LES EPITRES D HORACE
celui qu'il appelle le cygne de Dircé, il n'atteint pas les hauteurs de la grande poésie. Il en fut de même dans sa vie. Il a su faire respecter la dignité de son caractère dans l'humilité de sa condition ; il a noblement gardé son indépendance en face de Mécène et d'Auguste : mais cela ne suffit pas : pour être vraiment grand, l'homme doit s'élever au-dessus de lui-même. Il n'est pas seulement en relation avec ses semblables : qu'il le veuille ou non, il est constamment en rapport avec Dieu; c'est là sa marque distinctive et sa vraie noblesse. Ceux qui, comme Horace, négligent de cultiver ces relations supérieures et ne veulent relever que d'eux-mêmes, peuvent avoir de brillantes et d'aimables qualités; ils ne représentent pas l'humanité dans ce qu'elle a de plus intime et de plus élevé, ils ne méritent pas toute notre admiration.