‹ Etudes musicales. 3e SerieChapitre 5 sur 52 · V. Wilder, Mozart · texte numérisé non relu

V. Wilder, Mozart

enchantée (1791), les opéras de Mozart parurent pour la première fois, avec des succès inégaux, sur la scène de Vienne ou sur celle de Prague. Ainsi pendant neuf ans cette plante choisie donna sur le sol et sous le ciel natal des fleurs exquises et des fruits délicieux.

« L’exemplaire le plus parfait des facultés qui composent le génie autrichien, c’est Mozart. Ce n’est pas seulement par le hasard de la naissance que Mozart appartient à l’Autriche. L’incomparable musicien a puisé dans sa patrie la substance de ses œuvres; il tient d’elle cette sensibilité, cette plénitude de vie, cette passion du beau et aussi ce don de se borner qui l’ont rendu immortel 1 . » L’année même où l’Autriche perdait Mozart, elle produisait, comme pour mieux assurer le sort de sa gloire, l’intelligence et l’amour de son œuvre, un poète digne de le célébrer. Aussi pieux envers sa patrie qu’envers son illustre compatriote, Grillparzer a profondément senti l’accord qui les unissait l’un et l’autre. Demandons-lui donc — et nous rendrons ainsi deux fois hommage au génie de l’Autriche — le secret de cette intime correspondance entre l’esprit ou l’àme de l’artiste et celle du pays.

Quelqu’un — Rossini peut-être — a dit de Mozart qu’il n’était pas le plus grand des musiciens, mais la musique elle-même. Et sous le cliquetis des mots et l’apparence d’une simple logomachie, cela signifie que Mozart a, mieux que personne, réalisé l’idéal de la musique pure; que tout était musique et rien que

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