‹ Études NapoléoniennesChapitre 132 sur 177 · Id., ai août · texte numérisé non relu

Id., ai août

LA RIVALITÉ ANGLO-FRANÇAISE EN PERSE SaS

ses excellentes relations avec Ghampagny ; « elles nous ont charmé au point que notre cœur, tel qu'un oiseau attiré par un appât enchanteur, est pour ainsi dire devenu la proie de Votre Excellence, et que notre amitié pour Elle n'est plus susceptible d'être dépeinte ». Il terminait en espérant que cette cordiale correspondance ne manquerait pas d'assurer l'évacuation du territoire persan par les Russes. — Gardane n'était pas dupe de toutes ces métaphores, et remettait aussitôt les choses au point. Il affirmait que dans les rapports d'Ismaël-bey ou de Mirza-Chefy, « tout n'était pas absolument véridique... Malcolm est peut-être retourné dans l'Inde, mais non les vaisseaux anglais, qui sont toujours dans le golfe Persique, avec Jones* ».

L'amitié de la France et de la Perse résista à ces premières menées des Anglais, mais non aux attaques des Russes. Gardane ne put vaincre cet obstacle.

Les hostilités entre les Persans et les Russes, d'ailleurs interrompues de fait depuis de longs mois, cessèrent officiellement au mois de février 1808. Ce fut le premier résultat du traité de Finkenstein et de la mission de Gardane. Le général russe comte Goudovitch admit l'ouverture de négociations avec le gouvernement de Téhéran, et il en précisa aussitôt les bases : la Russie exigeait pour frontière eiilre les deux Etats la ligne de la Koura, de l'Araxe et de rArpa-Tchaï ; il demandait que les pourparlers fussent activement poussés, menaçant de reprendre bientôt les hostilités si les Persans cherchaient à traîner les choses en longueur.

Feth-Ali veut justement gagner du temps, puisqu'il compte sur l'intervention de la France ; il veut recouvrer la Géorgie ; à cette seule condition, il consentira à préparer l'expédition de l'Inde ; il le déclare et le répète sans cesse à Gardane. Il admet d'ailleurs qu'il faille plusieurs mois pour que l'action de Napoléon se fasse sentir.

Le 2 juin arrive à Téhéran le lieutenant-colonel russe baron de Wrede; il est reçu avec courtoisie, renouvelle énergi-

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