‹ Études morales sur le temps présent (volume 3)Chapitre 15 sur 56 · LE XVIII* SIÈCLE ET LE PAKTI DE L'AVENIR · texte numérisé non relu

LE XVIII* SIÈCLE ET LE PAKTI DE L'AVENIR

^re dans le inonde réglé et fatal des phénomènes Jiysiques. Nous ne faisons qu'indiquer d'un trait rapide *:$ points essentiels sur lesquels devrait porter le débat; îûtre intention n'est pas d'instituer une discussion en tgle, qui nous mènerait beaucoup trop loin. Ce que jtms voulions montrer, c'est l'inanité, c^est la fai- .^esse, c'est l'impuissance de la morale séparée de la télaphysiquc. Non, ce ne sont pas là des questions inafférentes pour la pratique de la vie individuelle ou pour ^ dignité des mœurs publiques, ce ne sont pas des ques- ^ns indifiTérentes et oiseuses que celles qui ont pour èj^ l'âme ou Dieu. J'oserais dire qu'il n'en est pas de ^ considérables et d'où dépende plus directement la sioralité individuelle et sociale. Il ne vous servirait à rien k prétendre que vous ne niez pas l'existence de l'âme ou i existence de Dieu, que vous êtes satisfait de n'y pas songer et qu*il vous suffit d'ajourner indéfiniment la solution ie ce double problème sans affirmer que le problème soit radicalement insoluble. On ne temporise pas avec les iniérôts les plus sacrés de l'humanité. On peut bien recaler une question d'astronomie, on n'ajourne pas ces grandes vérités qui sont le fond même de l'homme et la >ubstance vivante de sa raison. S'abstenir, en pareille matière, ce n'est pas nier sans doute; mais les conséquences sont presque les mêmes. Dans les deux cas, la morale nianque de principe et de fin ; dans les deux cas, la loi est destituée de son caractère obligatoire et de sa sanction. La neutralité, dans les matières philosophiques, c'est le doute, et jamais le scepticisme ne pourra inculquer Fidée du devoir dans la raison humaine livrée aux incertitudes. On n'écrit rien de fixe sur le sable mouvant. * Aussi ce scrr.it une tâche aisée que de relever les ju-

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gcments hasardés, les aphorisines douteux, les asser* tions problématiques qui remplissent le livre de H. Lanfrey. Nulle part il ne définit avec précision ni simplicité cette morale qui pour lui est toute la philosophie. Nous voyons de grands mots , nous ne voyons pas de définition. Suffit<*il de parler sur un ton sublime de tolérance, de justice, d'humanité, de civilisation, de progrès? Toutes ces expressions sont bien vagues. Il y a mille manières d'entendre la tolérance, il y en a dix mille d'entendre le progrès. Certes, on pourrait croire que la tolérance est pratiquée avec une sorte de passion chevaleresque par M. Lanfrey. Hais ne vous fiez pas aux mots ; voyez les actes! Cette belle idée, ce mot si noble, la tolérance, retentit, comme un refrain généreux, depuis la première jusqu'à la dernière page de son livre, et pour-» tant, il faut le dire, M. Lanfrey donne de cruels, de continuels démentis à cette douce vertu, si solennellement prèchée, si rarement pratiquée par les plus ardents prédicateurs de la philosophie de l'avenir. Car enfin, nous pourrions dire à M. Lanfrey et à ses amis : la tolérance, nous l'aimons comme vous : nous n'admettons pas que vous en ayez le monopole ; elle est dans l'immortel esprit de charité qui est l'âme même du christianisme , et ce n'est jamais qu'un zèle aveugle et emporté qui a pu se faire persécuteur. Mais vous , ardents apôtres de la tolérance, comment la comprenez-vous? Croyez-vous donc qu'il n'y ait d'intolérance que c^Uc qui epvoie ses adversaires aux bûchers ou à la guillotine? Ces supplices ne sont plus de notre temps, et la merveille n'est pas grande, si vous n'en usez pas contre nous. Mais il y a une autre manière de manquer de tolérance, c'est de manquer de politesse, c'est de mançuer de respect kVégw: A des convictions d'autrui. Toute

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