‹ Études NapoléoniennesChapitre 37 sur 177 · IV. — Retraite des Anglais · texte numérisé non relu

IV. — Retraite des Anglais

L'amiral anglais exhala sa colère en violentes menaces, déclara revenir sur les concessions qu'il avait eu la faiblesse de faire dans ses dernières notes et maintenir purement et simplement son premier ultimatum.

Il attendit encore deux jours, le 27 et le 28, pour paraître compter sur la capitulation du divan, et surtout pour ne pas paraître fuir trop vite. Ce rôle même devenait périlleux.

Le i""" mars, l'escadre anglaise met à la voile. La plus grande activité règne sur tous ses bâtiments. Les ancres sont levées. Elle s'avance sur Constantinople. Elle s'approche, pas

I. Aff. étr. Corresp. de Turquie : 3 mars, Sébastîani à Tallcyrand.

106 LA POLITIQUE ORIENTALE DE >Al»OLÉON

tout à fait à portée des batteries. Est-ce le bombardement qui va commencer? L'émotion est grande dans toute la ville, à l'ambassade de France ; s'il y a lutte, pourra-t-on soutenir le courage des Turcs jusqu'à la victoire? Les vaisseaux ennemis sY'loignent, retournent à leur premier mouillage, vers les îles des Princes ; on n'aperçoit plus que le haut des mAls. Vont-ils partir, jeter l'ancre? Ils reviennent, ils s'approchent encore. Toute la journée, ils louvoyent de cette façon et paraissent offrir le combat. Dans la soirée, ils s'éloignent au sud; on les perd de vue, et on peut croire enfin qu'ils ont fait route vers les Dardanelles.

Toute la nuit fut pleine d'inquiétudes. Le 2 au matin, toute la population de Constantinople est sur les murailles et constate la disparition des Anglais. Le sultan y est lui même. Ses sujets l'acclament et bénissent son nom. Il félicite Sébastiani et luiattribue le principal mérite de cet éclatant succès. L'enthousiasme est au plus haut point. Les équipages de l'escadre turque réclament à grands cris la i)crmission do poursuivre les Anglais. Sébastiani s'y oppose ; il craint qu'une imprudence ne compromette les résultats acquis. C'est en vain. La révolte gronde autour de Sélim. Il est obligé de céder. Il remet au nouveau capitan-pacha, Seïd-.Vly, l'ordre de donner la chasse aux ennemis qui fuient ; et les vaisseaux de la flotte ottomane font force de voiles au sud, au milieu des cris de joie de toute la foule accourue sur le rivage.

On n'eut de nouvelles formelles de la retraite des Anglais ■que le !\ mars, par un courrier du consul do Franco à (îallipoli, Méchain. Le u niars, à trois heures de raprès-midi, le mi naret de Gallipoli signalait treize voiles en vue. A cinq heu res, elles mouillèrent entre Lampsaki et Nagara. Le 3, à huit heupes du matin, le vaisseau-amiral, virant sur son ancre, s'engagea dans le détroit. A neuf heures, il passa sous la première batterie turque et fut aussitôt accueilli par une canon nade très vive. Les Turcs firent le service de leurs batteries avec le plus grand sang-froid et un zèle ardent ; pas une de leurs pièces ne fut ni démontée ni abandonnée; beaucoup de boulets portèrent.

Le grand mAt du Windsor-Castlc fut cou|)é aux trois

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