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d'infamies souillent notre globe, si tant de crimes désho** norent la pensée et la main de Thomme, n*en doutez pas, c'est la faute des gouvernements qui n'ont pas encore compris ni appliqué la formule du gerfaut. Le jour où cette formule servira d'épigraphe à une constitution nouvelle, le jour où la politique et la société adopteront cette législation du Lycurgue des airs , l'ordre par la force fera place à Tordre par l'amour» la giberne du gendarme disparaîtra devant le carquois de Cupidon, et l'humanité sera sauvée.
Nous prions nos lecteurs de ne pas faire à H. Toussenel l'injure de croire que nous plaisantons. Tout ce qui précède est un fidèle extrait de son livre. Notre ambition est de bien faire comprendre la pensée de l'auteur, rien de plus.
Ce livre est un traité d'histoire naturelle, et .en même temps un code de morale. Les oiseaux y donnent des leçons aux hommes , et certes des leçons bien sévères. Ils sont heureux, ils sont contents, ils jouissent de toutes les satisfactions de l'esprit, de toutes les joies du cœur, de toutes les voluptés des sens : l'âge de l'harmonie est déjà un fait accompli chez eux : le .phalanstère n'y est plus une utopie, et l'homme attardé dans la sphère né^ buleuse du limbisme (civiliMatian) doit porter envie à ces frères, à ces sœurs ailés dont les mélodies et les libres amours sont un sarcasme perpétuel à nos tristesses et à nos misères. Soyons oiseaux à notre tour ! Aimons librement, et nous chanterons aussi.
On le voit, M. Toussenel est un fouriériste de haut titre, n a la foi, il a le zèle du prosélytisme. Son traité d'ornithologie n'est qu'un prétexte fallacieux pour insinuer la bonne doctrine. Il faudrait être un vieux ^ un ckawve ou un gendarme (trois tennis qui sont chez lui
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la dernière expression du mépris), pour se tromper un seul instant sur le véritable sens du livre. M. Toussenel est donc un prédicateur » un moraliste de Técole passionnelle. Mais soyons juste » et disons tout de suite qu*il n'appartient pas à celle école ennuyeuse des fouriéristes pédants qui marchent à la conquête du nouveau monde avec une grosse artillerie de syllogismes. L'auteur est trop galant pour ne pas savoir qu'il perdra sa cause s*il ne se fait pas lire des dames; et comment voulez-vous conquérir à votre doctrine les suffrages de Vénus, si vous chapitrez Vénus sur le ton d'un pédagogue ? Aussi, ne craignez pas, en ouvrant ce livre pimpant, de vous endormir comme vous Tavez fait tant de fois peut-être sur une page de Fourier, ou de quelqu'un de ses disciples. Ici tout est gai, tout est joyeux; l'allure est libre et le ton leste , l'image légère : vous rirez peut-être , mais vous ne bâillerez pas. Certes , le monde des moineaux n'est pas un monde coUct-monté ; mais, en revanche, vous y trouverez de l'esprit et de la gsiieté : c'est une bonne lecture de mardi gras. Chaque livre n'est-il pas fait pour chaque époque de Tannée ? et la librairie n*a-t-ellc pas aussi son calendrier ?
Malheureusement le carnaval est déjà, depuis beau temps , de Thistoire ancienne. Nous serons donc tenus à quelques réserves dans l'exposition des points délicats, dût M. Toussenel nous traiter de vestale. Ce titre, d'ailleurs, ne nous déplairait pas trop, précisément parce qu'il sera très-rare dans le futur phalanstère. La rareté fait le prix des choses.
Ce ne sera pas là assurément le cas de l'amour. Si la chose se multiplie dans le plialanstère comme le mot dans le livre, les résultats seront effrayants; mais il faut
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bien s*y résigner. Ainsi le veut la formule dtt gerfaut ; et M. Toussenel nous l'assure , se révolter contre cette formule, c*est nier la loi de Dieu , c'est nier le Dieu du phalanstère dont le gerfaut est le premier ministre. Re« venons donc & la formule; aussi bien elle explique tout : elle contient toute la science et toute l'histoire de l'avenir, plus celle du passé, plus la solution immédiate et radicale de toutes les questions épineuses auxquelles cette pauvre humanité se déchire depuis six mille ans, religion, politique, beaux-arts et littérature. Deux autorités inattendues , un païen et un chrétien , viennent confirmer de leur vote la formule du faucon blanc. C'est Tacite et c'est Robert d'Arbrissel, l'un dans sa description des mœurs des Germains, où il constate l'influence presque divine des femmes ; l'autre , que M. Toussenel ae semble connaître que sur une légende des plus apocryphes et passablement irrévérencieuse. Voilà donc Tacite et Robert d'Arbrissel qui avouent avec le gerfaut que l'usage d'adorer la femme est la source de toutes les vertus et de toutes les vérités littéraires', politiques , sociales. Phalanstériens anticipés et par pressentiment, rÉglise de l'avenir leur dressera des statues.
Savez-vous pourquoi la république est tombée ? C'est, n'en doutez pas, parce qu'elle s'est constituée juste au rebours de celle des faucons blancs. La république de 80 n*a pas tenu parce qu'elle n'avait fait que décréter l'égalité des hommes, celle de Février a vécu ce que vivent les ro$és^ parce que les députés de 1848 n'ont pas osé réparer l'iniquité de leurs pères. A la place de ces constituants qui n'ont su rien faire, si vous n'aviez mis que des amwreuxy vous auriez décrété du même coup l'éternité de la république, qui fût devenue bien vite la république idéale , celle des femmes. Hais non , il y a eu
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je ne sais quelle eonepiration occulte et itupide. Les oïïumretêx ont été proscrits » yous saves le reste.
Cette paurre république a eu deux autres tortf que M. Toussend ne lui pardonne pas. l'un d'aroir eo des ministres Irop vieux ^ et qui araient depuis longtemps passé TAge des amours; TauU^ (nous en demandons pardon à qui de droit) est d'arolr eu des ministres trop laids. Quand M. Toussenel a tu la république goufemée par des têtes de Méduse , il s'est voilé la Uee pour ne pas voir la leur, et pleurer à son aise. Quand un pa;s consent à se laisser gouverner par des hommes trè»laids» il a perdu le sentiment du beau physique, et le sentiment du beau moral suit de près son conlMrp. Montesquieu a oublié de noter les progrès de la laideur parmi les causes de la décadence des Romains. M. Too»> senel complète Montesquieu, et n'hésite pas à dédarer que, si le régime parlementaire est mort, c'est à cause de la laideur abusive des orateurs. 8i ces Jeunes pre* miers de la scène parlementaire afaicnt été réellement jeunes et beaux , la scène ne se sérail pas fermée poiir eux. Certes voilà des révélations médites qui vont jeter un grand jour sur l'histoire de ces dernières années.
Continuerons-nous Fexpo^ de cette politique amoureuse? Nons conniiisMiiis le mal et la cause du mal. Que faut*il pour le réparer? Soyons de vrais el locaux fèm^ coiu, cédons le sceptre avec les droits à la femme, et nous verrons édore des merveilles. Nous lui ouvrirons la tribune pour qu'on sache une fois ce que c'est que l'éloquence et la république : • L'institution du pariement féminin en France, c'est la renaissance des «rts , des plaisirs, des létrs étemelles; c'est le rèfme Ar l'amour, dont la venue fera tressaillir les planète» d*allégresie« •
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L'histoire est là qui nous démontre avec évidence ces grandes lois de la politique de Vénus. Assurément nous ne connaissons pas de révolutionnaire aussi galant que M. Toussenel. Si depuis un demi-siècle la fortune de la France a tant de peine à s'affermir, c'est la faute de la loi salique, qui nous a ôté le droit d'avoir, comme les Anglais, des grande Elisabeth^ et, comme les Russes des grande Catherine. * Deux peuples sont entre eux comme leurs femmes. Aussi les Anglais et les Russes tiennent-ils la tète, à ce que nous assure M. Toussenel. Et, si nous n'y prenons pas garde, nous pourrions, bien voir s'éterniser cette suprématie ; car nos rivaux sont très-fins : convaincus de la supériorité de la femme, les Anglais et les Russes font tout, même l'impossible, pour lui ressembler, l'Anglais, en se rasant sans cesse^ le Russe en se bombant la poitrine. L'avenir est aux peuples rasés de frais.
Il nous tarde d'abandonner la politique pour aborder avec M. Toussenel une question qui nous intéresse de plus près que toutes les autres, celle de l'Université. M. Toussenel ne nous aime pas , tous tant que nous sommes, et certes, à cela il y a bien des raisons. Je crois d'abord qu'il nous soupçonne tous d'être très-vieux et très-laids , et M. Toussenel , qui , sans doute, jouit d'un printemps et d'une beauté éternels , ne nous pardonne pas ce double grief de notre âge et de notre figure. Mais il a bien d'autres motifs de colère contre nous, et il ne se fait pas faute de nous les dire avec force injures , dont quelques-unes sont trop spirituelles pour que je ne les rappelle pas avec bonheur.
Cuistres^ pédants^ savantasses qui portez des abat-jour verts ^ tout celaVa de soi ; et vraiment à voir s'étaler dans ce beau style cette grosse rancune contre les professeors,
ne dirait-on pas que M. Toussenel est un étudiant imberbe , frais éclos du lycée ; mais nous n'avons pas été médiocrement surpris de retrouver, sous la plume de cet écrivain folâtre , une facétie de haut goftt que nous avions parfois surprise sur les lèvres de ces jeunes pha« lanstériens de douze ans qu'on appelle vulgairement des gamins de collège. M. Toussenel, à bout d'injures comiques , nous appelle des pions. 0 mes collègues ! A mes maîtres! qu'avez-vous donc fait à M. Toussenel?
Ce que vous avez fait, grand Dieu! vous me le de* mandez ! et d'abord vous avez empêché M. Toussenel de manger des tartes aux cerises (sic) dont était trës-firiand ce jeune estomac, fouriérisle précoce par amour pour les gâteaux. Hélas ! l'enfant était si heureux sur ces vertes pelouses ou dans les bois , faisant la guerre aux lapins ou dénichant les merles ! Et vous Tavez condamné à la captivité entre quatre murs, au pain sec et au latin. Cest une lâcheté ^t une barbarie. Aussi M. Toussenel, fort de son expérience , pose-t-il en axiome que tout système d'enseignement national, qui ne débute pas par déférer à la femme le monopole, ne peut aboutir qu'à des monstruosités. M. Toussenel ne se console pas de n'avoir pas fait ses humanités sous le régime féminin : il recommencerait volontiers ses classes , si la formule du ger* faut renouvelait le personnel caduc et masculin de l'Université. Vous pouvez l'en croire sur parole.
Pauvre Université ! il n'est que trop vrai , et M. Toussenel nous le dit avec une noble franchise , c'est depuis ti*ente ans bientôt à qui nous jettera la pierre. Et lui aussi a suivi Vcxemple de tout le monde. Il a fait chorus, le croirait-on, avec son ennemi intime, M. VeuiUot, qu'il persécute ailleurs de ses traits les plus acérés. Mais il a l'orgueil de croire que personne n'avait encore