HUMANITAIRE
Nous mettons un grand prix à ce que personne ne se méprenne sur la pensée fondamentale et l'intention de cette Étude, Aussi sincèrement, aussi profondément qu'un autre, nous aimons l'humanité, et nous croyons que le progrès de la civilisation consiste à étendre de plus en plus ce sentiment dans les âmes. Mais nous voyons avec peine que, dans certaines écoles contemporaines, cet amour légitime et sacré soit compromis par une sorte de culte déclamatoire et délirant. La plupart des religions nouvelles qui abondent autour de nous ne sont pas autre chose que l'idolâtrie de l'homme. Il est temps de combattre cette forme nouvelle de Tathéisme, l'athéisme humanitaire. Nous l'avons essayé en généralisant autant que possible notre critique pour la rendre plus libre par sa généralité même.
On a proclamé bien haut et bien des fois déjà
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dans ce siècle la déchéance du christianisme. Il en est un peu de ces manifestations comme de ces émeutes qui proclament dans les carrefours la déchéance des gouvernements, sans s'inquiéter s'ils vivent encore. La place était bonne à prendre : les candidats au pontificat de l'avenir n'ont pas manqué, et chaque pavé a vu surgir un révélateur. Il y a eu comme une levée en masse de nouveaux prophètes. Ce n'est pas ici une figure. Il s'agit ici moins encore de philosophes que d'illuminés. Ce ne sont pas des hommes, car les hommes peuvent faillir ; ce sont les organes prédestinés d'une révélation inédite, et pour parler comme ces plagiaires d'une langue consacrée, Dieu s'est fait homme en eux. Ambitions sublimes 1 Le monde roulait dans les ténèbres, la superstition étendait sur l'homme son linceul ; la terre retournait à grand train vers le chaos. Un livre paraît, modeste d'aspect. Qui s'en douterait? Cette brochure, c'est le berceau d'un monde ; tout l'avenir y est en germe, résumé dans quelques feuillets. Gloire aux nouveaux prophètes I L'humanité respire : le monde allait périr, Vidée a sauvé le monde.
Nous ne connaissons rien de plus pompeusement faux, rien de plus grandiose dans la niaiserie que ce mot. Vidée : Vidée prise dans un sens absolu, sans un mot qui l'explique ou la précise. Les lyriques en prose font grand usage de ce mot sonore et
vague. N'essayez pas de le définir, candides initiés; toute défioition risquerait d'être une profanation. Il y a là je ne sais quelle idole éternellement mystérieuse et sacrée par son mystère même Mais nous qui avons peu souci du sacrilège, osons voir clair dans le nuage et dissiper ces pieuses ténèbres industrieusement amassées pour cacher sous l'idole l'absence de la divinité. Vidée sauvera le monde f ayons foi dans Vidée! mais à laquelle, je vous prie ? U y en a mille. A laquelle entendre ? Assurément le mot Idée est choisi avec habileté pour rallier tout le monde, puisqu'il ne dit absolument rien. La divinité, étant anonyme, n'en est que plus puissante ; le dogme, étant mystérieux, n'en est que plus sacré ; la foi, n'engageant à rien, n'en a que plus d'adeptes, et tout le monde y gagne, puisque tout le monde est d'accord, jusqu'au moment où il faudra s'entendre. Mais ce qu'il y a de constant et d'uniforme chez tous ces hiérophantes de l'Idée, c'est la prétention avouée de mettre sur l'autel un nouveau Dieu, et d'autres systèmes dans la raison de l'homme. Le vieux christianisme a fait son temps; utile à son heure, il doit céder la scène du monde à des doctrines plus complètes. De son côté, l'antique spiritualisme de Platon et de Descartes meurt d'impuissance au milieu d'un siècle indifférent. Les temps nouveaux ont d'autres besoins, d'autres exigences ; ils réclament un idéal de science qui
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sera un culte, un idéal de culte qui sera une science. Telle est, comme on dit, la formule de Fabsolu.
Au fond de toutes ces doctrines incohérentes, souvent hostiles, n'y a-t-il pas quelque idée commune? Serait-il impossible de ramener à un seul principe fondamental ces dissidences infinies, à Tunité d'un culte toutes ces hérésies? Les formules, les oracles, les rites varient; les invocations lyriques se font sur des modes très-dillérents : les unes sur le mode voluptueux de l'ionie; les autres sur le mode austère, cher aux Doriens; mais dans toutes les liturgies des religions nouvelles un mot revient sans cesse : VhuînaniU. Les plus sincères parmi les nouveaux prophètes portent fièrement ce mot inscrit sur la bannière de leur petite église; les autres, moins hardis, balbutient encore le nom de Dieu ; mais qui ne reconnaît bien vite l'homme, grotesquement affublé de la majesté de ce grand nom ? Nous n*hésitons pas & le dire : tous ces nouveaux prophètes ne font, sous des formes diverses, que proclamer la divinité de l'homme. Ce n'est pas là le panthéisme métaphysique, celui de Spinoza, par exemple, affirmant, au nom d'un principe abstrait, la coexistence nécessaire de l'homme et de Dieu, du mode^ et de la substance. C'est la religion de l'humanisme, vaste système dans lequel ceci seulement
est clair, que la substance divine n'est rien en dehors de Thomme ; que l'homme est Dieu, vraiment Dieu, Dieu dans son âme et dans son corps, dans sa chair comme dans sa pensée.
Admirable roman que cette christologie humanitaire qui défraye aujourd'hui tant de philosophes en deçà et au delà du Rhin 1 Le Dieu auquel il faut croire, celui qu'il faut adorer, c'est un Dieu collectif, qui n'est que l'idée abstraite des générations; c'est Tespèce éternellement progressive, dont chaque pas est une victoire sur la nature, chaque pensée une découverte. N'allez donc pas chercher, au delà de l'horizon de nos sens, je ne sais quelle divinité menteuse qui enveloppe son néant de mystères, et qui n'est, après tout, que le fantôme débile de l'humanité reflété dans les nuages. Revenez sur la terre, seul théâtre où s'accomplit le drame éternel, sur la terre, ce berceau de l'homme où germe l'infini : c'est là, c'est là seulement que vous trouverez le Christ idéal, le vrai fils de l'homme; car c'est bien l'homme ici qui enfante Dieu.
Voilà comment parlent nos Évhémères modernes ; mais Évhémère n'avait pas imaginé, au nom d'un athéisme inconséquent, d'usurper le trône de l'Olympe laissé vacant par la chute de Jupiter. Les nouveaux prophètes sont plus hardis, ils chassent Dieu de l'autel pour y installer l'homme. Cela
est-il bien possible ? est-ce un rêve, une dérision ? le moi divinisé, Thomme devenu Dieu! Etait-ce bien à notre siècle qu'il était réservé de voir cette bouffonnerie? 11 n'y a pas cependant d'équivocpie possible à qui sait entendre, à qui sait lire. Croiton nous donner le change avec ce grand mot : TAwmanité? Ou ce mot n*a pas de sens, ou il représente l'ensemble des hommes, la somme des êtres humains, non possibles, mais réels, actuellement existants dans le monde du temps et de l'espace. Évidemment, quand on adore cette bizarre divinité, ce n'est pas l'humanité anéantie du passé : le bel objet d'un culte que la poussière des tombeaux I ce n'est pas non plus l'humanité problématique de l'avenir; le digne objet d'une religion que ces êtres qui ne sont pas encore et qu'une convulsion du globe peut condamner à n'être jamais I On ne peut raisonnablement aller chercher son dieu dans ces millions d'atomes qui ont vécu, non plus que dans ces millions qui peuvent vivre un jour, mais qui peuvent aussi n'entrer jamais dans l'organisme humain. Les générations passées sont des dieux impossibles comme les générations futures; que reste-t-il donc aux dévots de l'humanité ? Le temps présent, la génération actuelle, tout est là. Mais encore, faisons le compte de cette théodicée, et marquons- lui ses limites exactes. Dans ce vaste Panthéon humanitaire, admettrez-vous les sau-
yages abrutis, comme ceux qui habitent les rivages glacés de 1 Amérique du Nord, ou les demi sauvages, comme ceux qui vivaient sous les heureuses lois de Soulouque, ou encore les générations pétrifiées de la Chine? Vous n'admettrez pas davantage les civilisés qui répudient vos dogmes ; évidemment, on ne peut pas être dieu à son insu, et si nous protestons que nous ne sommes pas des dieux, vous voudrez bien nous croire sur parole. Que reste t-il au fond du creuset humanitaire où s'élabore Dieu? Les prophètes et leurs amis. Voilà, en définitive, le dernier fond de cette théodicée pompeuse. On proclame la dérisoire apothéose de l'humanité, parce qu'on n'ose pas proclamer la sienne. Mais, patience I Nous en viendrons là, n'en doutez pas.
Ce trisle dieu improvisé dans une heure de délire, l'homme, cette pauvre idole proclamée dans je ne sais quel vertige de la raison, qu'en font-ils? Est-ce à ses nobles facultés, au principe qui pense, qui sent, qui veut en lui, est-ce à son âme enfin que s'adresseront les hommages et le culte de ces étranges révélateurs? Certes, nous sommes loin, quant à nous, d'adorer la raison. Mais enfin, si vraiment nous pouvions croire que Thomme est un dieu, au moins nous paraîtrait-il vraisemblable que la partie divine en lui fût la pensée, que ce fût son âme qui participât à ce magnifique privi-
lége de Finfini, que Forganisme, la manière pleine de trouble et de misères secrètes voulût bien céder la place à l'esprit vivant. Il n'en est rien pourtant. Dans ces religions bizarres, l'homme est adoré dans son corps comme dans son esprit, la matière est divinisée comme l'âme. Les nouveaux prophètes le disent assez haut : il est temps de faire cesser ce long divorce de l'âme et des sens, il est temps de réhabiliter la chair, indignement sacrifiée par le christianisme à des superstitions aveugles, â un ascétisme extravagant, à des mortifications insensées. Le christianisme a jetél'anathèmesur l'homme charnel, il a maudit la matière. La religion nouvelle, plus large et plus libérale, parce qu'elle est plus vraie, relève le corps de ce long anathème, et l'installe Irio.nphalement dans le sanctuaire. Vivre, c'est la loi, s'écrient les Messies modernes; développer la sensation, c'est une œuvre aussi sainte qu'enrichir la pensée. Aspirer la vie par tous les pores, dans tous les sens, voilà le vrai salut. Le génie qui inventerait une volupté nouvelle serait l'honneur de l'humanité au même titre que Newton révélant des mondes dans les espaces. Que viennent donc faire, parmi les hommes qu'ils trompent, les moralistes sévères, les prédicateurs moroses, les exemples lugubres? Que vient on nous dire, quand on nous parle d'affranchir son âme des liens du corps en l'émancipant de la tyrannie des
passions ? Qu'est-ce que cette morale de sacristie, bonne pour les vieilles dévotes, les tartufes et les imbéciles? Ceux qui immolent une seule passion commettent sur leur âme un attentat, un suicide. La passion, elle aussi, a le droit de vivre et de régner : sa souveraineté doit s'exercer, comme celle de la raison, du droit de la nature ; qu'elle s'exerce donc en toute liberté et qu'elle n'aille pas s'offrir, dans un holocauste insensé, aux vieilles idoles de la superstition et de la peur.
C'est là que viennent aboutir tous ces révélateurs. La plupart ont prévu ce beau résultat et s'en glorifient; ils se vantent d'avoir affranchi, après tant de siècles d'oppression, Thomme charnel du servage. Le christianisme avait émancipé Tâme; les christs modernes ont émancipé le corps. Une ère nouvelle datera de leur nom, Tère de la chair libre et de la femme libre. Or, on ne peut nier la souveraineté de la raison, la suprématie nécessaire de l'âme, sans reconnaître implicitement celle de la matière. Ne rêvez pas une égalité chimérique de droits entre le principe intelligent et l'organisme aveugle. La matière, chez l'homme, ne peut être que dans deux conditions : réglée ou despotique. Elle obéit ou elle règne. Si vous n'en faites votre esclave, si vous ne domptez la bête, elle vous dompte et vous soumet à ses caprices avilissants Le premier qui a osé délier le corps des
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entraves de la morale , émanciper les instincts, affiranctiir la sensation , a du même conp, qull le sache ou qu'il l'ignore, brisé le ressort de l'âme raisonnable, et lAandonné & toutes les fantaisies le théâtre déshonoré de la conscience. Découronner la 'raison, la pensée, c'est dégrader l'homme. Où donc, dans l'homme ainsi dévasté, dans ce vide, dans ce néant plutôt, où donc prendrez-vous les tildes de la noblesse, de la grandeur de l'homme, le principe de sa dignité, l'énergie agissante de sa liberté?
La iîberté, l'école nouvelle l'invoque. C'est un nom qu'elle inscrit fastueusement sur son drapeau. Mais encore faudrait-il l'invoquer à propos et savoir en comprendre la vraie portée. La liberté civile, poHtîque, sociale, n'est que l'expression, la manifestatioid dans les faits de la lib^é morale, du libre artritre. Or le péril du libre arbitre, son honneur en même temps, c'est d'être responsable, non pas d'une responsatHlité vague et vaine, mensonge de ces doctrines qui abusent des mots, et qui, par un échange commode, transportent volontiers i l'espèce la responsabilité de tous les crimes, en prenant pour l'homme la liberté de toutes les passions, mais de cette responsabilité effective, et constitue le véritable droit de la personne, le vrai titre de la moralité. C'est le ISbre^ arbitre qui pour nous est la source et la
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éàoBi «'est fefiÉée une lècaie ^ nj^stkisne vHivrtiÉiesiiaÉPe, i|w ]piitQsid^owei7teB»eat suttfdÂtuer la «oitaecaiB^ 4a èiltîi la jMmferam^ du bien. Eiie prend i s^n ^oaoDiAe 4e &meux adage sur Vin
différence des moyens j et elle l'applique au jugement des hommes et de» fûts avec une complaisanee plus libérale que de iraison. Elle s'est lait à son image et à son usage une sorte de moralité qui ne s'apprécie que par de» considérations humanitaires^ étrangères à ce que le vulgaire appelle le jugement de la conscience. La justification de l'individu n'est plus, comme le supposent une religion puérile et une philosophie étroite, dans le témoignage intime: non, eUe est tout entière dans l'avantage, dans le progrès de l'espèce. Où l'on arrive avec cette doctrine, on le sait, ia, réalisation de ces prétendus principes devient la grande affaire : tout va bien, pourvu que. le prin-^ cipe marche droit à son but, se servant Inême du crime pour hâter ses pas. L'éclmfaud est bien près d'être invoqué comme un autre Sinaî. Soyons justes ; il n'est pas invoqué dans l'avenir : mais il est justifié dans le passé, et nous voyons tous les jours ces grands juges de l'histoire ren* voyer absous de leur tribunal des personnages à jamais néfastes, parce que leur nom s'est trouvé associé, par un conseil mystérieux de Dieu,- à la conquête des institutions modernes. Déplorable illusion de l'esprit de secte, qui veut, à tout prix, se créer une généalogie en se cherchant des aïeux dans l'histoire, et qui, dans les aïeux adoptés, veut tout excuser, même le crime, tout expliquer,
même la folie I A quoi Ton est réduit par ce triste système, tout le monde le sait. Ce jury mystique dénature à la fois Thisloire et la morale : Thistoire, en y faisant entrer de vive force ses concep-* tions fantastiques, et ne voyant plus le passé que dans un perpétuel mirage; et la morale, en tra* vestissant les idées vulgaires du bien et du mal au profit de ses aïeux imaginaires, les précurseurs de la secUy tristes héros en vérité l
Une moralité vague, générale, indéterminée, substituée à la moralité, très-nette et très-précise de la conscience individuelle ; Tacte humain su* bordonné au résultat et attendant de l'événement, toujours incertain, sa condamûation ou son indemnité, sa honte ou sa gloire; le libre arbitre devenu irresponsable au nom du progrès : tels sont les dogmes de cette école historique.
Qe progrès lui-même, qu*est-il? Voilà un des n^ts dont notre siècle abuse le plus impudemment. Ce mot est venu tard dans la langue ; mais quelle belle revanche il a prise I II partage maintenant, avec la mystérieuse divinité de Y Idée, les honneurs des nouveaux cultes. Ce qu'on lui a dédié de dithyrambes en prose et en vers, ne peut ni s'estimer, ni se compter, ni se mesurer. Il est bien temps de s'entendre sur la chose, après qu'on a fait un emploi si abusif du mot. Il est temps que leâ prophètes modernes nous disent ce qu'est en soi, et à part
S4 ÈWÎ3IÊS UOttALES.
Umie phrase, le progrès; où il cmmuence et où H fini ; si le MveidppeBiait de b driKastion matèmUe ei hNtasttielle An pays où ifvme épeqm suffit pour coMtifmer ki svpérîorrté incoiitestaAIe éi celte époqtte ou de cette Balîo». B serait bon qoe to«6 ces» îlhnoiDéff de f hisCoiFe déetavasseiHI s»eènmeot aflls* pensent, eiii ev aos , qne toirie étt^tioD de MramMdiité estMipregrè», qoe lentemaiittr^ tien nouvelle est une eeoqûéAe, qoe totrfierévohrtfoii eaà un bèentait. Ainei sf établirait, ao giMd profit de* tent le monde, mse ençoâHCe mstmetFire etr 9és rieuse sw te sens, snrFotajet, sur lee Htante» Al {«ogres tévitable.
fieel au» dernier si^te q«e la» ereyanee aa p#(9frier iUiaiilè est àttmsae «aie sorte dé^ teUgant. i^seélram^, et (|iii pnmw à quel poMl leeorar a besoin d'un espoir^ ebla taiao»d'*ci» iivfinff CTeUt ÉMIS OIS «MB^es de 9g^\(àxsiB» e0 d'iraaie, ùi» ]^on randssrfi à Vbofoaiflr FcMipel dMn dé* sa peneèe et Ai aMi atai««r; e'esiàla. date catee cpri aiaerqfw la nmiwnliFiam iri^mfpfeaiit da«a FopiaiiM, dtoa lli ésotesy daaa lea Utbcsv qnf en^ iPOit édere*) su» seâi de c»tte s«tosé«é imrédïiijsE, ta loi la piaa ^erdéaCa danafini diimértqatt «?eair. Ia lerre saute reale â yiM&aw ; Gff n'est ptaa an axift po«r M^ e'esê se« «■ji^m ^oanr, sa psteiet Sait,, il aaami êm mm» VeaibeHÉr. La TÎ0^ actodife ese la sevle faîfoèsoa JBenrée par kii Batari»: ee n^teft ptu» atte épiwvi«^
L'IDOEJJTRIB HOHIBITEàlRE. M
«^«rtileP'ftsiBpsidiiMlloBteur p«ur qw flaib M»^ btok vtsam. SoiÉ^ Ijiwr mamente aanb poécienai^ il lea. dA^ enpleriKpfflr dBffinaf&aeiMifaiiavqpûftillGblae joukh> sancev par oa lustt âélioirt; «t asvasti d^hi mlafvfcé; iiiosE^ato^ des plaiaîis imnosna^ ift doloBat l'im*^ numitét dàliile* de ses» rwmwiaiMr, ii) tBtmm^a a&DDie ctoii sttc]!^&* imcvaiUionc pratK* Boaoibr ks hoimaft d6i rtiiateoea^;. il^ kusDapontem id^baft \$ boabflfur suprân»;: il. mi^ima Idî mli aw ]a?.tûrrQ, M^asévaat paa* la: trwrar adUeuisk Gei^'ast» apeèi tout, qu'un déplacement de destinée. C'est ainai qœ dia aanauaiUaiiiQ a» piia mtom lat doc^iae du progrài» iUlmitéu Ii^baimiia' a. iNisoMir diun idéak: ai le cM aiA^ ^» pour Inii» 8'ii; m'f ^ V^ ^»9ê aBtyn& vir dmar tecpalte il camo' et il eapài^ il porteBa^ eeitto idée da Liafiii» dana Uie Yîe préswto ^ a^raadjva^ eutre maauire, pMi Ifeffiuli de; aoa itHii6ânelâfti>>> Vhomzonr étroit oA s'enoadnej sa dea^ tméft tecrestoe;. H ne? orcdt pa» à FiaunArtalité de aoD âme; maâ» il lait de la réalité; oonfoeémeirt pœaae&tie &\w» exiBtawe ulèérieitre, le^ romaa die: iBivie actuelle^ dar la^ fia daiia*la tempaiet dana Feai^aoeu II net Q»Qii pos) em OteUv mai» ii fait da l'idéee "vague de* ïm pejrfeetton divine la ebimàre de l'humanité de l/atreoin^ le rêve d'uoei parfech tion> sans limites et d'une* pléiiitude d'exialieBee au aeia de* Funi^Fa< trattaâgsinéi. Apvèai cal», ne noua étonnona plMa sa MU» trouaieott su la» liate dm
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plus ardents apôtres du progrès illimité des noms aussi expressifs que ceux de Gondorcet en France, de Priestley en Angleterre. La chimère n'est ainsi presque toujours que la dernière protestation de Tidéal refoulé, comprimé sur un point, et qui, ne trouvant pas son issue naturelle du côté de la vé-» rite altérée et de la raison d^adée, remplit Tima* gination d'illusions et de songes. Il faut à l'homme du surnaturel quelque part; quand il n'en trouve plus au ciel, il établit le prodige à poste fixe surla terre.
N'est-ce pas du surnaturel, dans la vraie signification du mot, que cet âge d'or pompeusement annoncé par tous les prophètes du dernier siècle et tous les révélateurs de l'âge présent. Ne seraitce pas un prodige bien grand que de voir la nature humaine transformée au point d'être comme étrangère à la misère, à la souffrance, à la maladie même et presque à la mort, comme le portent expressément les décrets de l'avenir, signés du nom de nos plus illustres réformateurs? Et remarquez comme le dogme du progrès infini garde religieusement, dans toutes les sectes de notre époque, ce que nous pourrions appeler la marque de fabrique, l'étiquette de son origine sensualiste. Une seule idée nette, une seule aspiration distincte se dégage, l'idée du bonheur matériel. Pour exalter une génération, on ne lui demande pas ses vrais titres, scm droit, les
titres de sa moralité ou le droit que confère à un siècle une incontestable supériorité de vertu ou de génia Non, il suffît, pour qu'une époque soit louée aox dépens du passé, qu'elle ait accru, dans une proportion sensible, la somme du bien-être, le total de la vie physique; qu'elle ait tourné à l'avantage de l'homme quelques agents et fait de ces dé-» couvertes utiles. et pratiques qui sont « comme les coups d'état de l'homme sur la nature. » A une génération pareille on n'en demande pas davantage. Elle pourra être sceptique, fanfaronne de vices, indifiCérente à toute vertu qui ne lui rapporte pas des bénéfices, positive dans ses calculs, et en même temps, effrénée dans ses passions; elle n'en sera pas moins saluée comme l'ère du nouveau monde. La vraie philosophie ne peut souscrire à cette apothéose exclusive de la civilisation matérielle. Pour qu'il y ait progrès véritable, il faut, avanjt tout, qu'il n'y ait pas déchéance de l'âme, diminution de la vie morale, dégradation de l'homme immatériel. Or, nous aurions beau avoir moitié plus de chemins de fer et de télégraphes électriques^ ceki nJemfiéGheFait pas qu'il n'y eût dans l'existence de l'humanite une irrécusable décadence, si par hasard le niveau de la dignité hu^maine avait baissée
De plus, quel fatalisme étrange que celui de l'école nouvelle, qui impose à l'humanité la nécessité;
Si tïïSMBB m^EtMÊÊk
à» ne pa» &hwuoi pBSiaaiMi ÈiÈ». «kj eonqvAtal Pbinrnoasv la;»8ffrès«BÉlRttajn»ié8Sf«iittÉ»
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Aliûnttsr, » c'6srii.riiO£aB»tliDÛHBéBitf ^ 9sA tfaisÉî»sftQ à» sac féstiraia ot Iteimni» du» progrèa^ Jto CDntmke: seBait bien^ éfiraa^.. Ite» ii»ij»elles do» tidnest, sons pTétynrtft d'himonir VhnaianiÉéf emlld iflqpQaailt laa ftÉaliUé (bi pcogrèvi kii4ei]bâteirir.tait Ib; mérita en luii èiMt teuto ïlMtttt. Oo? ftofe éa Ubumanitè mier namM^ieM» jnmsbiautr maim q/m mk ^oit. (pft If fasoime; aBFBft sut écadB^ soinrant Inb mantablaft, aMOD les^ èslipœsf dir ai. mocaliiée et Im défitiUanoas da aoeu fBhoàé^ vaaia miitofcriBr (pu Fautomste te i^i» étcnnaiitô BJhumamBté, nuttiis de œsb faèaUBèa^ d^u» DBBvoaa genres mi peut jamaîB m ^sméHst ni. raealffli. Sans^ doute; maie à queL piisl «ite oiiéik. mi pKogsèi oom&Bi una pierre à^ la^ptsantoBr;.
Enfin;, pour imBqHitg d^uwAt nMt lai pfcnc^ gnw disaidenoe (pi nonsi aépaeti dt^ «as mide(seetaii»it ils ont M au. pingKàsb illimité^ «t nous ne pouimaw y croire. Nous admettons bie» cpie la^ imàmm de l'homme et la sodétéb souit ptrfeolibles ;^ i»us nâmïs* qu'elles le soient au» delàd'M» eeffteiiie n»-
L*IDOLATHIS HITiCAlliTÂlRB. $8
scnre. L'une ou l'aoïtre oak Irars liinites iafrM^ dâssablea^. le«r cârcoiuKriplÎMi dèfînie, tvacée d^»iMK»; icoir àéfwtoffpemaU jségté , éttermtoé p«r les éléments mêmes qui les MMlMocBt Om L'boMBear psar ftf art ymnAfégatt iS\am votonté ét^te «k (ïwie înIrilÎBMife «piplkpèe, pvisseat-^ fteer à; des» pgfectimlMfft» Ai (tétaiS ; ffji% puisse abattre bien des obstacles, atWttiMerdevr*» MÉmcesv csrifigeF dinr iAmh! foilè le frai« Cette mfV^er est aflae? grande waanet peor qne FboaiiBit 9^ Gonancam^ anrec: addnr^ Mder canise^ «at assefz bdle pour eïâlâB Av aanièM éttslattotts «t ée gramé» détoamicntsi Biifa« imécntif * cas» obsÉMlM^ svppTKïMiTMs iféMislMc^i^ iiettni'eà parfiafflelteir^ nottie lii nalMe eK: 1& fltt dé YkoÊmne^ M» désira et^ ttfr tefift&éf'; véadiscir sm» lat^nm cett»' idée du ineux qui te aoUixriie lami Mve^; invmtei' u tamtte^ cpm ne omRMdlridt piM la douleinf, mxé 9mMè dloi» im nssétt dispaeailMitî anm lliiégatW éksi Mnditeon»;; teoÉ cctai M9poiift> oj/m lâi natlM isl skangto, (foe le» paêsione ont ^fe^era^ que le tteeidencet dte-mènie » Mra ttii«e sM» service iê teM* ee» ré^ues^ en. dtepensanl égatoncHt à teos k»lieauiieft tai kttwtè, 1» tece;* leiWeast,. le vertii^ k^ 9Énie, q/sm iem Ibîsi dli Bioode des cecpw et les pUnemènesi ségiéa de: ki oMÉitaïf e'aocepÉMli phm kn meà d'ordre que des esKfsicÊm tt dts faedadsieé tMHkUHit8Ss,eÉ.q|Mirletta9nto]|hgB^^ devlNaMtft«
comme dans les contes de fées, autant d'esclaves intelligents et dociles : en d'autres termes, tout cela est le rêve de Torgueil et l'utopie des imaginations sensuelles.
Ces doctrines ont inventé à leur usage une littérature étrange qui, prise dans son ensemble, n'est rien qu'une débauche de style, un genre criard et faux.
Tous les grands philosophes ont à leur usage certaines formes d'exposition , certains procédés de langage qui constituent leur caractère propre et leur font une sorte d'originalité littéraire. Mais ils ont tous ce trait commun qu'ils s'efforcent de raisonner le mieux qu'ils peuvent. Nos prophètes phflosophes ont bien changé tout cela. Ils ont in« venté une espèce toute nouvelle de démonstration, qu'on pourrait appeler la démonstration par fentkousiasmey ou plutôt ils s'occupent moins de démontrer que de frapper le lecteur et de le prosterner d'admiration, Rien ne peut donner l'idée de cette prétention inouïe, et aussi, disons-le, de cet effort perpétuel et stérile pour atteindre dans chaque phrase un grand effet. Ils ne se pardonneraient pas de parler comme vous et moi. Ils disent avec majesté les choses les plus vulgaires, et ils mettraient un point d'orgue à leur voix pour dire à Nicole d'apporter leurs pantoufles. On sent qu'ils prennent au sérieux leur apothéose, et qu'ils s'ac-
^îttent en conscience de leurs fonctions divines. Écoutez-les : ils communient dans la vérité; ils sentent passer devant leur iiace le souffle du Dieu vivant, et le recueillent en traits de feu. Tout ce qui les approche s'enfle et s'agrandit : leurs amis cachent sous leur vaste front Tinfini ; toutes les femmes montent sur le trépied et deviennent des sibylles* Ne soyez donc pas surpris si Finspiratioû coule, ou plutôt se précipite en cataractes de m^phores. L'ima^ation bouillonne- comme la lave d'un cratère ; c'est l'éruption d'uft dieu. Qs traitent fort mal leurs adversaires, les sceptiques et les incrédules à Fégard du culte non*veau; ce n'est que l'injure et le dédain à la bouche qu'ils daignent répondre d'avance aux objections, ou même, le plus souvent, déclarer par précaution qu'ils n'y répondront pas. On peut ôlre parfaitement assuré ^uelefe doutes les mieux raisonnés de la critique sur la valeur de toutes ces choses, les objections les plus savantes n'atteindront jamais le prophète dans la âérénité olympienne de ses révélations. Aussi faudrait-il bien se garder d'une argumentation en règle : discuter avec un dieu serait Tacte d'un fou ; il ne faut être ni l'un ni l'autre. Cest ainsi que tous les livres de l'école prophétique respirent je ne sais quelle fatuité béate, héroïque, rayonnante, qui ferait croire vraiment que chacun- de ces apôtres a dérobé Dieu
la past ée totis.
jssqifmu lAélire a lék porter PMqrinLM puMpu^am iMrrlewQfm. OantÊiA^^ieaaktâkpBLt n^^uiéiiiaat; il Int, ifpBuiâ on ^pasaèâa liii)8m, (te faimienimr. de gré €« dbB ftnro, 'dnfi «Ml iftyle. B oMMWu a te iyrigw «k tIielm»-#i»Sai« tpUiesiettt à la Vue de <bê Iropes «adaeieoK lionl; m fsonfnnent ces dènilids éteins. Gb^qoefagetâfimiiteiiiDe épe|^ HOuttoiÉt aa (moios chailte un dittiyiaffiiie. tChwpue fAm» art'im fliiojiiii»8iit lie gTa&d nuit li^taaK a«r de pKadflMMt; c'est l^é^B sair4abBsa»ieiswâef)îédo»- Wl giga&teniiie de «s phrases «BiiMioeiéea^ ;ae fihiesae le su» Imnain, dieH wahMlr at mmtpÊm^ Ittan diétff xjitii nenaçe encore ie^ôel.
Ae rempbaae à ia praCBcnakien, û jn'f >a (qn^m pas. Le fépeftom de iHmagisMCtîQn buiMW :m'm pa «nfiira à oetketiffi'ajraiiÉe censoanmaiiw 4e né^ tapberes. fi a faUu ^àUer cberduer aÂUfôirs:;>0aa envert LevooiAuiaîfedeil^figliseiciMrétieaiie, et^m en a iatt nn ^grasd pillage. C'était ^Aose facile m pnhmr : :1e iCfarûÉ hnaianîtoiffe awôt mis am js^ pniore île Obrist de l'iiSvangite, til éfcaii; natnrel <pi1il ae mvèHt de ses di^oiiillea, et qa'û tsmsit de &ûre iUusioniau puiilîc «vec des termes empra»tés aux snpenstitions du passé. An ioroyutttepen^ dant, jusqu'à oe jour, qu'il est de mauvais goût
isftleifie fndnit là «M fBHK Mome «ne ^Munniie de4a lîtaiiiie tonganNe. iMrjaiipiiL, tnyfttfue à l&iittBiet sanaaU»«e pM jratenB Umrre onêi^ de .^andDMfUx «nwfihégwl da teigae rc%ieaMe.^coiite ikmBfi ditifafssMiibes^minnz tem» livpes^teftToyas qBBl mrthigp luurleiQiie ^ jsaflié leit'du profaiie, quel prodigieux abus iâm mol» Im fl\xB jftaiBU;,.d66 Q^pBeflfibns ^laB fixis lékHxéos «lei'ad€asaliou, 4e]relytaeie iapgi^ pompiMY .de A'odelmBiaftUaiBe ou l£âaiM[i\0e .égmvofiae ^'im ^duuDtsépicurieo. Deux amk JM peua^eot psui miibceCi «sus « «ompre assemble le ptki jde Hàoàt,; » run iiomaie^ daos ces Mfresétcangesy, jae pent^s'Abaifcionnpir A ses méditsÉÂoa» im À.ses sâ^f sies, .saus «xommoiiier dois lyD&nL » TiMite. exposition .des 4000168 jpcaphéUfus^fist « i^cbsodalifte de la MàrUé • «ou « ia -fie- Bèse de J'Idôe. » Xant astiole,, jnôme éphémère , BiîBiifjâen auoîi», s*il «ftiis jplait, gw «i*Eucoli^ de la JdteiAé. • JktmdeE ees HQ^tiques j^olutiiiBftîrfir is'^âftmer, <âaDs4e9ir^eaGUuie,»qiiie c Ja^léiBonatte «ert <1a ^iseconde «entrée du Xtuïist ;à Jéru* flBleca^ » iffue « la Tesreiir «est la •montagne sdu Oalvaiiia.'^ lOn amt oioi iM^i^eoqps^aiie ia j^xilutîam amtt éké prodigue idu ^ui^g^d'autrui. Erreur I GSest dBOB ffDOfVB saqg ^(^'ûUe sl vecsé comme le (Suist ; ic'test ^en jaoBbmt tau XSalvaipe comme lui»
(}tie, comme, lui aussi, elle a ineartiié, diVhiftsé sa loi dans les esprits. Jai^n sans nom qui défigure la langue, com^e cette philosophie défigtire le bon sens ! TravestissBftVBtit tandle comme une profanation t C'est « l'Apocalypse ttoùveile-,» diwint les initiés; soit, TApocatypise, moins l'esprit divin. Tout cela est le fait d'imaginations épuisées qui se tourmentent à réveiller par des mélanges inouïs le goût d'un public blasé.
Orgueil olympien, burlesque emphase, teld sont les signes certains afuxquels voius reconnaîtrez la littérature des prophètes. Ce genre littéraire est du reste en parfait accord avec le dogme Si l'adoration de l'homme fait le dernier fond du culte intérieur, quoi de plus naturel que d'y joindre le culte extérieur de la phrase? Le naturalisme effréné de la doctrine aura son contre-<îoup dans le style, qui ne sera et ne pourra être qu'un grossier matérialisme d'imagination. Bientôt même le culte extérieur absorbera l'autre. -^ Rien ne fatigue comme cette emphase laborieusement sublime, qui déguise mal la pauvreté du fond, l'absence lamentable d'idées, et dont l'unique ressource semble être un recours désespéré aux images forcées, aux métaphores incohérentes, à ce luxe matériel d'une imagination mal réglée, épuisée, haletante. Les systèmes et les doctrines qui vivent n'ont pas besoin de ces prestiges et n'ont pas recours à ces
ivresses. Ni la raison, ni le goût public ne s'y trompent. Tout le monde sait que rien n*est plus étranger aux délires sacrés de l'âme que ces épilepsies du style, et que rien ne ressemble moins à l'enthousiasme de Platon que cette orgie des esprits grisés d'eux-mêmes. Il faut, pour être un prophète, ou seulement un philosophe, d'autres inspirations que les idées malsaines qui agitent le cerveau dans la fièvre. Il faut, pour être un écrivain, d'autres ressourtes que les hallucinations d'un grand prêtre de l'humanité. Si le genre nouveau porte un nom dans l'histoire des lettres, il s'appellera le genre convulsionmiire^ à supposer que les lettres reviennent par le calme au bon sens, et au goût par l'amour du naturel, du simple et du vrai.
Au fond, la littérature et le dogme humanitaires sont- ils choses nouvelles, et ne pouvons-nous pas bien discerner les figures sous les masques ? Qu'il serait aisé, si la chose en valait la peine, d'exposer les causes puériles et de raconter les incidents grotesques qui amenèrent, certain jour, l'alliance du saint-simonisme, légèrement transformé, avec le romantisme discrédité 1 Tous les deux crurent faire merveille en associant leur industrie et en confondant leur destinée. Le saint-simonisme avait peu de littérature ; mais le romantisme avait moins encore d'idées. Il se fit un curieux échange : les
disciples arriérés du vieux dogme humanitaire devinrent des artistes de style, et, comme Ton dit, des ciseleurs de première force; les romantiques sur le retour, comprenant qu'il était grand temps de songer à mettre quelque chose dans leurs phrases, y installèrent le culte de l'humanité. C'est de cette alliance merveilleusement assortie qu'est issue Técole philosophique et littéraire que nous avons essayé de définir.