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A. Bruneau, Musiques de Russie

MUSICIENS HISSES 67

ces humbles chansons dédaignées de tous, et qui représentaient la vérité nationale. « Avant tout, il faut que l'on reconnaisse la vérité nationale; il faut, que l'on s'incline devant elle. » Il semble bien (jue Titow. à partir de 1805, ait eu l'idée de cette loi qu'énonça plus tard Tourguenev. En tout cas, il essaya à plusieurs reprises de faire fusionner les deux courants qui séparaient la musique russe; ses trois opéras, Iam, Devichnfok et Possidielki, témoignent de quelques efforts dans ce sens. Mais ce ne sont que tâtonnements sans importance ; parfois, dans une scène de coupe italienne est intercalé un air d'origine populaire; il détonne au milieu du reste avec lequel rien ne le relie. L'honneur de Glinka est d'avoir compris qu'il s'agissait de tout autre chose que de transporter dans son œuvre un chant populaire; ce qui importait était beaucoup plus difficile : « en le copiant, ou sans le copier, il fallait refaire en soi le procédé suivant lequel, durant le cours des siècles. toute la musique populaire a été créée par ses auteurs inconnus1 ». Sur les conseils de S. Dehn, (ilinka se mit à l'œuvre. Le légendaire triomphe de La Vie pour le Tsar lui montra qu'il avait réussi. Une deuxième période, période de gloire et

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