‹ Études NapoléoniennesChapitre 157 sur 177 · I. \oiri)lii<< haut, le iiii'inoirc Ckxlrika · texte numérisé non relu

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l'opinion des CO\TEMPOHAl!VS 3g I

voudrais bien pouvoir finir et que je ne suis pas même capable de commencer ». Et il conclut : « Le partage de la Turquie européenne est un événement qu'il est à désirer que l'on puisse arrêter en simple projet exécutable seulement dans de meilleures circonstances... Il doit être présenté à l'Angleterre comme un acte comminatoire, destiné à une exécution immédiate s'il ne produit pas sur elle l'effet de vaincre l'obstination de son gouvernement à refuser à l'Europe et au monde la paix dont l'un et l'autre ont besoin. »

On sait les résultats de l'entrevue d'Erfurt. Il n'est point question de partage turc dans la convention qui en fut le résultat, et l'Empereur réussit à ne faire à l'alliance russe, encore utile, que des sacrifices insignifiants. Au sujet de la question d'Orient, il réserva tout l'avenir et garantit encore une fois à peu près complètement l'intégrité de l'empire ottoman.

Dans le même temps, Sébastiani, revenu de Constariti- . nople, encourageait les desseins que sans doute Napoléon entretenait sur l'Orient. « Sultan Mustapba régnant n'a point la lumière de son prédécesseur et en a toute la faiblesse. Son règne me paraît devoir amener la fin de cette dynastie ; car, si un mouvement populaire le renversait lui-même et plaçait sur le trône Sultan Mahmoud son frère, la Turquie serait gouvernée par un prince faible, doux et valétudinaire, atteint d'une épilepsie incurable. La famille des Ottomans est menacée de s'éteindre tout naturellement. » Et plus loin : « Le Divan ne s'écartera pas de l'union avec la France. Je suis même obligé de dire à Votre Majesté une vérité bien constante et universellement reconnue : l'Europe est pleine d'admiration pour le vaste génie de Votre Majesté ; mais l'Orient reconnaît dans votre personne sacrée l'envoyé de Dieu... Les Arméniens, véritablement attachés à la France, la serviraient avec zèle et fidélité, si la France occupait quelques-uns des pays qu'ils habitent. Les Grecs de l'Archipel, depuis la dernière guerre d'Orlof, sont détachés de la Russie et maintenant leurs regards sont tournés vers la France. D'ailleurs, doués d'une imagination mobile et active, ils s'entretiennent chaque jour des victoires de Votre Majesté,

Sga LA POLITIQUE ORIE>TALE DE >APOLÉON

s'exaltent par des récits et nourrissent le désir et Tespoir de faire partie de son vaste empire, surtout depuis la conquête des îles Ioniennes... Les Turcs oux-nicmcs regardent tout le reste de l'Europe comme appartenant ;i In Franco, ot celle opinion est infmiment avantageuse '. »

Voici enfin un mot que Tallcyrand met dans la Iwuchede l'Empereur. C'était à la veille des négociations d'Erfurl, auxquelles Tallcyrand avait été appelé : « Sur l'affaire du Levant, lui dit Napoléon, il ne faut pas nous presser. Vous insisterez beaucoup sur cela, car le comte de Roumiantzovest ardent dans la question du Levant. Vous direz qu'on ne fait rien sans l'opinion publique et qu'il faut que, sans être effrayée de notre puissance réunie, l'Europe voie avec plaisir se réaliser la grande entreprise que nous méditons. La siireté des puissances limitrophes, l'intérêt bien entendu du continent, sept millions de Grecs rendus à la liberté, etc., voilà un beau champ j>our faire de la philanthropie. Je vous donne sur cela carie blanche ; je veux seulement que ce soit de la philanthropie lointaine. Adieu *. » C'est tout à fait le ton d'un ajournement aux calendes grecques.

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