‹ Études morales sur le temps présent (volume 3)Chapitre 5 sur 56 · L'IDOLATRIE HUMANITAIRE · texte numérisé non relu

L'IDOLATRIE HUMANITAIRE

dogmes : ëyidemment, on ne peut pas être dieu à son insu; et si nous protestons que nous ne sommes pas des dieux , vous voudrez bien nous croire sur parole. Que re»le-t-il au fond du creuset humanitaire où s'élabore Dieu? Les prophètes et leurs amis. Voilà , en définitive, le dernier fond de cette théodicée pompeuse. On prodame la dérisoire apothéose de Thumanité, parce qu'on n'ose pas proclamer la sienne. Mais , patience ! Nous en viendrons là, n'en doutez pas !

La religion de Yhumanistney hostile à la foi chrétienne, qu'elle s'efforce d'anéantir, est-elle plus clémente à l'égard des dogmes les plus assurés du spiritualisme philosophique? Ou pourrait s'y méprendre un instant. Les nouveaux prophètes parlent au nom de l'homme , au nom de son avenir , de sa nature intelligente , libre , immortelle , des droits qui en découlent, de sa dignité, que sais-je encore? Mais tout cela n'est que l'apparence : Sunt verha et voces. Allez au fond , et vous verrez bien vite se dissiper ces fantômes de doctrine et toutes ces illusions de mots ; ce spiritualisme déclamatoire n'est que l'enseigne d'une sophistique inconséquente ou d'un matérialisme inouï. Ne nous laissons pas tromper par ces fausses apparences , et pressons ces vagues systèmes de nous livrer leur dernier mot, leur secret mal dissimulé sous le prestige de la phrase. Nous verrons clairement que les nouveaux dogmes, hostiles par le fait même de leur origine aux dogmes révélés , sont en flagrante et perpétuelle insurrection contre les idées les plus élémentaires qui , depuis Platon jusqu'à nos jours , ont été comme le code du spiritualisme.

Croire à un Dieu libre et perèonnel , Créateur et Providence , distinct du monde et de l'humanité ; croire à

iO ËTUDfiS PHILOSOPHIQUES.

l'existence de Fàme intelligente et libre, enfermée, pendant quelques jours d'épreuve , dans' cet organisme qu'elle peut, à son gré, purifier en s'ouvrant une issue du côté du ciel , ou déshonorer par son commerce arec la matière ; affirmer d'une foi absolue la supériorité du principe raisonnable sur la sensation ; mettre sous la garde de l'inflexible justice la liberté morale , source et principe de toutes les autres , le libre arbitre responsable du mal commis , sans excuses et sans dispenses possibles ; donner à la morale son vrai nom , l'épreuve ; lui fixer son vrai but , l'aflhinchissement graduel de l'Ame se dégageant des liens du corps, et préparant l'heure de la mort par l'austérité de la tic ; reconnaître enfin la loi du progrès, mais sans jamais séparer le progrès de l'humanité dans les voies du bien-être matériel de l'idée morale qui seule le consacre et le justifie ; tel est , selon nous , le noble programme des vérités spîritualistes , tels sont les grands principes dont n'a jamais dévié la philosophie de l'âme et de Dieu, celle de Platon, celle de Descartes. Voilà le spiritualisme tel qu'on l'eiîtend dans le monde , dans les écoles, dans les livres. Est-ce là, nous le demandons , le spiritualisme des nouveaux dogmes ?

' Nous ne voulons, nous ne pouvons faire ici qu*mie esquisse rapide et très-générale ; ce n'est pas un portrait que nous traçons. Mais, de bonne foi, s! nous cherchons dans les œuvres de ces adorateurs de Y Idée ^ qu'y trouvons-nous? Certes, ce n'est pas le nom de Dieu qui manque , mais la chose. On peut s'y laisser prendre un instant; dès la seconde page , votre erreur vous sautera aux yeux. Qu'appcllc-t-on Dieu dans le néologisme de celle école qui porte constamment un lyrisme extravagant dans le vide de la pensée ? Nous l'avons démontré '

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déjà : ou ce mot ne signifie rien , et c'est un de ces termes splendides et creux qui enflent la phrase sans agrandir le sens , ou ce Dieu fantastique se résout dans ridée de rhumanité. N'allons donc pas nous, laisser prendre à cette amorce d'un nom , il n'y a dans l'école d*autre Dieu que l'homme; c'est à travers les phases Tariëes du fini que se développe l'infini. La civQisation n*est que l'évolution graduelle et comme l'avènement successif de l'homme à la divinité.

Voilà toute la théodicée de nos Hégéliens de Paris. Après cela , vous pouvez demander tout à leurs capricieuses théories , sauf l'idée de ce dieu personnel , créateur et libre, tel que nous le révèlent les désirs infinis de notre cœur et que notre raison l'adore.

Et l'homme , ce triste dieu improvisé dans une heure de délire , cette pauvre idole proclamée dans je ne sais quelle orgie furieuse des sens et quel vertige de la raison, qu'en font-ils? Est-ce à ses nobles facultés, au principe qui pense , qui sent , qui veut en lui , est-ce à son âme enfin que s'adresseront les hommages et le culte de ces étranges révélateurs? Certes, nous sommes loin, quant à nous, d'adorer la raison. Hais enfin, si vraiment nous pouvioiis croire que l'homme est un dieu , au moins nous paraltrait-il vraisemblable que la partie divine en lui fût la pensée , que ce Tût son âme qui participât à ce magnifique priYilége de l'infini, que rorganisnie inintelligent, la matière pleine de trouble et de corruption voulût bien céder la place à Tesprit vivant. Il n'en est rien pourtant. Dans ces religions bizan'es, l'homme est adoré dans son corps comme dans ^ son esprit, la matière est divinisée comme l'àme. Les nouveaux prophètes le disent assez haut : il est temps de ' faire cesser ce long divorce de l'âme et des sens, il est

lî . ËTUOSS PHILOSOPHIQUES.

temps de réhabililer la chair, indignement sacrifiée par le christianisme à des superstitions aveugles, à un ascétisme extravagant, à des mortifications insensées. Le christianisme a jeté Tanathème sur l'homme charnel » il a maudit la matière. La religion nouvelle , plus large et plus libérale, parce qu'elle est plus vraie, relève le corps de ce long anathème, et l'installe triomphalement dans le sanctuaire. Vivre, c'est la loi, s'écrient les Messies modernes; développer la sensation, c'est une œuvre aussi sainte qu'enrichir la pensée. Aspirer la vie par tous les pores, dans tous les sens, voilà le vrai salut. Le génie qui inventerait une volupté nouvelle serait l'honneur de l'humanité au même titre que Newton révélant des mondes dans les espaces. Que viennent donc faire, parmi les hommes qu'ils trompent , les moralistes sévères, les prédicateurs moroses, les exemples lugubres? Que vienton nous dire, quand on parle d'affranchir son Ame des liens du corps en l'émancipant de la tyrannie des passions? Qu'est-ce que cette morale de sacristie, bonne pour les vieilles dévotes, les tartufes et les imbéciles f Ceux qui immolent une seule passion commettent sur leur âme un attentat, un suicide. La passion, eUe aussi» a le droit de vivre et de régner : sa souveraineté doit s'exercer, comme celle de la raison, du droit de la nature ; qu'elle s'exerce donc en toute liberté et qu'elle n'aille pas s'offrir, dans un holocauste insensé, aux vieilles idoles de la superstition et de la peur.

Ainsi l'on parle et ainsi l'on fait. Platon a décrit , on le sait, cette lutte éternelle de l'âme et du corps sous le magnifique symbole du coursier blanc et du coursier noir : l'un, docile au frein et à la voix; l'autre, indocile, emporté, Turieux. Mais le conducteur du char tenait (rune main ferme les rênes, et le coui-sier noir vaincu,

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dompté » reconiiai5sait enfin son maître. Ici , qui sera maître et qui réglera la lutte ardente ? Au nom de quel principe? Nous voyons bien, dans la belle allégorie de Platon, une main ferme qui tient les rênes, un regard prudent, une force résolue et à la fin triomphante, la raison. Hais arrachez les rênes et le frein à la raison ; proclamez Tégalité des deux coursiers, et vous verrez dans quelle course délirante le coursier noir vous emportera, au fond de quels abîmes il précipitera votre char fracassé. Otez à la chair son frein , à la passion sa règle vivante , sa loi , et vous verrez à quels excès dégradants se poussera ce furieux délire de vos sens déchaînés. Ne Tavons-nous pas vu à l'œuvre , ce coursier noir? N'avons-nous pas entendu ce que Bossuct appelle quelque part • ses hennissements lascifs ? » Est-ce donc là le règne de l'homme ? Ne peut-on honorer Thomme qu'en divinisant ce qui devrait l'humilier, son corps?

C'est pourtant là que viennent aboutir tous ces révélateurs. La plupart ont prévu ce beau résultat, et s'en giorinent ; ils se vantent d*avoir affranchi , après tant de iiiccles d'oppression , l'homme charnel du servage. Le christianisme avait déjà émancipé l'âme; les christs modernes ont émancipé le corps. Une ère nouvelle datera lie leur nom, l'ère de la chair libre et de la femme libre ^ c'est-à-dire de la chair souveraine maltresse et de la femme livrée à toutes les convoitises. N'est-ce pas un des grands penseurs de l'école qui a formulé dans cette jihrase célèbre un de ses dogmes les plus chers : « Le culte systématique de la femme est le précui*seur nécessaire de la religion de l'humanité? » Or. je le demande, qu'est-ce que ce culte systématique de la femme, si ce n'est la volupté devenue une religion? Il faut bien qu'on k sache, on ne peut nier la souverainetc morale de la

14 tnmie pnLosoraïQimf.

raison , la taprématie nécessaire de l'âme , sans racon * naître implicitement celle de la matière. Me rêves pnsi une égalité chimérique de droits entre le principe in* telligent et Torganisme aveugle. La matièn*, clu-r rhomme« ne peut être que dans deux conditions : réglée ou despotique. Elle obéit ou elle régna. Si yousi n'en faites votre esclave , si vous ne domptet la i>ètr . elle tous dompte et vous sotunet à ses caprices avili»sants. Le premier qui a osé délier le corps des entrait-» salutaires de la morale « émanciper la Imitalilé des instincts, affranchir la sensation frémissante, a du mêtnr coup, qu'il le sache ou qu'il l'ignore , brisé le resjnrt de l'Ame raisonnable, et abandonné à toutes les ftanSai* stes des passions impures le théâtre déshonoré de la conscience. Hais découronner la raison, la penser, n'est-ce pas dégrader l'homme? N'est-ce pas, au lieu dr le rapprocher de l'idéal dirin , le foire rentrer sous Ir niveau inférieur de l'animalité? Où donc, dans l'homnir' ainsi dévasté, dans ce vide, dans ce néant pInlM où vous n'entendes plus que la voix tumultueuse des aen^ , où donc prendres-vous les titres de la noblesse , de la grandeur de Thomme, le principe de sa dignité , rènergfe agissante de sa liberté?

1^ liberté! l'école nouvelle l'invoque. C'est tin nom qu'elle Inscrit fastneusement sur son drapeau, et certr« ce n'est pas nous qui nous rangerons parmi les instil^ teurs de ce nom sacré. Mais encore faudrait-il l'invoquer à propos et savoir m comprendre la vraie ponéw. Iji liberté civile, politique, sociale, n'est que Texpressinn, la inantfr»tntion dans les faits de la liberté morale, du libre arbitre. f>r le péril du libre arbitre, son h«»ii« nefir en même temps , c'est d'être responsable, non pa« d'une responsabilité vague tt vaine, mensonge do ce»

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doctrines qui abusent des mots, et qui, par un échange commode , transportent volontiers à l'espèce la responsabilité de tous les crimes , en prenant pour rhonime la liberté de toutes les passions , mais de cette responsabilité efTeclive, sincère, dont les deux termes extrêmes iODl la peine et la récompense, et qui constitue le véritable droit de la personne, le vrai titre de la moralité. Cest le libre arbitre qui pour nous est la source et la garantie de toutes les formes de la liberté. Ces formes diverses, quelles qu'elles soient, dans Tordre civil, dans Tordre des idées religieuses, ou des faits politiques, ii*en sont qu'une émanation, une conséquence, un effet. Cest donc à la manière dont les prophètes modernes comprennent et définissent le lil)re arbitre et le caractère essentiel du libre arbitre, la responsahililé, que nous jugerons de la sincérité de leur libéralisme philo-

Isophique, politique ou religieux. Or, qu'est-ce au juste que la liberté morale et la responsabilité pour tous ces philosophes ef ces historiens? Un mot. Qui ne connaît Ileur philosophie de Thistoirc, cet optimisme banal qui excuse tout, même le crime, au nom de quelques principes équivoques, et dont la théorie, complaisante comme Iune courtis^me, a des caresses pour tous les illustres scélérats qui ont laissé leur trace et leur nom dans Tliistoire? Et cela doit être : Thumariité n'esl-clle pas, dans ses phases variées , Tévolution môme de Dieu dans les faits? Dieu s'engendre sans cesse dans la conscience îague et abstraite des générations. L'espèce humaine devient dès lors une sorte iYentitéj un être de raison, un idéal , dont le nom invoqué à propos sert d'excuse à tous les crimes. En face de cette moralité supérieure, résultant du progrès de Tespèrc, que deviennent les petites considérations de moralité individuelle, les théories

«6 ÉTU»B8 PBIL080PII1QIIBS.

bourgeoises sur le droit ei le devoir, les idées étroites, les préjugés mesquins* les terreurs iiaériks des sciences? Un grand forfait» qui ferait faire un seul à rhunuinitë» ne serait-il pas» après tout, plus utile* et par là même plus moral que toutes ces peUles Terius sottement rétrogrades qu'intimide le sang, • cette fécondante des idées, cette rançon douloureuse nécessaire de TaTcnir T » C*est ainsi qu'on arriire» dans tm Tertige de la raison , à honorer Thumanilé d'un culte insensé, à l'adorer aTeuglément, à jeter sans pitié eou» ses pas les individus sacrifiés à l'espèce, les principes subalternes de la morale individuelle immolés à cm grand principe du progrès ; et Ton voit renouvelé per d'autres fanatiques ce prodige du fanatisme indien qui pousse d'infortunés sectaires à se jeter eux et leurs !«milles sous les roues du char» sur lequel -se promène l'idole triomphante et ensanglantée, — Je me trompe ; il ne faut calomnier personne» pas même un kkir : le« adorateurs de l'idole indienne se jettent eui-même» sous les roues du char. Les sectaires de VIdét y poussent les autres; iiour eux» ils se contentent de fiiirc la théorie de ces holocaustes sanglants : rôle plus bdie qui n'exige que de l'esprit

Ainsi s'est formée une éoolc de mysticisme révolutionnaire» qui prétend ouvertement substituer la souve* raineté du but à la souveraineté du bien. Elle prend k son compte le fameux adage sur Yindifférmcê du ateynM, et elle l'applique au jugement des hommes et des fan» avec une complai>Ance plus libérale que de raison. Ul«r >*e>t Init à son ima^e et à son usage une sorte de iu«>* rallié qui n'a mi ri*iclc que dans Tintérét général» qui tu s'apprixie que |iar dcn considéraliuus htunanilaim. étraugéres à ce que hs vulgaire appelle le jugement de

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h conscience, la sanction de la raison. La justification de l'individu n'est plus, comme le supposent une reli- ^'on puérile et une philosophie étroite , dans le témol- ?mge intime; non, elle est toi|t entiëte dans ravan-r (âge , dans le progrès de l'espèce. Où l'on arrive avec cette doctrine, on le sait La Réalisation de ces prétendus principes devient la grande affaire : tout va bien, pourvu que le principe marche droit à son but, se servant même du crime pour hâter ses pas, s'appuyant au besoin , ].our avancer, sur des mains déshonorées et sanglantes. L*écha(aud est bien près d'être invoqué comme un autre Sinaî. Soyons justes, pourtant, il n'est pas invoqué dans Tavenir : ces hommes égarés sont des hommes; mais il est justifié dans le passé , et nous voyons tous les jours ces grands juges' de l'histoire renvoyer absous de leur tribunal des personnages à jamais néfastes, parce que leur nom s'est trouvé associé, par un conseil mystérieux de Dieu , à la conquête des institutions modernes. Dé-» plorable illusion de l'esprit de secte, qui veut, à tout prix, se créer une généalogie en se cherchant des aïeux dans l'histoire, et qui , dans les aïeux adoptés, veut tout excuser, même le crime, tout expliquer, même la folie ! A quoi Ton est réduit par ce triste système , tout le monde le sait. Ce jury mystique dénature à la fois l'histoire et la morale : l'histoire, en y faisant entrer de vivo force ses conceptions fantastiques , et ne voyant plus le passe que dans un perpétuel mirage ; et la morale, en t travestissant les idées vulgaires du bien et du mal au profit de ses aïeux imaginaires , les précurseurs de ta secte y tristes héros en vérité ! ^

Une moralité vague, générale, indéterminée, substituée à la moralité trèSp-nette et très-précise de la conscience individuelle ; l'acte humain subordonné au ré-

it tnsÊU nnLosapnons.

auUat et attendant de réfènement* touj^n ineartain, la condamnation ou son indemnité, sa honle on m gloire; le libre arbitre devenu irreaponnble au nom dui progrès : tels sont les dogmes de cette école historique, et à ces traits la philosophie spiritualiste ne reconnaît nt les frais principes de Tbislbire , ni les Trais caracléresi de la liberté.

Ce progrès lui-même, qu'est-ilT Voilà un des mot«i dont notre siècle abuse le plus impudemment. Ce m<i| est venu tard dans la langue; mais quelle bdle rrvancbe il a prise ! Il partage maintenant , avec la mT»ti*rieuse divinité de Vidée, les honneurs des nouveau\ cultes. Ce qu*on lui a dédié de dithyrambes en prose e tl en vers, ne peut ni s*estimer, ni se compter, ni se mesurer. Il est bien temps de s'entendre sur. la cho«r, après qu'on a (ait un emploi si abusif du mot II <<sti temps que les prophètes modernes nous disent ce qu'est; en soi, et à part toute phmse, le progrès; où il coinmenée et où il flnit ; si le développement de la ciirillvition matérielle et industrielle d'un pays ou d'une époque suflDt pour constituer la supériorité incontestable de cette époque ou de cette nation. 11 serait bon que tou« ces illuminés de l'histoire dèehu'assent sincèrement s*iU pensent, oui ou n^, que toute évolution de l'humaniuest un progrès, que toute institution nouvelle est une conquête, que toute révolution est un bienfiiit Ain^i s'établirait, au grand profit de tout le monde, une enquête instructive et sérieuse sur le sens, sur l'objet, sur les limites du progrès véritable. Nous n'avons pas , on le sent bien, la présomption de débattre, #n quelque^i pages rapides, cette quc*stion si vaste, nous n'exposerons que quelques idées sommaires.

Cm ma dernier siède que celle croyanee au progn <«

LiMunn HuxàmTAiit. i»

est deyeune une sorte de religion. Ghoee étrange,- et qui rmuve à quel, point le cœur a besoin d*un idéal, et la nison d*un infini! C*est dans ces années de scepticisme ^t d*ironie , où l'on ravissait à l'homme l'objet divin de ^ pensée el de son amour; c'est à la date même qui fiarque le sensualisme triomphant dans l'opinion , dans :^ écoles » dans les Uvres , qu'on voit éclore, au sein de e:te société incrédule, la foi la plus ardente dans un < himériqne arenir. La terre seule reste à l'homme ; ce n'est plus on eidl pour lui , c'est son unique séjour, sa Il trie. Soit, il saura du moins l'embellir, il la parera le ses plus beaux réveSé La vie actuelle est la seule qui kû soit mesurée par la nature : ce n'est plus une • preuve , c'est le temps du bonheur pour qui sait être itureux. Soit, les moments sont précieux; il les décu<* : iera par des raffinements exquis de la jouissance, par ::n art délicat et savant de la volupté ; il inventera des l'iaîsirs inconnus, il dotera l'humanité débile de sens nouveaux, il trouvera même des secrets merveUIeux ! our reculer les bornes de l'existence; il transportera i< h-bas le bonheur suprême; il fera son paradis sur la terre, n*espérant pas le trouver aUleurs. Ce n'est, après lout , cfu'un déplacement de destinée. C'est ainsi que d'un sensualisme effréné a pu naître la doctrine du proçri es illimité. L'homme a besoin d'un idéal : si le ciel est viJe pour lui , s'il n'y a pas une autre vie dans laquelle il rroie et il espère, il portera cette idée de l'inflni dans la y\e présente , et agrandira outre mesure , par l'effort de ?on imagination , l'horizon étroit où s'encadre sa destinée terrestre. II ne croit pas à l'immortalité de son âme ; maïs il fait , de la réalité confusément pressentie d*une existence ultérieure , le roman de la vie actucUe , de la vie dans le temps et dans l'espace. Il ne croit pas

M tTC0u raiLOMfligijn.

en IMeo, mate 0 fUt de Tidée vague de la divine la chimère de rhamanité de ravenir, le rm' \ d'une perfection sans limites et d*une plénitude d*e^^ I tence au sein de Tunivers transflgurt. Après celai , i nous étonnons plus si nous trouvons sur la liste des p S i ardents apôtres du progrès illimité des noms aussi « - 1 pressifs que ceux de Condorcet en France» de Priest l<^ en Angleterre. Ne nous émerveillons pas de voir €§9\ cette foi véritablement illuminée, cette chimériqoe n* 1 1 gion de Tavenir a eu son berceau dans le sancliui h li mémo du sensualisme. La chimère n'est ainsi pre8c|t4 toujours que la dernière protestation de Tidéal refotal«H comprimé sur un point, et qui, ne trouvant pss »4»i issue naturelle du côté do la vérité altérée et de la m i son dégradée, remplit Timagination d'illusiona et cIh songes. Il but à rbomme du surnaturel quelque jmn \ quand il n*en trouve plus au ciel, il établit le prod%e ^ poste fixe sur la terre.

N'est-ce pas du surnaturel , dans la vraie signiAoatâtin du mot, que cet âge d*or pompeusement annoncé par tous les prophètes du dernier siècle et tous les rév^Lileurs de Tâge présent? Ne serait-ce pas un prodige birn grand que de voir la nature humaine transformée au point d*étre comme étrangère à la misère , à la souffrance , à la maladie même et presque à la mort» comoie le portent expressément les décrets de Tavenir, aignés du nom de nos plus illustres réformateurs t El remarques coBune le dogme du progrès inflni garde religieusement , dans toutes les sectes de notre époque » ce que nous pourrions appeler la marque de Cihriqne, Thiquette de son origine sensualiste, A travers tous ers grands mots d'un spiritualisme menteur, une seule idiVo nette, une seule aspiration distincte se dégage» Tidée

LlDOUmS BUMAHITAIU. îl

à bûnhenr matérid, la conToitise enflammée du bienêtre. Tout le reste , croyances » principes, noblesse inal* lérable des sentiments, inviolable dignité des convictions, iustérité religieuse des caractères, on en parle aussi Iteu que possible; souvent on n'en parle pas. Pour exalter une génération, on ne lui demande pas ses vrais titres, sa légitimité véritable, son droit, les titres de sa moralité ou le droit que confère à un siècle une incontestable supériorité de vertu ou de génie. Non, il suffit, poQT qu'une époque soit louée aux dépens du passé , qu'elle ait réalisé dans le monde du temps et de l'espace d'incontestables progrès , qu'eUe ait accru , dans une proportion sensible, la sonune du bien-être, le total (le la vie physique ; qu'elle ait tourné à l'avantage de l'homme quelques agents et fait quelques-unes de ces iiêcouvertes utiles et pratiques qui sont « comme les coups d'état de l'homme sur la nature. » A une génération pareille on n'en demandera pas davantage. Elle poDiraètre sceptique, immorale, fanfaronne de vices, iodilTérente à toute vertu qui ne lui rapporte pas des bénéfices, poâtive dans ses calculs et, en même temps, effrénée dans ses passions ; elle pourra être tout cela , et aulre chose encore; elle n'en sera pas moins saluée comme l'ère sublime du nouveau monde , et le siëde qui Ta produite n'en sera pas moins encensé dans ces ^ihyrandies d'un style étrange, « conuneun siècle mis- « sioonaire et comme le Benjamin de l'histoire. » Cette ^Qlrmati<m du progrès, là où il n'y a qu'un développeuient d'industrie et de commerce , ne prouve-t-elle pas, ^ elle «cole, que la moralité n'est que d'un intérêt très^ secondaire dans le dogme nouveau , et que la grande ^m est l'amélioration de la vie physique ? Là encore il a*y a pas à dierdier l'ombre d'une doctrine spii^itua*

is tîums PHiLosoraioms.

liste. Le spiritualisme ne peut souscrire à cette apothèai exclusive de la civilisation matérielle. Pour qu'il y m progrès véritable, il faut, avant tout, qu*il n'y ait pi déchéance de Tâme , diminution de la vie morale , dj gradation de Thomme immatériel. Or, nous aurions bea avoir moitié plus de chemins de fer et de télégraphe électriques, c^la n'empêcherait pas qu'il y eût dsÉ Fexistence de l'humanité une irrécusable décadenci si par hasard le niveau de la dignité humaine aval baissé.

Est-ce à dire qu'il nous vienne dans l'esprit la coupi ble pensée de nier le progrès? Non pas ; mais nous Ten tendons dans le sens complexe du mot, dans l'extension tt taie de la nature humaine ; nous l'entendons dans le mond des idées et des sentiments, comme dans le monde des seii sations ; nous l'entendons de l'homme moral aussi bie que de l'homme matériel. De plus, nous ne croyons pai en fait de progrès, à la ligne droite, nous croyons an lignes courbes, aux lignes obliques, aux lignes briséei C'est un fatalisme étrange que celui de l'école nouvd qui impose à l'humanité la nécessité de ne pas faire a pas sans faire une conquête. Pour nous, le progrès ea en grande partie , l'œuvre des facultés de l'bonune , e1 comme toute chose humaine, le progrès est sujet an vicissitudes, aux retours; il y a des heures douloureuse où l'espèce, comme l'individu, est stationnaire , et de heures plus douloureuses encore où elle rétrograde. Pom quoi s'en étonner, si c'est l'homme lui-même qui est Tai tisan de sa fortune et l'ouvrier du progrès? Le contraii serait bien étrange. Les nouvelles doctrines, sous prétexl d'honorer l'humanité en lui imposant la fatalité du prc grès, lui en ôtent tout le mérite en lui ôtant toute liberti Ou fait de l'humanité une merveilleuse machine : ma

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ThÈÊÊSM llf6C86f éMrt% JiMMDilttBéll*

iIm édpMB de M morriité et léidAkfflnees , tant miBe fns mienx (fiiB Faiitoitiate le Llmmaiilté, ans mains de ces felalistes gnre, ne pent jamaia ni a'arrtter, ni re» donte; mais à qœl prix? elle obéit an prome pierre à la penaiteur.

[y poor indiquer d^ mot la ph» fpam diBslfoi jMNtt aépaie de eei mine seetairea, ysqntfoi pwgrte akaoki, et nona ne poofons pas y croire, admettons Men, avec la ptûIosopMe spiritoaliste et Ubéndement InterprétA» qne la natore et la sodèlé sont perfsctadet; nous nions le «oient au delà tfniie certaine mesore. Noos an contraire que l*mie et rentre ont leurs 11tafrancInssaMes , leur circonscription définie, d'anmce par la pensée du Créateur, leur déveit r^lé, déterminé par les éléments mêmes [pilea constituent. Que Thomme, par FeiTort persévéiTune volonté drçite et d'une intelligence appliquée, arriver h des perfectionnements de détaH^; qu*ii se délier de quelques entraves, abattre des obsatténuer des résistances, c<»Tiger des abus : voilà [Il frai. Cette œuvre est assez grande encore pour que s^ consacre avec ardeur, cette cause est assez pour exciter de saintes émulations et de grands [étfooements. Mais anéantir ces obstacles, supprimer résistances , mettre en parfidte harmonie la nature ttk ihi jte l'homme, ses désirs et ses fficnités; réaliser la terre cette idée du mieux qui le sollicite sans Hte; inventer un homme qui ne connaîtrait plus la fadeor, une société d'où la misère disparaîtrait avec hi^ialité des conditions ; tout cela suppose que la na«

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lure est changée, que les passions ont dispara, que Providence elle-même se sera misa au service de tiN ces rêveurs, en dispensant également à tous les hdbuBi la beauté, la force, le talent, la vertu, le génie, ^ les lois du monde des corps et les phénomènes régi de la matière n'acceptent plus leur mot d'ordre que d caprices et des fantaisies humaines , et que les agen physiques deviennent , comme dans les contes de tée$, autant d'esclaves intelligents et dociles : en d'autin termes, tout cela est le rêve de l'orgueil et l'utopie di imaginations sensuelles.

Nous effleurons ces idées, quitte à y revenir une an Ire fois avec de plus grands développements. Maintenai que nous avons défini d*un trait rapide les doctrines ai nouveaux prophètes, il nous tarde de faire voir commet cet immense désordre de principes incohérents s*o traduit par une littérature étrange qui , prise dans so ensemble, n'est rien qu'une débauche de style, un geni criard et faux.

Tous les grands systèmes de philosophie ont à leu usage certaines formes d'exposilion , certains procéda de langage qui constituent leur caractère propre et leu font une sorte d'originalité littéraire, bien que la ques lion de littérature et de style soit pour eux chose tout fuit secondaire. On sait de quelle forme impérissable s sont revêtues les idées de Platon; quelle langue austèr et lumineuse parle Desairlcs; dans quel style simple i grandiose Malebranche nous interprète les merveille (le la vision en Dieu; on sait aussi dans quel idiome tou personnel Kant nous a livré ses fortes et sublimes peu sées. Mais tous , même dans la diversité de leur génie c de leurs systèmes, ne tendaient qu*à un seul but, dé montrer par im raisonnement suivi ce qu'ils croyaico

LiîMttMIllE HttHANITAlRE. 3S

h tWlé. A ce goût bien naturel pour le raisonnement,

Itjo^icnt une humilité sincère, une adminble mo*

une défiance d'eux-mêmes quiu'estqn'ilncliBnDe

dans les œun-es du génie. Nos prAldiàtei philo»

ont bien cliangé tout cela. Ils ont inretitt ane es-

loitle nouvelle de démonalration , qu'on 'pmiTTait

la démonstratif^ par ["enlhouiiastu , ou plutât

'ftï'occujient moins de démontrer que de flnpper le

tr et de le prosterner d*admiralion. Rîen ne peut

mer l'idée de celle prétention inouïe, etausd, disons-

I, de cet elTort peqiétuel et stérile pour atteindre dans

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u BTUBBS PflaosoraïQins.

ture est changée, que les passions ont disparu, qne U ProTidence eUe^méme se sera mise au service de Uhi:| ces rêveurs , en dispensant également à tous les bdbuuci la beauté, la force, le talent, la vertu, le génie, qu«| les lois du monde des corps et les phénomènes régU*^ de la matière n'acceptent plus leur mot d*ordre que di*:| caprices et des fantaisies humaines, et que les agent ^ physiques deviennent, comme dans les contes de lèe^ , autant d'esclaves intelligents et dociles : en d*aulre^ termes, tout cela est le rêve de l'orgueil et l'utopie ck^ imaginations sensuelles.

Nous effleurons ces idées, qmtte à y revenir une au^ tre fois avec de plus grands développements. Maintemmj que nous avons défini d'un Urait rapide les doctrines do^ nouveaux prophètes, il nous tarde de faire voir commetij cet immense désordre de principes incohérents a*c^| traduit par une littérature étrange qui, prise dans &oi{ ensemble, n'est rien qu'une débauche de stjlc, un geur«| criard et fkux.

Tous les grands systèmes de philosophie out à leu^ usage certaines formes d'exposition , certains procé«l« i de langage qui constituent leur caractère propre a leui font une sorte d'originalité littéraire, bien que la quc'^H tion de littérature et de style soit pour eux chose toul 4 fait secondaire. On sait de quelle forme impérissable >^\ sont revêtues les idées de Platon ; quelle langue aostèiM et lumineuse parie*- DeM*arles; dans quel style sim|ftle r | grandiose Malebranche nous interprète les menreilU i de la vision en Dieu ; on sait aus^i dans quelidiùme Xuui personnel Kant nous a li%ré hc% forti's et sublimes pc-u^ sées. Mois tous , même dans la diversité de leur gétiic* i \ de leurs s)stèmes» ne tendaient qu'à un seul but » d< ^ montrer par un raisonnement suivi ce qu'ils croyait- ni

L'IDOUTRIE HUMANITAIRE. âS

la vérité. A ce goût bien naturel pour le raisonnement, Bs joig-naient une Immilité sincère, une admirable mo*^ destîe, une défiance d'eux-mêmes qui n'est qu'un charme de plus dans les œuvres du génie. Nos prophètes pliilosophes ont bien changé tout cela. Ils ont inventé une espèce toute nouvelle de démonstration, qu'on pourrait ippeler la démonstration par Venthousiasme , ou plutôt û& s'occupent moins de démontrer que de frapper le lecteur et de le prosterner d'admiration. Rien ne peut donner ridée de cette prétention inouïe, et aussi, disonsle, de cet eflbrt perpétuel et stérile pour atteindre dans chaque phrase un grand eflet. Ils ne se pardonneraient pas de parler comme vous et moi. Ils disent avec majesté les choses les plus vulgaires , et ils mettraient un point d'orgue à leur voix pour dire à Nicole d'apporter leurs pantoufles. On sent qu'ils prennent au sérieux leur apothéose, et qu'ils s'acquittent en conscience de leurs fonctions divines. Écoutez-les : ils communient dans la Térilé; ils sentent passer devant leur face le souffle du Dieu vivant, et le recueillent en traits de feu. Tout ce (lui les approche s'enfle et s'agrandit : leurs amis cachcnl sous leur vaste front l'infini; toutes les femmes, surtout !« bacchantes, montent sur le trépied et deviennent des sibylles. Toutes leurs paroles sont de mystérieux oracles. Xe soyez donc pas surpris si l'inspiration coule, ou plu-

IWt se précipite de leur lèvre sublime en cataractes de métaphores. Leur imagination bouillonne comme la lave d'un cratère; c'est l'éruption d'un dieu. Ils traitent fort mal leurs adversaires, les sceptiques et les incrédules à l'égard du culte nouveau ; ce n'est que l'injure tl le dédain à i;i bouche qu'ils daignent répondre d'a- ■.iicc aux objectif ius , ou munie, le plus souvent, décLacr par précaution qu'ils n'y répondront pas. On peut

t6 tTQDBS PllLOSOraïQinS.

être pirfàitemeol assuré que les doutes las mieiii raisonnés de la critique sur la valeur de toutes ces diodes, les objections les plus savantes n*atteindront jamais le prophète dans la sérénité oijmpicunedesesrévélation*^ Aussi faudrait-il bien se garder d*une argumentation ni régie : discuter avec un dieu serait Tacte d*un fou; il uti faut être ni Tun ni Tautre. Cest ainsi que tous les Uvr*^ de récole prophétique respirent Je ne sais quelle latuiti béate, héroïque * rayonnante, qui ferait croire nai< ment que chacun de ces ap6trcs a dérobé Dieu à m-*^ confrères, et s*est m^tueusement approprié la part d*\ tous.

On comprend comment Tinlatuation poussée jusqu'à m délire a dû porter Temphase jusqu'au burlesque. <hi n*csi pas extatique impunément; il faut, quand on po^ sède finfimi^ le faire entrer, de gré ou de force, (Liih son style. Rousseau le lyrique et Lebrun-Pindare pâliraient à la vue de ces tropes audacieux dont se couvirnj ces feuillets divins. Chaque page déroule une époptVr- ^ ou tout au moins chante un dithyrambe. Chaque plira«>*i est un monument Le grand mot s*entasse sur le graii«l mot ; c'est Pélion sur Ossa , el sur le piédestal gii;aiH tesque de ces phrases amoncelées, se dresse le moi luimain , dieu malade et mesquin . Titan chétif qui mma« • encore le ciel.

I>e remplutvs à la profanation , il n*y a qu*nn pas. 1^ répertoire de rimagination humaine n*a pu sofllrr a œtte effrayante con^oimnation de métapliorrs. 11 a f.i aller rherther ailleurs; on a ouvert le \(H*al»ulaire • • TEglise chrétienne, et on en a fait un M*andaleux |iiIU«.* Cétait chose facile à préioir : le Christ humaniUii:* avait mis au sépulcre le Christ de rKvangilc, il était n.i- Inral qu'il se revéUt de ses dépouilles, et qu'il essayai

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