‹ Études NapoléoniennesChapitre 57 sur 177 · Moniteur du 3o a\ri · texte numérisé non relu

Moniteur du 3o a\ri

NAPOLÉON A FOKENSTEIX. OPERATIONS MILITAIRES l3f)

Le changement de gouvernement fut l'occasion d'un grand débat à la Chambre des Lords, le 26 mars. Les anciens ministres firent remarquer que l'Irlande pourrait fournir 100 000 hommes aux armées du royaume, que, quand on acceptait Talliance des Russes orthodoxes, il était ridicule de dédaigner le secours des sujets catholiques du roi, que la colère des Irlandais pouvait être redoutable et favoriser les desseins de l'ennemi. Lord IlaAvkesbury leur répondit que « l'article fondamental de la constitution est que l'Etat est protestant, que ce serait une chose très extraordinaire que de donner des armes aux Irlandais et de leur refuser toute autre chose, qu'il vaudrait mieux leur donner tout excepté l'épée ».

La querelle fut d'ailleurs portée devant le pays. Car le Parlement fut dissous. Les élections se firent sur cette plateforme dressée par le ministère Portland : « Pas de papisme 1 » Ce cri de guerre est toujours entendu en Angleterre. Les élections furent favorables au gouvernement nouveau. Les Irlandais durent attendre encore quelques années leur émancipation.

Ces dissensions compromirent sans doute toute action extérieure. Napoléon d'autre part ne songea pas à en tirer directement parti. Il recommande bien aux évêques de la Bretagne et de la Vendée de lancer des mandements sur la persécution des Irlandais et de dire des prières publiques à leur intention'.

Il ordonne des préparatifs à Brest pour « faire croire à une expédition d'Irlande ». — « Parlez même, écrit-il à Decrès, aux Irlandais, et faites que cette nouvelle se propage. » Le ton même de cette note indique suffisamment que l'Empereur ne songea pas sérieusement à une telle offensive. Le grand dessein de la descente en Irlande était enfermé dans la tombe de Hoche.

Napoléon, vis-à-vis de l'Angleterre elle-même, ne se préoccupa, depuis i8o5, que de la défensive. Il croit avoir assez à faire que de l'assurer solidement et n'est jamais certain d'avoir assez fait. Il multiplie extraordinairement les précautions, car

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