‹ Études NapoléoniennesChapitre 129 sur 177 · II. — La rivalité anglo-française en Perse · texte numérisé non relu

II. — La rivalité anglo-française en Perse

Tout cela ne fut que rêve et chimère, et la raison en est simple : l'alliance française ne donna au roi de Perse rien de ce qu'il en esjjôrait, n't'carta même pas de lui les outrages des Uusses ; elle lui parut bientôt inutile et odieuse, et Gardane ne tarda pas à se heurtera d'insurmontables diflicullés. En eut il dès le début le pressentiment? Les modifications apportées aux conditions du traité de Finkenstcin par le traité de Tilsit lui parurent-elles tout de suite capables de compromettre sa mission ? — A peine était-il à Téhéran qu'il sollicitait son rappel. Le 2/j janvier 1808, il envoyail à Paris un certificat de son médecin Salvatori, conslalant qu'il était « dans un grave état de dépérissement, à cause du climat malsain cl himiide », et qu'il était indispensable qu'il quittât au plus lût ce pays'. En avril, le général se plaignait lui-même que ses appointements fussent insuflisants, « car on ne peut sortir qu'à cheval, avec beaucoup de domestiques ; ... la plupart des Français ne se plaisent pas en Perse ; pour moi, en particulier, un coup de feu très grave que j'ai reçu jadis à la cuisse gauche fait qu'elle dépérit sensiblement dans ce mauvais climat* ». Le 8 juillet, M"" Gardane, retirée à Lincet, près de Manosque, écrit à rimpératrice pour obtenir le retour de son mari : « l'air de Téhéran lui est tout à fait contraire ; il souffre beaucoup de douleurs rhumatismales ».

Aussi bien, même dans les premiers temps, la situation n'était-elle pas à Téhéran aussi favorable qu'elle le pouvait, paraître d'après les cordiales réceptions du schah. Tous les

I. AIT. Elr. Corresp. de Perse, a4 janvier 1808. a. Ibid.. 5 avril i8od.

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