BRITTON, LE PETIT CHARBONNIER
que pour recommander ce genre d’exercice. » La calomnie s’en mêla. Britton fut soupçonné de complot, de sorcellerie et d’athéisme ; il passa tantôt pour presbytérien et tantôt pour jésuite. Il n’était que mélomane. Mais il resta charbonnier, aussi à son aise, dit un de ses biographes, sous son sac de charbon, que le lord chancelier sur son sac de laine. Le peintre Woollaston l’a représenté deux fois i en costume professionnel et en toilette d’amateur ou de dilettante, parmi ses livres et ses instruments. « Jamais, dit une inscription placée au-dessous du second portrait, jamais la Grèce ni Rome ne virent un si clair génie dans une sphere aussi sombre, so bright genious in so dark a sphere. » Je le crois volontiers : un fils de Londres, plutôt que d’Athènes ou de Rome, était fait pour unir le commerce du charbon à la passion de la musique.
Britton mourut en 1714, de peur. Un de ses amis lui ayant présenté un ventriloque, celui-ci, d’une voix terrible, lui prédit sa fin prochaine et lui commanda de s’y préparer sans retard. Epouvanté, le pauvre homme s’évanouit et peu de jours après il expira. Ainsi jusque dans la