Prince Odoevsky, cilé par M. A. Soubies
de beauté, s'ouvrait magnifiquement pour la musique russe.
La Vie pour le Tsar a exercé une influence énorme sur la génération de musiciens qui succéda à Glinka. Cette influence vient de l'esprit plutôt que de la lettre de la célèbre partition. Car celle-ci est bien moins révolutionnaire qu'on ne voulut le prétendre; Glinka, qui passa sa jeunesse en Italie, et dont les premières œuvres avaient été accueillies par un éditeur italien1 ne put, malgré l'originalité de sa nature, oublier en une fois les leçons de son adolescence, ni se soustraire au goût du jour.
Rossini était le dieu régnant alors sur le inonde de la musique et en particulier sur la Russie; le cygne de Pesaro prêta ses ailes au musicien russe pour le premier essor de son génie national. Dans La Vie pour le Tsar, les scènes d'amour, de sentiment (par exemple l'air d'Antonida au premier acte), et plusieurs ensembles sont franchement italiens. Le parfum russe, âpre ou doux, se dégage seulement des scènes où vibre le sentiment patriotique (chœur des paysans au premier acte, et chœur qui précède au troisième acte le départ de Wania), et des scènes descriptives. Celles-ci sont exquises. Voici dans l'air de Sobinine, au premier