‹ Études morales sur le temps présent (volume 3)Chapitre 13 sur 56 · I LE XVIIP SIÈCLE ET LE PARTI DE L'AVENIR · texte numérisé non relu

I LE XVIIP SIÈCLE ET LE PARTI DE L'AVENIR

vilement. Le doute de Bayle est moral, salutaire, fécond. > doute de Montaigne est un oreiller pour une tète m faite, c'est-à-dire pour un bonhomme prudent, âirToyant et un peu égoïste. Celui de Descartes est une ^thode ; celui de Pascal une torture. Le doute de Bayle fi une religion. Il a enfanté le monde moderne. Au nir siècle , la foule des vrais philosophes devient plus mpacte. Ce seront les libres penseurs de l'Angleterre : ^^Uins, Tolland, Boiingbroke, pour ne citer que les lefs du bataillon sacré. En France, ce sont, pâles et 'nsifSj ces savants , ces poètes , ces moralistes : Diderot, ' marquis d'Argens, Duclos, d'Alembert, Grimm, lynal, d'Holbach, Lamettrie, Boulanger, Helvétius; •5t surtout Voltaire, le prophète et le verbe de la phi- ^phie nouvelle. Or, tout le monde conviendra qu'une hilosophie représentée par Bayle et par Voltaire ne ' iit être qu'une philosophie critique , un scepticisme empéré. Nous n'insistons pas sur l'évidence, et nous ^Qons pour constaté que toutes les complaisances de I. Lanfrey sont acquises aux représentants du sceptiisme , toutes ses sévérités et ses rigueurs assurées aux his illustres chefs du dogmatisme moderne. Or, n'est-^il m d'une bonne et saine logique de conclure que là où mi les prédilections d'un auteur, là aussi sont ses conictions? Il ne faudrait pourtant pas appliquer trop rigoureusement à M. Lanfrey les conséquences de ce prinipc, car ses prédilections sont assez confuses. Parmi H noms cités plus haut et qui constituent son panthéon ihilosophique, les uns représentent le déisme mitigé, es autres le pur athéisme, quelques-uns un dogma- [jsme incertain, d'autres un scepticisme absolu, quel- []ue&-uns l'indifTérence pure , d'autres enfin un vague sentiment panthéistiiiue. Or, à moins d'unir en soi les

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contraires, M. Lanfrey doit faire un choix entre d*opinion8 opiMMées. L*unité de tous ces systèmen c tradictoires, r*est la haine commune de la religion t mépris de cette philosophie éicmclle, de celle pliiU phie patricienne « qui, depuis Platon jusqu'à nes<viri élève Tàme immortelle et lihre, sur les ailes d*uiic c lectique passionné^*, jusqu'au sein de Dieu. C'est vu v par ce côté négatif que U. Lanfrc> comprend el n*i tous ces s^sièmes et tous C(*s hommes dans une rc mune idolâtrie.

Négation de U métaphysique, négation des droifs plus élevés de la raison, négation radicale de tuiite> i spéculations qui ont pour objet Tânie et Dieu, viiil.i qui n*ssort avec évidence des aveux très-explicites des prédilections philosophiques de M. Lanfrey. No sommes hien aise de savoir dorénavant à quoi nous tenir sur la docirine du parti de l'avenir et sur les co iricUonN de h jeunesse françaÎM*. Il parait que ces a} Yictions consistent à n'en avoir d'aucune sorte sur I deux questions qui tiennent aux plus profonds M*nt menls el aux intérêts les plus sarrés de Thunianit M. Lanfrey, organe autorisé de la jeunefM*, déclare fn mellement opposer une Hn de nofi-rere\oir à toutes li, solutions métaphysique^. Il pnirlame le spiritualÎMiM* «, le sensualisme également vrais , également faux. Il M>n tient que toutes ces questions ne sont bonnes qu*à en tretenir entre les hommes de puérils condils et un lamentable anarchie d*idiV«. lus agiter est itiTile. renoncer est le commencement de hi iui;:<*^m*.

M. Lanfrey se montre en cela le dixrile élè\ede« |>lri purs du XMïV siècle. Il était de bon goût, alors, d\ij< ttr* ner à l'inlmi ces problèmes indÎM-rel» et incooiuiocJe»., On sait que daiw son fameux CalerAisaie, écrit poui

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