se dégageant du chaos et la lumière de Fombre , des alliances inattendues, la trahison impuissante , la conscience affranchie» le droit proclamé , la persécution honteuae d'elle-même et reniant ses dogmes sanguinaires. Vit-on jamais un plus éclatant triomphe de Tidée sur la force? » .

Oa a cru d'après le titre du livre, et aussi d'après cette page de haute fantaisie , que Tobjet principal , unique même de H. Lanfrey» était de raconter, dans toutes ses péripélies, la lutte de la raison émancipée contre le despotisme de la foi et le triomphe définitif de Yidée^ faible, Due, désarmée, sur le catholicisme armé. On s*est imaginé qu'il s'agissait, pour M. Lanfrey, d'instruire le procès de l'Église et do la condamner sur ses méfaits et sur ses crimes du dernier siècle. Pure erreur I tel n'est pas le vrai but du livre : c'est bien moins une attaque contre le christianisme en particulier qu'une charge à fond sur le dogmatisme en général. Â qui sait lire et comprendre, il sautera aux yeux que ce petit ouvrage a une bien autre portée que celle qu'on lui attribue, et que son auteur lui-même, trop modeste, a bien voulu lui donner. Non , ce n'est pas là un pamphlet contre l'Église, c'est un pamphlet contre la raison.

Si ce n'était qu'un pamphlet contre l'Église , nous plaindrions la pénurie des arguments , l'indigence de la logique , le défaut d'originalité du livre , et nous pourrions ne pas nous en occuper davantage. Nous renverrions le lecteur au livre contre les jésuites de MM. Michelel et Quinet, et tout serait dit. Nous connaissons de longue date l'histoire secrète et l'histoire publi((ue des jésuites; les détails de leur expulsion du Portugal,

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de la Francç et de TEspagne; leur suppression par CK^ment XIV, le sens et la portée de ce grand éftnemcuî. M. Lanfrey ne croit pas non plus, sans doute, nous apprendre quelque chose de bien nouveau dans le sombre* tableau» qu'il esquisse à grands traits, de TÉglise militante sous Louis \IV; il a eu YMéc hardie de recomniciiccr pour la centième fois riiisloire de la révocation de redit de Nantes et des conversions forcées, et ùt^ dragonnades, et de Mme de Blaintt*non. Nous admirons le coumge malheureux de lauleur, qui le porte h nous mettre sous les yeux la longue querelle du jéKuitismc cl du jansénisme, et rintcrminablo affoire de la bulle LnigenituM. Nous admirons enfin comme il sa fiiit des armes terribles contre TEglise de Thistoire inédite d*un certain coquin nommé Dubois, qui devint cardinnl à Frirrc d*intrigues, dos vii^ions d*une certaine religieusr nommée Mnrie Alacoque, et des scandales de certaines scènes miraculeii:(es qu on ap|)clait \i*t rùHvulâiom». Vax ▼érité, ce {^rait par trop mluiisscT la valeur de ce li^re que (K* It* pren<)re par ce côté vulgairr et dû*lamatoiie. On a dit cvnX fois mieux, on a frappé cent fois plus fort dan« nitlle pniiiplilcts nimplétement oubliés. Mais, je le répcte, c(' nWt |n« là le vrai sens ni la vraie pnrlce de cp livre. Il a une portée plus Imute , il s'attaque on\ prim ipes mêmes de la mi^n qu*il nie, au\ a&iomes les l'fus e^< nlirls de la métaplijsique, qu'il infirme. C't st là quM fuit clierrlitT rori^iualité de Tauleur. Il a pu ^*y méprendre* lui-uiOine; il a pu croire qu*ii défendait la |ih:l>t<«-|iliie au moniont même où il Térrasait sous l(*s drhrsde'* t^mpl^-* n n%erMn. S'il Ta cru, il s'est trompé. <> qui a in^pl^^ n li\ri\ ronV^t p.is la liaine du diris* ti.m'Him*. c'i*st la haine et le mépris de tout dogniatisin * quel tpi'd >o\\. Le dernier mot do cet ouvrsge ,

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"évèrement interrogé, ce n*est pas Fincrédulité reli- 39use, c*est le scepticisme.

Je Toudrais mettre ce point essentiel à l'abri de toute fonteslaiion. Mais comme il s'agit ici d'une discussion irès-sériease , je ne yeux parler que preuves en main. Le lecteur nous pardonnera donc de produire devant ses feux non pas toutes les pièces du débat, mais au moins les documents essentiels. On lit à la page 89 : f Vois, '.Qon fils , disait Oxenstiern à son royal élève , combien J se dépense peu de Maison dans le gouvernement du monde. Ceci n'est-il pas plus vrai encore des systèmes religieux et métaphysiques? Quel dédain du sens cornuun dans ces superbes théoriciens du néant! Avec quelle assurance ils refont l'œuvre de Dieu et Dieu lui- Hiéme, définissant sans sourciller l'infini et le fini, l'être aie non-étre;, les causes et les effets, le tout à l'aide fune monade, d'un atome crochu, ou d'un péché ori- :ineL Que d'églises! que de sectes! que d'écoles! que d'exconfimunications ! que de haines! que de guerres! lo jour vint où le sens commun protesta, et les systèmes croulèrent.... » A la page 136: « Le xvni* siècle jugera par un arrêt suprême et définitif cet éternel et tffiroyable procès entre la foi et la raison ; et ,' pour en détruire à Jamais le germe dans sa racine , il fera sur la métaphysique le même travail que sur la religion en les déclarant solidaires. Il sommera cette orgueilleuse et chimérique prétendante de produire ses titres à gouverner le genre humain; il lui demandera compte des sublimes intelligences qu'elle a perverties et détournées du droit chemin : Qu'as-tu fait de Descartes, de Malebranche, de Lcibnitz, de Pascal? Que sais-tu de Dieu? Que sais-tu de l'infini? A quels résultats certains es-ta parvenu depuis trois mille ans? En lui refusant le

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/ nom de science , il la bannira de ce domaine de la philosophie que naguère encore elle usurpait tout entier, en le couronnant de ces roses symboliques que Platon destinait aux poètes. • Citons enfin quelques assertions empruntées au xu* chapitre, un de ceux où la pensée intime de Fauteur éclate avec le plus de force et de netteté : « Dans toute religion, il y a une métaphy* sique, et réciproquement.... Elles ont le même fondement, la même valeur scientifique, la même autorité, le même droit : l'une est la théorie, l'autre la pratique; Yoilà tout ce qui les différencie.... N'ayant pour instrument et pour contrôle que le raisonnement, isolée de ses points d'appui naturels, l'évidence et l'expérience, la métaphysique est vouée d'avance , par sa nature même, aux éternelles variations de l'incertitude. Elle s'arrête sur le seuil de la science ; elle ne peut atteindre qu'à l'hypothèse, à la probabilité, et n'a, par conséquent, qu'une valeur purement esthétique.... Lors donc que Bayle, et après lui Voltaire, et tout le xvui* siècle, généralisant leurs attaques et élargissant le champ de bataille, enveloppaient la métaphysique dans le même anathème dont ils frappaient la religion comme élément législatif, ils obéissaient, sans le savoir, à une nécessité rigoureusement logique i et donnaient à la tolérance son seul fondement inébranlable. »

Nous aurions pu fortifier ces citations par mille autres passages empreints du même esprit. Il nous suffira d'avoir mis en lumière l'incontestable pensée de M. Lanfrey. Cette pensée, la voici : la loi religieuse n'est que l'écho de la métaphysique. La religion n'est pas autre chose que la métaphysique mise en dogmes, en rites, en institutions. Ne faisons donc pas comme ces révolutionnaires timides, qui attaquent la religion tout en

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!!nregardant la métaphysique. Coupons le mal dans sa vme. La religion n'est que Tapplication de certaines '«èculatiotis abstraites ; reléguons dans la région des tolères tous ces dogmes métaphysiques; alors, alors tolement succomberont les religions. -^ La religion :>$t donc pas le vrai but des attaques passionnées de l Lanfrey. Au delà des religions positives, il atteint la ^gion naturelle, le spiritualisme, la raison. Singulier tffenscur du la philosophie, qui attaque la raison i\m ses plus incontestables applications ! C'est un point 3îi nous semble dès maintenant acquis à la discussion. |i. Lanfk'ey proclame hautement la solidarité de la re- |:non et de la métaphysique ; il n'attaque, dans le chris- Unisme qu'un système particulier d'idées philosophiiies. Son incrédulité n'est donc pas de l'incrédulité, est du scepticisme; l'apôtre de la raison en est l'adr^reaîre forcené.

H. Lanfrey rejette sans pitié les axiomes métaphysimes, ces oracles naturels qui seînblaient jusqu'à ce jour imposer avec tant d'autorité au sens commun, à la raison instinctiTe et spontanée de l'humanité. Il nous iemande où est l'axiome de la métaphysique qui s'impose avec une force irrésistible à la nature humaine; il lious demadde où sont ses premiers principes évidents, i l'en croire , l'idée de cause , le seul fondement qu'on ^sse lui donuer est une abstraction qui ne définit rien , une chaîne dont les anneaux vont se perdre dans rhiflni. On le voit, et c'est là surtout ce que nous voulons faire toucher au doigt , ce n'est plus le procès de la religion que l'on instruit, c'est le procès de la raison. Nous ne pouvons pas engager avec M. Lanfrey une disctission qui serait interminable , puisqu'elle mettrait en cause les éléments mêmes de la raison humaine. Ce serait

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l'objet d'un livre , et nous ne voudrions pas compromettre un si grand sujet par le péril d'une exposition bàlive et superficielle. li nous suffira de proposer à M. Lanfrey un de ces principes métaphysiques, doués, à notre sens, d*une incontestable évidence. Ce ne sera pas ridée de cause, mais Tidée de cause première, ce qui est fort difiérent; ce sera le principe de causalité, et nous lui demanderons- si cet axiome ne s'impose pas avec une nécessité absolue à son intelligence : Tout ce gui commence d^ exister juppose une cause. Nous réduisons le principe à sa forme la plus élémentaire, à sa plus simple expression. Quant au progrès des causes à l'infini, il y a longtemps que le bon sens de Clarke a fait justice de cette difficulté puérile.

U est donc bien constaté pour l'auteur que la métaphysique est une pure science d'illusions , et que les prétendus principes de la raison ne sont que des préjugés. Or, veut-on savoir quelles questions sont ainsi retranchées d'un trait de plume du programme de la philosophie , quelles sont les spéculations qui vont périr dans cette grande ruine de la métaphysique? C'est bien peu de chose en vérité : il ne s'agit que de l'àme et de Dieu. La philosophie s'occupera de tout , sauf de ces deux points impercepUbles , Tâme et Dieu ! M. Lanfrey est fort explicite dans la décision qu'il a prise à l'égard de ces deux questions mesquines si stérilement agitées par l'humanité depuis que l'humanité raisonne. Il affirme à plusieurs reprises que l'homme n'a, aux yeux d'une critique sévère , ni le pouvoir, ni le droit de rien affirmer sur la nature de Dieu ou sur l'essence de l'àme ; iJ soutient que les deux grandes manifestations de l'idée métaphysique, le spiritualisme et le sensualisme, indi- . quent par leur coexistence l'insuffisance de leur certi-

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i}de, la stérilité de leurs principes, et annoncent par à même que le moment est proche où l'esprit humain >a£Dranchira de leurs prétentions, en les reléguant dans le monde des pures abstractions insaisissables et chimériques. Vous vous rappelez cette terrible ironie contre ks métaphysiciens, ces iMoriciens du nÀint^ qui définissent sans sourciller l'infini et le fini, l'homme et IHeu, à l'aide d'une monade, d'un atome crochu ou dun péché originel! C'est là l'&sprit du livre, c'en est â conclusion : plus de métaphysique , plus de vaines spéculations sur l'homme et Dieu.

Or, je le demande, une philosophie qui n'a plus le droit de s'occuper de Dieu ou de l'àme, qu'est-etle? Elle D'est plus qu'une pure science de phénomènes. — Elle peut être encore autre chose, le scepticisme.

C'est à cela que nous semble incliner fortement la doctrine de M. Lanfrey. Ses jugements sur les philosophes dont il fait mention sont tous empreints d'une extrême rigueur à l'égard du dogmatisme, et d'une indulgence excessive à l'égard du scepticisme , même le plus avancé. La philosophie du doute qui ressort si fortement de ses principes ressort avec une égale évidence de sa critique historique. Quelques exemples seulement. Descartes comparait à la barre du sévère jeune homme, et, après avoir reçu quelques compliments sur le doute méthodique, il est éconduit sans pitié pour sa métaphysique, et condamné à un exil perpétuel dans le royaume des hypothèses. Le « je pense, donc je suis >» est traité de pléonasme, purement et simplement. Simplement, je me trompe. On reproduit une facétie d'un goût contestable, par laquelle un auteur inconnu décompose l'aphorisme de Descartes en deux propositions monstrueusement niaises, ce qui prouve non pas contre

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Descartes, mais contre l'auteur de cette ingénieuse déeampoisiiion^ qui est convaincu, aux yeux d'un juge impartial, de n'avoir pas lu sérieusement ou de n'avoir pas compris Descartes. Quant à cette démonstration, ifkagniiique de simplicité, par laquelle Descartes s'élève, du sein de sa misère et de son imperfection, à la notion d'un être parfait, au lieu de discuter cette grande théorie, qui, certes, valait bien la peine d'un débat en règle, on se contente d'affirmer que c'est là une hypothèse ingénieuse , sans doute, mais qui ne tient pas devant une critique -sévère. Ailleurs, le critique, non plus seulement sévère, mais injurieux, se contente de railler cette folle campagne contre l'infini, QuantàLeibnit2 considéré comme métaphysicien , il n'est pas mieux traité. M. Lanfrey se moque beaucoup des monades de l'harmonie préétablie. Je suppose, sans être sûr, que l'auteur a voulu dire les monades et l'harmonie préétablie. 11 appelle aussi quelque part Leibnitz l'apôtre de ce meilleur des mondes, à qui il a été donné d'égayer nos pères. U renouvelle à satiété les plaisanteries un peu usées contre la raison sufHsante. Candide, qui n'est qu'un jeu d'esprit aussi superficiel qu'il est amusant , est une critique sans réplique de l'optimisme. Voilà donc Descartes et Leibnitz exilés de la philosophie nouvelle. Ils sont condamnés pour crime de métaphysique et rejetés sans rémission au rang des rêveurs. Quels seront donc les vrais philosophes des temps modernes? Au xvn* siècle, c'esl Pierre Bayle. Lorsque M. Lanfrey arrive à ce nom privilégié t il ne possède plus son enthousiasme , il n'esl plus le maître de son lyrisme. Nous avons déjà cité la fameuse apostrophe : « Mais toi, héroïque soldat de la vérité, etc.».. » Ce n'est plus un jugement impartial , c'est de l'idol&trie. Où Bayle a douté , on doutera éter-

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