I. A. Vandal, Napoléon, cl Alexandre I'"', I
Dkiault. — Napoléon. 16
2^2 LA POLITIQUE OKIE^ITALE DE NAPOLÉOX
tainement résolu la ruine totale de la Prusse, qu'ensuite il voudra refaire la Pologne entière, mutiler la Russie, la rejeter en Asie, qu'il a l'ambition de régner sur le monde entier.
Cependant Napoléon essaie de lui parler le langage de Tilsit, de le séduire lui aussi par la perspective de quelque gigantesque expédition franco-russe vers l'Inde, d'une conquête en commun de l'Asie occidentale, de la Perse, d'un partage entre Alexandre et lui de la domination universelle. Tolstoï répond sèchement que cela est impossible; ce ne sont, à son avis, que paroles vaines, destinées à éblouir, à aveugler la Russie sur les véritables intentions de la France ; mais lui, il n'est pas dispose à se laisser éblouir ; il se persuade que sa haine est plus clairvoyante que l'ambition chimérique de l'empereur Alexandre.
Dans le même temps, Caulainconrt, qui a remplacé Savary à Saint-Pétersbourg, tient les mémos discours h renqx'reur de Russie ; il continue les conversations de Tilsil, sur le partage intégral de l'empire ottoman auquel il faudra bien se résoudre un jour, sur la grande entreprise d'une expédition vers la Perse et l'Indus, sur la gloire inmiense qui vi\ reviendrait à la fois à la France et à la Russie, à Alexandre et à Napoléon. Alexandre oiTre une attention complaisante h ces invitations ; il voudrait aussitôt entrer dans des résolutions plus précises, prendre la carte et tracer dessus des limites dans la direction de Constantinople et des Détroits. .Mais Caulainconrt n'a pas mission d'aller si vite en besogne : ce sont là de redoutables questions que l'emjX'reur \aj>oléon étudie avec grand soin, où il s'elTorcera d'assurer à la fois la grandeur de la France et celle de la Russie. Mais il faudra une nouvelle entrevue des deux alliés ; eux seuls sont capables de conduire une pareille négociation de laquelle dépend le sort du monde.
L'empereur Alexandre fut vivement blessé en apprenant les combinaisons imaginées par Napoléon '. Les prétentions de celui-ci à l'égard de la Silésic renouvelèrent toutes srs inquiétudes et il ne fut pas éloigné d'entrer tout à fait dans