‹ Études NapoléoniennesChapitre 30 sur 177 · I. AIT. (5lr. Corrosp. de Turquie, février · texte numérisé non relu

I. AIT. (5lr. Corrosp. de Turquie, février

LES ANGLAIS DEVANT CONSTANTINOPLE qS-

mât ne fut al)altii, quelques voiles seulement furent déchirées. Les Anglais ne répondirent point et disparurent au nord dans la fumée de la canonnade ottomane.

A la sortie du détroit, vers la mer de Marmara, dans un repli de la côte, à Nagara, près de Gallipoli, Duckworlh surprit une escadre turque. L'équipage était en grande partie dispersé ; c'était le second jour de la fête du Courban-Beïram ; matelots et canonniérs étaient presque tous descendus à terre, pour se trouver à la mosquée. Les Anglais attaquèrent, irrités des quelques boulets qu'ils avaient reçus, et, « commettant un de ces crimes dont cette nation seule est capable ' » . ils brûlèrent six bâtiments, un vaisseau de y/i et cinq belles frégates ; un seul, un petit brick, put s'échapper et gagner Constantinople. Quelques soldats anglais, débarqués sur le rivage, enclouèrent les canons de la batterie de Nagara ; les canonniérs épouvantés jetèrent refouloirs et écouvillonS et s'enfuirent dans l'intérieur, abandonnant les officiers français impuissants.

L'incendie des vaisseaux fut aperçu de Constantinople ; « il enflamma tous les esprits^ ». Cependant, quand, le 20 février, à cinq heures du soir, l'escadre anglaise arriva en vue de la ville et jeta l'ancre à deux portées de canon, rangée en face du Sérail et des Sept-Tours, la terreur fut grande, au Sérail du moins, le plus exposé ; pendant toute la nuit qui suivit, on n'entendit que les cris des femmes et les gémissements des eunuques, et les Anglais jouirent sans doute de l'impression produite.

Il y eut en vérité un moment de vive stupeur et de désarroi absolu. On n'était pas prêt. Constantinople n'avait aucune défense, rien sur les murailles, point de batteries dressées, toutes les apparences d'une ville ouverte. L'amiral crut au complet succès de son entreprise. Sébastiani y croyait tout autant ; il en écrivait le 18 février à Talleyrand : « L'effroi des Turcs ne peut se peindre ; ils ne songent qu'à

1 . Moniteur du i5 avril : récit ofilciol des événemenls arrivés à Constantino[)le, avec do nombreuses pièces à l'appui.

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